‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 28 sur 196 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Noviciat — Tribulations de la part de son fils— Le Mystère de la Sainte-Trinité— Prise d'habit.

Les éminentes vertus de la nouvelle postulante la firent admettre au noviciat en qualité de sœur de chœur, quoiqu'elle n'eût apporté aucune dut à son entrée. Cette distinction fut pour elle un grand sujet d'étonnement et de confusion; car elle s'était toujours attendue a n'être admise qu'à titre de sœur converse. Son humilité du reste la faisait incliner de préférence vers cet état d'infériorité, quoiqu'elle n'eût jamais fait la moindre allusion à ce sujet dan 4 ' «es entretiens avec son amie, la mère de Saint Dernard. Elle avait voulu se soumettre en lout, avec le plus entier abandon, à la volonté de Dieu.

La première épreuve qu'on imposa à son obéissance, dès les premiers, jours «le son entrée, lût de l'obliger d'abandonner toutes nos pratiques de mortification, sa tunique de serge, ses chaînes, ses instruments de discipline, etc., pour suivre la règle commune à toutes Ua Yum^*. R.vh\ wt

LA MÈRE DE L'INCARNATION

fit éclater davantage l'esprit de Dieu qui l'animait que la conduite qu'elle tint en cette circonstance. Elle se soumit à tout avec la candeur d'un enfant, sans éprouver le moindre mouvement de contrariété.

N'ayant jamais recherché que Dieu seul dans toutes ces austérités, et ayant toujours agi avec une parfaite pureté d'intention, elle comprit immédiatement qu'aucune de ces pénitences ne valait aux yeux de Dieu l'entière soumission de son esprit et l'immolation de sa volonté. Elle les abandonna donc avec le même empressement et la même allégresse qu'elle avait ressentis en les embrassant.

Sa conduite à l'égard des novices, ses nouvelles compagnes, n'excita pas moins l'admiration que son obéissance. Oubliant son âge, son esprit, ses lumières, ses talents, sa rare habileté pour les affaires, les communications extraordinaires qu'elle avait avec Dieu, et son expérience dans les choses spirituelles, elle parut au milieu d'elles comme une simple et naïve enfant, ignorante de tout et prête à recevoir les leçons de chacune d'elles. Souvent elle prenait plaisir à se faire instruire par les plus jeunes des pratiques de la vie religieuse, afin de trouver occasion d'exercer cette simplicité évangélique recommandée par le Divin Maître : Si vous ne devenez petits et simples comme des enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des deux. (Math. XVHI. 3.) Ses compagnes étaient dans le ravissement à la vue de tant de perfection, et l'entouraient de tout le respect et de toute la vénération que l'on doit à une sainte.

Son humble soumission envers la maîtresse des novices était encore un autre sujet d'édification non moins précieux pour ces jeunes personnes, et pour toute la communauté. Le moindre signe de sa part lui paraissait un ordre descendu du ciel ; car elle la regardait comme l'ange du Seigneur chargé de la conduire dans la terre promise. Cette excellente religieuse ne se laissait point d'admirer son exactitude et sa fidélité aux moindres règles de la vie monastique, et ne pouvait retenir certaines marques de respect que lui arrachait la profonde estime qu'elle ressentait pour sa sublime élève. Mais rien ne contri8tait celle-ci et ne l'humiliait autant que ces distinctions, qui lui faisaient craindre de perdre une partie du mérite de ses actions.

