CHAPITRE HUITIÈME
Incendie du Monastère des Ursnlinea.
Dans la soirée du vingt-neuf décembre 1650, le soeur converse, chargée de la boulangerie, /aiit fait du levain pour le lendemain, eut. l'imprudence d'enfermer des charbons incandescente dans le pétrin, pour le préserver de la gelée, ntention était de les enlever après la veillée; comme c'était pour la première lois qu'elle employait ce moyen, elle u'y songea plus au
Vers huit heures du soir, la sreur chargée de la visite de nuit, avait fait à l'ordinaire le tour de l'appartement; mais elle n'avait remarqué aucune trace de feu, car le pétrin fermait hermétiquement. Peu à peu le rayonnement des charbons eu avait séché les parois formées de bois eux. Il finit par s'eiidanimer et embrasa l'appartement, ainsi que la cave où étaient ■/•èva tuulos les provisions de l'année. Vers lit, la Mère des Séraphins, qui couchait avec les enfants à l'étage supérieur, se réveilla eu sursaut au pétillement des flammes et aux craquements du plancher qui déjà commençait \ s'effondrer. " Au feu ! au feu I sauvez-vous, nés enfants, sauvez vous, " s'écria-t-elle tout ■ffrayée en se jetant hors de son lit et sutloquée >ar la fumée. Les flammes avaient déjà percé e plancher, et s'engouffraient par l'escalier, projetant nne vive clarté dans toute la chambre. Elle monte aussitôt au dortoir de la communauté, pour donner l'alarme. Eu un instant toutes les religieuses sont sur pied, et courent les unes à. la cloche pour appeler du secours, les autres au foyer de l'incendie pour essayer de le dominer. Au premier coup d'oui, la Mère de l'Incarnation reconnut qu'il était trop tard, et que tous les eftbrts étaient inutiles. "Sortez prompte ui en i, dit-elle à ses compagnes, car vous allez périr." Pourelle, sans perdre un instant son sang-froid, elle monta vers l'appartement où se trouvaient les vêtements des religieuses, afin d'en sauver une partie, car les sœurs s'étaient échappées nu-pieds et à de.m.i-vèw,e.a. S.oj.4 v
LA MÈBB DE L'ÏHCABNÀTÏON.
coup anx papiers de la communauté, elle retourna tri «a ohamhre. " Dana tontes les conreee que je fis parmi les flamme*, dit-elle, j'avais nue aussi-grande liberté d'esprit^ et nue vue aussi tranquille à tout ce que je taisais, que si rien ne nous fût arrivé. Je ne ressentais pas un mouvement de peine, de tristesse, ni d'inquiétude; mais je baisais en silence et aveo amour la main
3ui nous frappait. Il nie semblait que j'avais ans moi-même une vois intérieure qui me disait oe que je devais faire, où je devais alla, ce que je derais jeter par la fenêtre, et ce que je devais laisser périr par le feu. Je vis en nu moment le néant de toutes les choses de la terre, et il me fut donné une grâce de dénûment si grande, que je ne puis exprimer sou effet ni par paroles ni par écrit. Lès bénédictions que mon âme donnait à Dieu au milieu de ce désastre étaient aussi fréquentes que mes respire, et, je ne pouvais me détacher de cette union à la volonté divine. "
Ayant aperçu son crucifix sur sa table, elle le saisit pour te jeter par la fenêtre, mais arrêtée par un sentiment de respect, elle le remit à sa place. Ce fut alorsqu'eu sauvant les papiers, elle mit par hasard la main *ur les cahiers contenant la relation de sa vie, qu'elle avait écrite par l'ordre de son directeur. Un premier mouvement d'obéissance lui dicta de les soustraire aux flammes avec le reste ; mais reconnaissant ensuite la volonté de Dieu dans l'occasion providentielle qui lui était offerte de les anéantir du moment où ils étaient exposés â tomber en des mains inconnue», elles les rejeta sur ia table. Tout cela se passa "en moins d'un miserere," car déjà le feu pénétrait dans le dortoir, interceptant l'entrée de la chambre où elle avait d'abord voulu aller, et où elle aurait infailliblement péri. L'étage intérieur était tout embrasé, tandis que la llauime, activée parles substances résineuses renfermées dans le bois dont le monastère était construit, courait avec une rapidité et] rayante tout le long du toit. Ainsi placée entre deux feux, et poursuivie par un troisième qui envahissait tout comme un torrent, elle se fraya un chemin à travers les cloisons enflammées, et les poutres croulantes. Ne trouvant d'autre issue, elle descendit en passant sous le clocher que des tourbillons de flammes léchaient de tous cotés, et dont la cloche détachée de 6es appuis, faillit l'ensevelir sous les décombres.
