‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 85 sur 196 · O'tst le nom de guerre du petit Pierre Aubry · texte numérisé non relu

O'tst le nom de guerre du petit Pierre Aubry

c'est que la charité a toujours les siennes. Le pauvre ne frappe jamais en vain à sa porte.

Sur son modeste revenu la part de Dieu et des pauvres est toujours prélevée la première.

Chaque année pendant son séjour à Québec, il allait déposer entre les mains du chapelain de l'Eglise Saint-Jean-Baptiste (nous tenons ce fait de M. Racine lui-même) la somme de cinq louis pour le denier de Saint-Pierre.

M. Aubry ne craint pas de raconter les rudes épreuves qu'il a traversées. Il sait que ce sont de nobles cicatrices qui témoignent de ses cornbas.

Un journaliste anglais eut un jour le mauvais goût de lui en faire un reproche, et crut blesser notre rédacteur au vif en lui disant que dans son pays, il n'avait mené qu'une vie bien chétive (a scanty livelihood.)

11 reçut cette fière réponse :

" Vous auriez pu ajouter, mon brave, que le susdit rédacteur ne mène point non plus, à Québec, un train de grand seigneur, et ce pour de bonnes raisons :

"1°. Parce que, sans avoir besoin de l'apprendre d' autrui, il sait très-bien qu'il n'est point grand seigneur ;

" 2°. Parce qu'il veut rester libre et indépendant, et qu'il tient, avec Bossuet, qu'il r^y a rien déplus libre ni de plus indépendant qu'un "homme qui sait vivre de -peu et qui sans rien attendre de la protection ou de la libéralité d r autrui, ne fonde sa subsistance que sur son industrie et sur son travail."

Les habitués de l'avenue Saint-Louis et du chemin Sainte-Foye se rappellent l'avoir souvent rencontré, le soir au soleil couchant, entouré de son intéressante famille, faisant le tour du Belvédère ou du Mont-Plaisant.

Il aimait à se délasser des fatigues du professorat et des soucis du journalisme en allant y respirer l'air de la campagne, jouir d'un peu de fraicheur, des causeries en plein air, et de cette superbe vue du Saint-Charles qui se déroulait à ses pieds.

Ses amis ne l'y reverront plus.

Adieu donc, ami Aubry! vous allez revoir cette belle France où vous êtes né, et qui fut aussi le berceau de nos ancêtres*

Puissiez- vous là-bas, auprès de cette compagne si digne de vous, et de vos charmants enfants, retrouver cette part de bonheur dont furent privées vos jeunes années !

Adieu 1 Vous ne partez pas tout entier, vos œuvres nous restent, les fruits de vos enseigne ments, l'arôme de vos bons exemples et de vos vertus.

Vous vivrez dans nos souvenirs comme le type de l'honneur français et du chrétien.

Québec, juin 1865.

F. X. GARNEAU

Si les premiers pu sent difficiles dans la carrière de» lettre* et des sciences, ai Isa avantages que procure la culture de l'esprit ne sont pu toujours, dans un pava nouveau, appréciés à leur juste valeur pur une population trop préoccupée d'intérêts matériels, il viendra on temps, sans doute, on pleine justice sera rendue a

cause qui puisse occuper l'attention des aoeié'tes.

F. X. UARNISAU,

En 1850, l'école militaire de Saint-Cyr était témoin d'un spectacle qui peut donner une idée de l'intérêt qu'offre l'histoire du Canada. Les élevée, réunis autour de la chaire du savant professeur d' histoire, M. L. Duseieux, écoutaient, pour la première fois, le récit de la fondation et de l'établissement de la Nouvelle-France.

C'était un monde doublement nouveau pour ce jeune auditoire : chaque leçon était suivie avec un intérêt toujours croissant. L'ardente et sympathique jeunesse tressaillait d'émotion au Técit des grandes actions qui ont illuatrè'le nom français en Amérique. Lorsqu'eufin le professeur, vivement impressionné, en vint à l'histoire de la dernière lutte qui coûta le Canada à la France, lorsqu'il déroula cette héroïque page de nos annales militaires, d'enthousiastes applaudissements éclatèrent dans tout l'auditoire. >

Cette scène émouvante en dit plus que tous les commentaires possibles sur la beauté de l'Histoire du Canada ; et c'est à cette magnifique épopée que l'historien dont notre pays déplore la perte, a attaché son nom, devenu désormais immortel comme les souvenirs qu'il a retracés.

Ancêtres de M. Garneau— Son enfance— Sou éduoation.

Le fondateur de la famille Garneau, en Canada, faisait partie de la nombreuse émigration venue du Poitou eu 1655. M. Louis Garnawlt était natif de la paroisse de la Grimoudière, diocèse de Poitiers. Il épousa, à Québec, le 23 juillet 1663, Marie Mazoué, native de la Rochelle. En 166T, on le retrouve porté au recensement de la Cote-de-Beaupré. Il s'établit à l'Ange-Gardien.

L'arbre généalogique suivant de la famille de M. Garneau est extrait du Dictionnaire génêalogique de toutes les Familles Canadiennes par M. l'abbé Tauguay: 2

1. Ce trait est rapporté par M. Dnsaieax lui-même au commencement de son esquisse intitulée : Le Canada ions la domination frstn^aist, ouvrage écrit avec la plume d'un savant et le cœur d'un soldat.

S. Cet immense travail, fruit de plusieurs années, de attentes recherches, comprend la généalogie de toutes

Pierre Garjtault. — Jeakki Babàolt — de la | paroisse de la Grimoudière, diocèse de

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