Du reste, les pratiques les plus pénibles de la vie claustrale n'étaient que des roses, comparées à la vie d'austérité qu'elle avait menée jusqu'alors. Rien ne saurait peindre le charme et les délices qu'elle trouvait dans cette existence paisible et retirée, après laquelle elle avait soupiré pendant tant d'années. Elle ne trouve aucun terme pour exprimer combien le joug du Seigneur lui paraissait léger, et avec quelle ivresse de bonheur elle se pliait à ce doux fardeau. Cette existence était pour elle un véritable paradis terrestre et un ciel anticipé,

Cependant Dieu, qui avait résolu de conduire à lui qu'à travers les croix et les i ne lui permit pas de jouir longtemps de la tude de cette paix qui embellissait sa chè tude. Les murmures, qui s'étaient élevés elle dans le monde, n'avaient pas cessl son entrée en religion j et son fils, qui d avait si généreusement consenti à se g d'elle, entendant tous les jours blâmer duite, commença à regretter amèrement la qu'il avait donnée. Les mauvais conseilt ne cessait de faire retentir à ses oreilles, n qu'envenimer davantage la plaie encore sa au fond de son cœur. Une tristesse plu que celle qui lui avait naguère fait pre fuite, s'empara de lui.

On lui fit entendre que s'il cherchait les occasions de pénétrer dans le monas de tourmenter les religieuses pour faire s< mère, il ne manquerait pas de réussir.

A cette époque le monastère des Uj n'était pas encore terminé-, et l'on étai de laisser souvent les portes ouvertes pc mettre la circulation des ouvriers. L

Î>rofitait de cette circonstance pour pénéti e couvent et se glisser partout où il trou' issue. Tantôt il apparaissait soudaineme le jardin au milieu des religieuses," tant les cours les plus retirées du cloître. So se rendait au parloir, et pressait la 1 d'aller dire à la supérieure de faire s .mère, ou de lui permettre de venir resi elle dans le monastère. On envoyait nouvelle novice au parloir pour le com lui faire quelques petits présents, afin de mer. Il essuyait d'abord ses larmes et pre d'être raisonnable à l'avenir ; mais a j avait-elle dit adieu, qu'il oubliait tou promesses.

Les tourières remarquèrent plusieurs lorsqu'il s'en retournait, il marchait toi reculons en tenant les yeux fixés sur les du dortoir, dans l'espérance d'y aperc mère, parce qu'il l'y avait entrevue une moment où elle y passait par hasard.

Souvent aussi, à l'heure de la messe, i dans Y église, et tâchait d'avancer aussi ; possible de la grille afin de pouvoir jeté:

dans le chœur des religieuses.

Ayant un jour trouvé entr' ouverte la la communion, il passa la tête au trave mit à crier en pleurant : Rendez-moi m rendez-moi ma mère 1 Les bonnes religi purent retenir leurs larmes en entendant déchirants. La vue d'une douleur si a:

des tortures morales que devait souffrii tunée novice les navrait de tristesse.

De tels scandales lui firent craindre sèment que son séjour dans la commun devînt impossible. Déjà on répandait que la supérieure allait bientôt lui signii retirer} quelques-unes de ses amies mêrr

DEUXIÈME ÉPOQUE

lut ces rapports fondés, lui conseillèrent de sortir avant de prendre le voile, afin de ne pas s'exposer à subir cette confusion après l'avoir reçu.

Un autre jour le jeune enfant, après avoir fait mille détours dans le monastère sans savoir où ii allait, entra tout-à-coup dans le réfectoire où toute la communauté était réunie, au moment de se mettre à table. Il est facile d'imaginer quelle fut la surprise de toutes les religieuses, et quelle impression pénible fit éprouver à,la pauvre mère l'apparition inopinée de cet enfant dans une circonstance aussi extraordinaire. Toute sa tendresse maternelle se réveilla en ce moment. Mais lorsqu'elle le vit se précipiter dans ses bras en fondant en larmes, elle se sentit percée au cœur d'un glaive de douleur et de compassion inexprimables. Elle demeura en même temps anéantie de confusion en se voyant la cause innocente de tant de trouble dans une communauté qui l'avait accueillie avec une si grande bienveillance.

