U meoédsit sa P. LeJtnnt, ' le 8 mai
sur h 1 -- eaux «If la Manche. Le spectacle enchanteur «l'une mer éclatante, sou> un ciel «l'azur, ans rayuiirS du *oi<;ii lovum. épmniuis.-ait toutes Les eHpérandL >..«H!r4»|)u<iilaii la -érénjté dans tous
leKO't'Hrri.
o Miiis ii, peine le groupe des passagers, réunis aur k» uptu «lu navite, avait-il salué, d'un dernier et . mélancolique regard, cette' terre mille fois aimée de la rrauce, qui «éloignait rapidement «krriére le vais-eau ; à peine les ligue* blanckâue- des rivage.» «lf la Normandie avaient-elles disparu sou^ les rlote, au'uu danger é minent Jaillit engloutir d'un «eul coup tant d'espoirs à la veille «le se réaliser. Plusieurs voiles, dont le nombre croissait à chaque instant, s ? élevaient à Hiorizon; et bientôt iU reconnurent une flotte espagnole de plus «le vingt vaisseaux, qui se dirigeait sur eux. Le capitaine ne vit d'autre ressource pour éviter «le tomber entre leurs mains que de longer «le près la côte d'Angleterre. Cette manœuvre habile les sauva.
La traversée lut 1< mgue et orageuse. Cependant, à l'exception de treize jours pendant lesquels le vaisseau fut trop violemment balloté par la tempête, les mi»ionnaires purent célébrer la sainte mes^e et les religieuses eurent la consolation de particiiK-r chaque jour au banquet sacré. La petite communauté réunie dans une chambre spacieuse et présidée par le P. Vimont, offrait par sa ferveur l'image de la vie paisible et recueillie du cloître. La méditation se taisait régulièrement chaque matin; et l'office canonial récité en chœur par les religieuses, les Ursulines d'un côté, les Augustines de l'autre, rompait par sa douce psalmodie les longues heures du jour.
Quelle harmonie plus sublime que celle de ces voix pures dont le sourd murmure de la vague, qui venait battre les flancs du navire, marquait la majestueuse cadence 1 Quel plus magnifique contraste que cette oasis paisible, habitée par des anges visibles protégés par les esprits célestes, et flottant au milieu du désert «je l'océan en fureur ! . ■
Cependant la violence des vents avait poussé le vaisseau vers les mers du nord* Un matin, jour de la fête de la Sainte-Trinité, pendant qu'on olianjtait les derniers versets de l'office, un cri d'effroi retentit tout-à-coup sur la dunejtte. En an instant tout l'équipage fut sur le pont et l'on aperçât, à travers une brume épaisse, : nne énorme montagne de glace que le courant poussait avec impétuosité sur le vaisseau. Bile, était si près qu'on entendait la mer se briser P* écume sur faes flancs. "On eût j dit une ville flottante. Qn y voyait, ou l'on croyait y voir des donjons avec leurs créneaux. Les glaçons accumulés formaient des flèches et des clochers, dont la cime se perdait dans la, brume." . Comme le v^nt était trop. faible ptgur en- éloigner le vaisseau, le naufrage paraissait inévitable. Aussi tout le .monde se crut perdu; et le P. Vimont avait même déjà donné l'absolution générale.^
TROISIÈME ÉPOQPE.
"Pendant loin ce désordre, dit .la Mère de l'Incarnation, mon esprit et mon ©cm étaient dans la plus grande tranquillité dont il soit possible de jouir; et je n'eus pas nu seul mouvement de frayeur. Ainsi je me trouvais toute prête à faire un holocauste partait de moi-même. J'avais en vue toutes les faveurs que Hotre-Seigneur m'avait faites au au jet du Canada, son commandement, ees promesses, sa conduite, et malgré tout cela, j'étais indiflerentede vivre ou deinourir. Cependant un sentiment me disait que nous arriverions à bon port. Madame de la Peltrie se tenait comme collée à moi, afin que nous puissions mourir ensemble, et je disposais mes habits e trouver dans un état décent, lorsque le u viendrait a se briser. "
En ce moment critique, le P. Vimont fit un vœu à la Mère de Dieu au nom de tout l'équipage, pendant que la Mère de Suint -Joseph commençait à réciter les lrtaniesde In Sa in te- Vierge, auxquelles tout l'équipage répondit en ce précipitant ii genoux.