Dans l'intervalle, la Mère de Saint Joseph et la Sœur Saint-Laurent avaient rompu la grille, qui n'était que de bois, afin de se sauver avec une partie des enfants qui s'étaient réfugiées toutes tremblantes dans le dortoir. Cependant les plus jeunes étaient encore au milieu du danger ; alors la Mère de Saint-Ignace se dévoua pour les arracher aux flammes. Elle revint sur ses pas à travers les cloisons en feu, et les ramena saines et sauves, au moment où les
planchera craquaient do toutes parts, pi crouler.
-Ce fat A cet instant que la Hère de 1' nation déboucha dans le dortoir, et se i seule dans le monastère devenu un ira brasier. Promenant alors ses regarda i d'elle, avec son calme ordinaire, et voyant ( n'avait plus rien à sauver, et qu'elle allait elle fit une inclination profonde a son crue acquiescement aux ordres de la provider, s'échappa, presque étouffée dans la fumé le parloir qui s'ouvrait A l'extrémité dn d Le Supérieur des Jésuites, accouru en hâte avec les autres Pères, avaient sa grande peine le Saint-Sacrement et les orne de la sacristie. L'un des Pères, ayant enlever quelques autres objets, faillit y Une femme huronne, fervente chrétien] logeait dans le monastère, ne s'étant pas :
lèe assez vite, se trouva cernée par le fi n'échappa qu'en se jetant du deuxième sur un chemin durci par la glace, où elle se tuer. On la releva sans connaissan croyant morte ; mais elle revint à elle et i sentit aucune lénton grave- La Mère de Sainte-Atbanase s'était tr la première hors du monastère ; elle i bâtée d'aller ouvrir les portes, et avait i réfugier sous le vieux frêne, se croyant i par une partie de la communauté; mais personne autour {
nalliei
Ses ci
rants appelait répondait à ses sanglots. Endn elle se épuisée, à genoux snr la neige, et fit un va l'honneur de l' Immaculée-Conception.
A peine l'eut-elle prononcé, qu'elle Jes \ nir accompagnées de toutes les élèves q rangèrent autour de leur mère. Seule la de l'Incarnation manquait encore ; tous !> gards plongeaient avec avidité au travers foule qui accourait de toute la ville et et brait les avenues. Le plus grand de toi malheurs serait-il donc arrivé 7 Celle doi jours étaient les plus précieux, l'âme de la munauté, la colonne dn monastère aura péri 7 L'anxiété, l'angoisse étouffaient toi sanglote, toutes les lamentations; enfin' vit venir, et on !a reconnut à roo pas tram et assuré, à sa démarche ferme, qui révél calme et la sérénité inaltérable de son Tout le monde respira plus librement.