Rien n'eût été plus facile que de vaincre l'obstination et l'ennui de cet enfant, s'il avait été laissé à lui-même ; mais tous ceux qui l'entouraient semblaient oonspfrer ensemble pour aigrir son chagrin et nourrir son espoir de revoir à ses côtés celle qu'il pleurait.

Il présenta un jour à sa mère un papier qu'on

lui avait donné à ce dessein. C'était une longue

pièce de vers composée par un de ses oncles qui

avait un talent très-remarquable # pour la poésie.

H 7 peignait sous les couleurs les plus vives le

malheur de cet enfant arraché des bras de sa

mère dans un âge si tendre, et lui mettait dans

la bouche les reproches les plus affectueux pour

réveiller en elle toutes les voix de la nature et

ébranler sa constance. Elle lut cette pièce sans

laisser paraître la moindre émotion ; mais il est

aisé de comprendre quelle lutte terrible se livra

dans son âme entre les sentiments de la nature

et ceux de la grâce à la lecture de ces pages si

propres à exciter l'exquise sensibilité de l'amour

maternel.

Cependant tous ces assauts que lui suscitait le tentateur, n'étaient que le prélude d'une attaque bien autrement violente. Le jeune Martin avait hérité des heureuses qualités de sa mère, et jouissait naturellement d ; un caractère doux et aimable qui le rendait l'idole de tous ses cornpa-

f tons d'enfance. Lorsqu'ils le virent en proie cette tristesse inconsolable, ils s'empressèrent autour de lui, et tâchèrent de le consoler. Mais ▼oyant que tous leurs efforts étaient inutiles, ils trônèrent entre eux une petite conspiration pour bri restituer celle qui était la cause de tant de lltmes. "Ne pleure pas, s'écrièrent-ils tous tfiKmble, nous te rendrons bien ta m'ère ; nous allons tous aller au monastère, et nous ferons tant de bruit qu'on sera bien obligé de la faire «rtir.»

En un clin d'oeil, tout le quartier fut en émoi. Vie immense clameur s'éleva autour des murs

du monastère, et les pierres volèrent de toutes parts. Les religieuses ne comprirent pas d'abord l'origine de ce tumulte étrange : mais la novice désolée qui en était . la cause involontaire eut bientôt tout deviné ; car, au milieu de tous ces cris, une voix bien connue frappa douloureusement son oreille. C'était celle de son fils qui, transporté hors de lui-même par cette singulière démonstration, pleurait et sanglotait avec plus de violence que jamais, et ne cessait de crier d'une voix capable d'attendrir les cœurs les plus durs : Rendez-moi ma mère ! Rendez-moi ma mère ! Chacune de ces paroles pénétrait dans l'âme de l'infortunée mère comme autant de coups de poignards qui lui déchiraient les entrailles. Elle crut alors que c'en était fait, et que les religieuses lassées de tant de tumulte et d'importunités allaient lui dire de se retirer. " Jamais, dit-elle, je ne fus tant combattue ; j'en traitais humblement et amoureusement avec Notre-Seigneur, pour l'amour duquel j'avais abandonné cet enfant, afin de suivre ses divins conseils ; et par ce moyen mon cœur demeurait en paix."

En effet, sa grande âme ne faiblit pas un seul instant au plus fort de l'orage; tous ceux qui furent témoins de tant de courage et de fermeté en étaient dans l'admiration.

Enfin cette tempête s'apaisa insensiblement.

" Peu de temps après, dit-elle, le Seigneur daigna me consoler; car un jour que je montais les degrés du noviciat, il me donna une certitude intérieure que je serais religieuse en cette maison; il m'assura en même temps qu'il aurait soin de mon fils, et qu'il serait un jour destiné à son service. "