A cet instant ineme, le pilote, ayant reçu l'ordre de mettre lu gouvernail d'un côté, le tourna par mégnrde en sens opposé} maïs cette manoeuvre, qui naturellement devait les perdre, fut la cause providentielle de leur salut. Le vaisseau effleura légèrement la place et s'éloigna sans danger.
" Quoique nous lussions traitées et logées aussi bien qu'on peut l'être sur mer et dans un très-beau navire, accommodé de tout, il y a néanmoins tant à souffrir pour les personnes de notre sexe et de notre condition qu'il faut l'avoir éprouvé pour le croire. Pour moi, je pensai mourir de soif, parce.que les eaux douces s'étaient gâtées dès la rade, et que mon estomac ne pouvait supporter les boissons fortes. Je passai presque tout le voyage sans dormir, et cette insomnie était accompagné d'un mal de tête d'une violence extrême. Cependant je possédais une paix très-grande dans l'union de mon souverain ut unique, bien, et je n'en faisais pas moins tons mes exercices, et tout ce qui était
■■ pour le service du prochain.
I* Mén do- l'Incarnation rapporte encore deux, incidents où 1'éqnipage courut de graves dangers. En vue de la première terre, qu'elle ne nomme point, les passagers voulurent descendre au rivage ponr accomplir le vœu que le P, Vimont avait fait aa nom de «ras. Dans leur empressement, ils se jetèrent en foule dans la chaloupe et faillirent la faire chavirer et couler
A l'entrée du golfe Saint-Laurent, le navire s'égara, pendant la brame, an milieu de récifs
Main, le 15 juillet, après trois mois de cette tangue et pénible navigation, le Saint-Joseph jet» l 1 ancre dans la port de Tsdouaeac, où toni
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lîeitve ./ans une. léger..- ^ubarwuioii. Le dcriiii jour Je juillet, elles eomyaiem l'ile d'Oiléa,.-, i>t mettaient pied à terre, ai; soleil (touchant, a l'extrémité). supérieure ik< l'ile.
" Nous, conçûmes quelqitV-jiôraiHic d'arriver A Québec, mais la murée se u'ouvait contraire, et le veut n'étant pris tissez iàïurable,.il fallut iltlendro au lendemain ; ei e.'iiiiii,' reiulivii éluil beau et le déKirquemenl facile, on nous mil à terre. Mais ©mime pour lors ce lieu n'était point habité, l'on y fit trois cabanes X la façon '— "uvages; les religieuses se mirent d:ins les religieux dans l'autre, et les matelots, dans la troisième. Nous avions une joie qui 112
peut exprimer de nuus voir dan- ces grands kiis, que nous lime.s retenti]' de nos cantiques.'' l
Le petit navire do Madame de la Peltrie, qui
5 avait devancées du quelques jour*, avait déjà apporté à Québec la nouvelle de leur arrivée, et répandu l'ullégre-edau- toute la ville. La population était dan- mie j,ivin-e iulenie, lorsque, dans la soirée du ;il juillet, on apprit qu'elles étaient campées au Unu ifc l'iie d'Orléans. M. le Chevalier de Monlimiguy. alor* gouverneur de la Nonve
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réceptid'i ilL'ne île -a piété, de lu irranite umvre qu'elles venaient inaugurer, et de h reconnaissance de la colonie. Il lui décidé qu'elle:, n'entreraient dans le port que le lendemain matin. M. de Montinagny ex]rf>dia immédiatement sa clialoupe, remplie de rafraîchissements, et toute pavoisée pour les ramener en triomphe. Dès la pointe du jour, toute la iwpulation était sur
Pied, les jeux tournés vers l'île d'Orléans, d'où on voyait se détacher les légères embarcations, qui portaient les hôtes tant désirés. M. de Montmagny, accompagné de toute la garnison et suivi de la ville entière, descendit au. rivage pour les recevoir. Tous les canons du fort Saint-Louis les saluèrent pur une joyeuse salve au moment où elles touchèrent le port. En mettant pied à terre la Mère de l'Incarnation et toutes ees compagnes se prosternèrent avec un pieux respect, et eln brassèrent avec enthousiasme cette terre, objet de tant de voeux.
Après les premières félicitations, le cortège prit le chemin de la Haute-Ville, aux acclamations de la foule, ivre de joie, et se rendit en procession à l'église de Notre-Dame de Recouvrance, où un Te Deum solennel fut chanté au bruit réitéré des salves d'artillerie. * La chapelle rustique, ornée de feuillage et de guirlandes