En rejoignant le groupe désolé, la Mé l'Incarnation fut témoin d'un spectacle ca d'arracher des larmes aux coeurs les plus i sibleB. Toutes les pensionnaires, françaii sauvages, étaient debout nu-pieds sur lai
Sressées les unes contre les autres, et grek e froid, n'ayant pour tout vêtement que chemises. A leurs cotés, Madame de la Pi d'une santé si délicate, et si sensible à la i dre froidure, pieds-uns, comme les autres
TROISIÈME ÉPOQUE, . 95
la neige, n'était couverte que d'une petite tu- des Ursulines. Cet heureux incident préservanique qu'elle avait jetée sur ses épaules en la ville d'une destruction imminente. foyant devant l'incendie. Mais ce qui était plus Enfin, en moins de deux heures tout fut connavrant encore, c'était devoir la Mère de Saint- sumé, et il ne resta debout que les murailles • Joseph, toujours souffreteuse depuis plusieurs noircies, d'où" s'échappait une épaisse fumée. années et dont la maladie s'était aggravée en- Tout ce que les Ursulines possédaient de vête core durant l'hiver, aussi peu vêtue que ses com- ments, de provisions, de meubles, était anéanti. pagnes, la pâleur de la mort sur la figure, et Après les premiers moments de confusion, le toute transie de froid. " Si elle eût eu autant de Supérieur des Jésuites 1 rejoignit les malheu- . force que de courage, dit la Mère de l'Incarna- reuses victimes, et les conduisit à la résidence tion, nous eussions sauvé, elle et moi, une par- des Pères. Les enfants furent confiées aux printie de ce qui était au dortoir, mais elle était si cipaux citoyens, qui leur prodiguèrent les soins faible qu'en voulant remuer son matelas, les les plus affectueux j elles avaient tellement soufbras lui manquaient ; il n'y eut que le mien de fert du froid que plusieurs furent gravement sauvé, avec ce qui me couvrait." malades.
La Mère de l'Incarnation se dépouilla de ses A la première nouvelle du désastre, les Hos-
habite pour couvrir la chère malade, malgré ses pitalières s'étaient empressées d'envoyer offrir
résistances, et demeura, comme les autres, ex- leur maison aux Ur&ulines. Comme c'était l'a-
posêe à la rigueur de l'hiver: car le peu de Pile le plus convenable pour elles, le Supérieur
vêtements, quelle avait jetés par sa fenêtre, les v conduisit lui-même, après leur avoir fait
s'étaient accrochés aux grilles du réfectoire et distribuer les objets indispensables à ce trajet.
avaient été consumés avec le reste. Les Hospitalières fondirent en larmes en les
r,-., i * j u •*' * 11 apercevant dans un tel état de pauvreté. Bien
Ce fut alors un combat de chante entre celles f touchée8 de leur malheu / que le8 Ursu .
qui étaient moins nues que les autres; chacune g elles-mêmes, elles se jetèrent dans leurs
youlant donner une part de son vêtement ses brag j embrassèrent avec cette effusion de
pantoufles, ses bas, un lambeau de costume C œur et ces témoignages de sympathie, dont les
pour vêtir sa voisine moins fortunée. L'héroïsme âme8 vouée8 â ^ ^ £ £^ t meB
^ll ? ere if 6 l In ?? rna 10n aVai tout A àcou P les revêtirent de leurs propres habits, et mirent
If^^ilîf C09U ! de ? f 8 ^PT /T le monastère à leur entière disposition
Ueetàrabattementavait succède la plus parfaite Le leademai le Gouverneur, accompagné
résignation, et toutes ensemble se jetèrent a du Su ^ rieur de8 Jéauit vint j eur off riT ses
fenoux et remercièrent Dieu de les avoir jugées condol £ uce et leur témoigner la part intime
ignés de cette suprême épreuve. Les témoins qu ^l prenait a leur infortuné II revint ensuite
de cette scène, ravis d une telle générosité parmi 2 vec elles sur le théâtre de l'incendie, et leur fit
udenûment si complet, ne pouvaient revenir de viaiter les ruine8 f umantes , dont personne n'e-
i fcnr admiration, et fondaient en larmes d'atten- gait encore her# T ' outefi ^ cheminées
ciment et de compassion. L'un a^ux tout étaient tombées; les murs de refend abattus, et
îl^Vn étonn ? meD ' a* eCr - a . : " V ° llà les principales murailles crevassées et calcinées
grandes folles ou de grandes saintes." ju8 £ ue ^ leur8 fondement8 .