L'effet suivit de près la promesse, et Dieu luimême voulut en faire naître l'occasion. L'archevêque de Tours et Dom Raymond de Saint- Bernard, conversant un jour avec le père Dinet, recteur du collège des Jésuites de Rennes qui se trouvait alors à Tours, eurent l'inspiration de lui raconter l'histoire de notre héroïne. Le père en fut émerveillé ; et sur la proposition qu'ils lui firent de se charger de l'éducation de son iils, il accepta avec empressement. Ce secours providentiel arrivait à temps ; car le chagrin et les mauvais conseils avaient tellement altéré le caractère de l'enfant, qu'il refusait obstinément d'étudier, et qu'il menaçait même de se livrer au vice .et à la dissipation. Sa conduite fut encore peudant quelque temps un sujet d'angoisses pour sa mère qui ne lui avait jamais souhaité d'autre trésor que celui de l'innocence et de la piété.

Comme autrefois la mère de Saint Augustiu, elle s'offrit en holocauste pour son iils. "0 mon Dieu! lui dit-elle, faites-moi souffrir toutes les

seul péché. Oui, je consens à être martyrisée

LA MÈRE DE I/INCABNATION

ea toutes manières, pourvu que vous en preniez soin. "

Dion accepta ce pacte sacré, et la suite de cette histoire fera voir quelle influence eut cette oblation volontaire sur l'avenir de son fils.

La sérénité avait à peine reparu pendant quelques instants dans sa solitude, qu'un nouvel orage vint éclater sur sa tête. Son père, courbé par Và«e et les infirmités, était toujours resté inconsolable de sa perte. Quoiqu'elle ne fût demeurée auprès de lui qu'une année depuis son veuvage, et qu'elle eût laissé trois de 6es sœurs pour veiller sur ses vieux jours, il ne cessait de pleurer celle qu'il appelait son ange et la joie de sa vieillesse. Après avoir langui pendant quelques mois, il tomba dangereusement malade, et • mourut six mois après l'entrée de sa fille au noviciat.

Cette croix lui fut d'autant plus cruelle que le monde y trouva un nouveau prétexte pour se récrier contre sa retraite. Mais telle fut toujours sa constance et la sublimité de sa vertu, qu'elle le força enfin de s'avouer vaincu, et que ceux même qui avaient lancé contre elle les plus amers sarcasmes finirent par confesser que sa vocation ne pouvait venir que d'en haut.

Ces grandes épreuves étaient le gage assuré de nouvelles et précieuses initiations} car chacune d'elles était comme autant de fournaises ardentes, d'où notre pieuse novice sortait toujours plus pure, et plus sensible aux impressions de la grâce. Le mystère de la Sainte-Trinité lui apparut pour la troisième fois ; mais d'une manière plus parfaite et plus intime que dans les visions précédentes.

41 Le jour de la fête de l'Ange Gardien, racontet-elle, étant dans ma cellule, il me vint en pensée que les cellules sont comme les cieux, ainsi que dit Saint Bernard, et que les» anges y habitent. Au même instant, je me sentis fortement élevée en esprit par le Maître des Anges, qui m'unissait à lui d'une manière admirable, mais avec une grande soutlrance. Ce mystère s'opérait sans que j : eusse aucune vue particulière, sinon que je me voyais comme une substance que l'on prépare à quelque chose de fort rare. Cette opération refluait jusque sur l'extérieur; et j'en éprouvais une douleur très-sensible. Je fus trois ou quatre heures dans cet état violent, jusqu'à ce <m'il fallut aller au chœur pour l'oraison. Dès que je fus devant le Saint-Sacrement, cette grande violence cessa ; et avec une douceur que je ne puis dire, je me sentis toute changée intérieurement. Je fut obligée de m'asseoir, parce que mes sens se retirèrent peu-à-peu, et que je ne pouvais plus me soutenir sur mes genoux.

En un moment, mon entendement fut illustré de la vue de la Très-Sainte Trinité avec l'impression de ces paroles du suradorable Verbe incarné : Si quelqu'un m'aime, mon Père V 'aimera ; nous viendrons à lui et nous Jerons noire demeure en lui. (Jean, XTV. 23.) Cette

impression portait l'effet de la promesse faite dans ces paroles; et les opérations des trois Personnes divines en moi furent plus emmental que dans toutes les autres visions. Elles me les donnaient à connaître et à expérimenter par une pénétration d'elles en moi; et la Très-Sainte Trinité en son unité s'emparait de mon âme comme d'une chose qui lui était propre, et qu'elle avait rendue capable de sa divine impression. Dans ce grand abîme, il m'était signifie que je recevais alors la plus haute grâce que j'eusse jamais reçue dans les communications des trois divines Personnes. Il me fut révélé que la première fois que j'avais reçu une semblable faveur, c'était pour instruire mon âme du pins auguste et du plus incompréhensible de nos mystères; la seconde, afin que le Verbe méprit

Î)Our son épouse ; mais qu'à cette troisième fois, e Père, le Fils et le Saint-Esprit se donnaient et se communiquaient à moi pour posséder entièrement mon âme. Alors l'effet s'en suivit; et comme les trois divines Personnes me possédaient, je les possédais aussi dans l'amplitude de la participation des trésors de la magnificence divine. Le Père Eternel était mon père, le Verbe suradorable mon époux, et le Saint-Esprit celui qui par son opération disposait mon âme et lui faisait recevoir les divines impressions. J'avais la vue très-vive de mon néant ; et je ne cessait de le confesser dans les moments où je pouvais m' écrier. Je me voyais perdue dans le tout, et dans cette perte, je jouissais d'un plaisir indicible. Je crois que cette jouissance a quelque chose de semblable à celle des bienheureux. La Majesté divine, dans laquelle j'étais abîmée, me prodiguait des caresses qui ne sauraient tomber sous Tes sens, ni sous les paroles des hommes mortels. Cette faveur donnait un nouvel accrois* sèment à mon âme, pour lui témoigner son amour avec une familiarité qui semblait lui rendre tout permis. Aussi les actes qu'elle faisait n'étaient pas d'elle-même; mais elle sentait qu'ils étaient produits en elle par celui dans lequel elle était tout abîmée. Ah ! qui pourrait dire avec quel honneur Dieu traite Pâme, lorsqu'il lui plaît de l'élever à ses divins embrassements. C'est une chose si étonnante que je crois qu'elle rentrerait dans le néant, sans la douceur dont il a la bonté de tempérer son opération. Ce ravissement dura une demi-heure ; et lorsque je revins à moi, je me trouvai appuyée sur ma chaise. J'eus assez de liberté pour dire compiles au chœur, nonobstant les restes des impressions diviues, dont mon âme avait été inondée, et dont elle était encore toute liquéfiée, semblable à un vase qui demeure tout humecté même après qu'on a versé la liqueur dont il était rempli.

" Je m'aperçus au sortir de l'église que j'étais comme une personne ivre, et qui ne peut comprendre les choses qui se présente à ses sens : et je demeurai longtemps renfermée en moi-même, sans pouvoir être attentive à aucune chose. "

Ce fut peu de jours après cette extase que ifarie reçut le voile et l'habit de novice. Son âme était encore tout imprégnée de l'onction des grâces divines ; et elle j apporta une ferveur et une piété angéliques. Les assistants remarquèrent même, avec une surprise mêlée d'étonnement, que pendant la cérémonie quelque chose de surnaturel et de céleste parut rayonner autour d'elle.

En souvenir de l'union étroite qu'elle avait contractée avec le Verbe incarné, qui l'avait choisie pour son épouse, elle voulut ajouter à eon nom celui de son bien-aimé, et prit le nom de Marie de L'Incarnation, qu'elle a toujours porté depuis.

On avait eu le soin, la veille de sa prise d'habit, d'envoyer son fils, qui n'était pas encore parti pour le collège de Rennes, passer quelques jours à la campagne, dans la crainte que la vue de cette cérémonie ne fit une trop vive impression sur son esprit.

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