"Une savait pas, ajoute la Mère de l'Incar- Cette calamité fut une précieuse occasion
nation, ce que celui qui nous touchait de sa pour les Fondatrices d'adorer les admirables
, opérait pour lors dans nos cœurs." desseins de Dieu qui prépare toujours le baume
L'incendie était en ce moment dans toute sa à côté des plaies qu'il inflige, qui fait éclore les violence. Lia nuit était sereine, le ciel brillam- consolations des malheurs mêmes, les roses des
retombaient en pluie de feu sur la forêt, le de la reconnaissance qui les enracinait aux en-
1 Saint-Louis, la demeure des Jésuites et les trailles du peuple. Chaque famille s'iugéniait
voisines, menaçant d'incendier la ville des plus délicates attentions pour alléger leur
Les clameurs de la foule qui s'agitait misère et essuyer leurs larmes,
mr des flammes, les sanglantes lueurs qui Mais le ciel leur ménageait une marque de
ninaient t^us les visages de teintes fauves, compatissance bien autrement sensible, une
É-ttagïssaient le sol et les arbres chargés de Q ^ïve démonstration qui devait leur aller droit
"je, l'éblouissante clarté qui se projetait au au cœur, et les dédommager amplement de
. anr la nuit et transformait les ténèbres en tou8 leu rs sacrifices. A deux pas des ruines du
onr éclatant, tout s'unissait pour augmenter monastère incendié, gisait une autre ruine bien
Teur de ce sinistre spectacle. Au plus fort P ms triste, bien plus lamentable : c'étaient les
loger, une faible brise s'éleva du côté du re8te s désolés de cette grande tribu huronne,
« et entraîna les flammes vers l'Esplanade —
détendaient alors le jardin et les champs 1. Le p. Bsgutnean.
LA MÈBE DE L'INCARNATION
dont la bourgade s'élevait entre l'Hôtel-Dieu et les Ursulines.
Aussitôt après le désastre, tous les capitaines s'assemblèrent dans la cabane du chef de la tribu, et tinrent un grand conseil. Il fut résolu d'envoyer une députation aux " Filles Vierges," afin de pleurer avec elles sur leurs malheurs communs, et de couvrir les cendres de leur monastère avec des présents. Mais, hélas ! ils n'étaient plus ces jours de prospérité où ils allaient aux assemblées les mains pleines de beaux présents ; ils n'avaient aujourd'hui pour toutes richesses que deux colliers de porcelaine de douze cents grains chacun. Il fut décidé qu'on irait les offrir. Le conseil fut immédiatement levé, et la députation se dirigea vers l'Hôtel- Dieu. Les Ursulines, entourées du P. Ragueneau et des Hospitalières, les reçurent dans une salle de l'hôpital. Le grand cher Taiearonk porta la parole :
" Saintes Filles, dit-il, vous voyez de pauvres cadavres, les restes d'une nation qui a été florissante, et qui n'est plus. Au pays des Hurons, nous avons été dévorés et rongés jusqu'aux os par la guerre et par la famine. Ces cadavres ne se tiennent debout que parce que vous les soutenez. Vous aviez appris par des lettres à quelle extrémité de misères nous étions i éd lits ; mais maintenant vous le voyez de vos yeux. Regardez de tous côtés, et voyez s'il n'y arien en nous qui ne nous oblige de pleurer sur nous-mêmes et de verser sans cesse des torrents de larmes. Hélas 1 ce funeste accident qui vous est arrivé va renouveler tous nos maux, et faire couler nos larmes qui commençaient à tarir ! En voyant réduire en cendre en un moment cette belle maison de Jésus, cette sainte maison de charité, en y voyant régner le feu sans respecter vos personnes, Saiûtes Filles qui l'habitiez, nous nous sommes souvenus de l'incendie universel de toutes nos maisons, de toutes nos bourgades et de toute notre patrie ! Faut-il donc que le feu nous suive ainsi partout ! Pleurons, pleurons, mes chers compatriotes, oui, pleurons nos misères, qui de particulières sont devenues communes avec ces innocentes vierges.
il Saintes Filles, vous voilà donc réduites à la même misère que vos pauvres Hurons, pour qui vous avez eu des compassions si tendres. Vous voilà sans patrie, sans maisons, sans provisions et sans secours, sinon du ciel, que jamais vous ne perdez de vue.
11 Nous sommes venus ici dans le dessein de vous oonsoler, et avant d'y venir, nous sommes entrés dans vos cœurs, pour y reconnaître ce qui pourrait davantage les affliger depuis votre incendie, afin d'y apporter quelque remède. Si nous avions affaire à des personnes semblables à nous, la coutume de notre pays serait de vous faire un présent pour essuyer vos larmes, et un second pour affermir votre courage; mais nous avons bien -*u que votre courage n'a pas été abattu sous les
ruines de cette maison; pas un de nous n'a tu môme dans vos yeux une seule larme pour pleurer sur vous-mêmes à la vue de cette infortune. Vos cœurs ne s'attristent pas dans la perte des biens de la terre ; ils sont trop élevés dans les désirs des biens du ciel !
" Nous ne craignons qu'une chose, saintes Filles, et ce serait un malheur pour nous ; nous redoutons que la nouvelle de l'accident qui vous est arrivé, portée en France, ne soit sensible à vos parents plus qu'à vous-mêmes ; nous craignons qu'ils ne vous rappellent, et que vous soyez attendries de leurs larmes. Comment une mère pourrait-elle lire sans pleurer les lettres qui lui feront savoir que sa fil^e est restée sans vêtements, sans lit, sans vivres, et sans aucune des douceurs dans lesquelles vous avez été élevées dès votre jeunesse ? La première pensée que la nature inspirera à ces mères désolées, ce sera de vous rappeler auprès d'elles pour se consoler elles-mêmes en procurant votre. bien. Un frère fera de même pour sa sœur, un oncle ou une tante pour sa nièce , et ainsi nous serons en danger de vous perdre, et de perdre en vos personnes le secours que nous espérions pour l'instruction de nos filles, dont nous avons commencé avec tant de douceur à goûter les fruits.
" Courage donc, saintes filles, ne voua laissez pas vaincre par l'amour de vos parents; et faites voir aujourd'hui que l'affection que vous portez pour les pauvres sauvages est une charité céleste plus forte que les liens de la nature. Pour raffermir en cela vos résolutions, voici un présent de douze cents grains de porcelaine, qui enfoncera vos pieds si avant dans la terre de ce pays qu'aucun amour de vos parents, ni de votre patrie ne pourra les en retirer.
"Le second présent que nous vous prions d'agréer, c'est un collier semblable de douze cents grains de porcelaine, pour jeter de nouveau les fondements d'un édifice qui sera encore la maison de Jésus, la maison de prières, et où vous continuerez d'instruire nos petiteB filles huronnes. Tels sont nos vœux, tels sont aussi les vôtres ; car sans doute vous ne pourriez mourir contentes, si en mourant vous pouviez vous faire ce reproche, que par un amour trop tendre pour vos parents, vous n'eussiez pas aide au salut de tant d'âmes, que vous auriez aimées pour Dieu; oui, vous les recueillerez encore, vous leur apprendrez à aimer Dieu, et elles seront un jour votre couronne dans le ciel. H x Ainsi parla le grand chef Huron, d'une voix que l'émotion rendait vibrante. "Je n ' ajoute . rien à ce discours, poursuit le P. Ragueneauqui nous a conservé cette naïve harangue, et je ne
fmis même rendre la touchante expression que ui donnaient le ton de sa voix, et les regards de son visage. La nature a son éloquence ; et quoique ces hommes soient barbares, ils sont loin d'être privés d'intelligence et de sentiment, "