‹ Biographies canadiennes (volume 2)Chapitre 92 sur 196 · LU.JI · texte numérisé non relu

LU.JI

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Notre peuple ne d*:-.* q-.;e ■i':. : «?r. t: lé j 1 Y. compte toute une i:ê::éra::v!: ■.:- ct? :..'a:v> i« ] a science. Honorons ïiiér:i{:.~. :'.-:. ia'.ç".:r .e défricheur intrépide, les hard.s pijr.Mvrï ■; il .*.: lait notre patrie si riche et *i U-i.'e : c'tv. v:. d-rvoir sacré. Mais n'oublions pa^ le .-avur:i r*. j- Ueste l'archéologue laborieux, ces iruv-Ai.!vnrs bûns trêve, qui nous ont lait connaître leur r.ubi*-* histoire qui l'ont conservée pour l'avenir. lis taont led tomiateur» de la patrie intciiectuelle. cuinme les premiers sont led défricheurs de nos

lurctH.

i'ur la jvatrie n'est pas seulement ce sol que noua foulons) aux pieds, et ce pan du globe que l.uua hubitoiis.

tïuiiiiiie chaque individu qui la compose, la itaiiuu tut tonnée d'une intelligence et d'un (fef t,» j trllts a une patrie dans le monde intelleo- 1*4*1, ^juint' daus le inonde de l'espace. Son

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L»r jpwtac'.e de cette reconnaissance d'un* '::?-..<: :3L.'n'.iie. après un siècle de séparation, •:îr* 4'^e! ^i^ chose de si touchant, qu'on ne lit* i>ix< m:.: ir.:éréc quelques fragments de cette lettre.

Le Mans, ce 23 Septembre 1836.

' ; Mon cher Parent,

Vos deux lettres du 26 avril et du 2 mai me sont parvenues précisément au moment où ma famille se disposait à souhaiter la bonne fête de mon épouse ; elles sont arrivées toutes deux i la fois comme par enchantement, pour rendre cette fête doublement joyeuse.

Mais j'étais loin de m'attendre à toute la surprise qui allait me frapper, quand j'allais voir se développer sous nos yeux avides de nouveau-

G. B. FABIBAULT.

6s, non-seulement la ville de Québec tout enière *, dont nous avons tous admiré le site grandiose ; mais encore une partie du fleuve iaint-Laurent, dont nous ne pouvions sonder la >rofondeur immense, mesurer la largeur consi- Lérable, vérifier l'épaisseur surprenante de son x>nt de glace, ni même apprécier la hauteur du nai qu'on venait d'y planter ; tandis que nous ivone bien vu le point où est fixée votre habitaion, chose précieuse pour nous qui ne savons pas l'anglais et qui pouvons cependant nous transporter chez vous directement, sans demander le chemin.

Aussi nous avons de suite formé le projet d'aler tous vous voir ; je me trompe, c'est d'aller ions faire voir que je dois dire ; et sans différer, ions partons aujourd'hui, emballés entre deux cartons que vous aurez le soin de séparer avec précaution pour ne pas nous blesser avec le camf dont vous vous servirez à cet effet.

Nous nous persuadons que vous voudrez bien nous recevoir avec bonté. Nous voulons nous établir chez vous. Quoiqu'au nombre de cinq, il nous faudra peu de place, le plus petit réduit suffira.

Arriverons-nous à bon port? C'est là toute notre inquiétude. Je l'ignore ; mais cependant je l'espère avec l'aide de la providence; vous «al, mon cher parent, pourrez uous en con- Taincre et j'y compte."

Après les premiers épanchements de joie le cousin de France entre dans les détails intimes, «t ouvre pour ainsi dire, sa porte toute grande •u visiteur d'outre-mer qui est venu, par la pensée, lui tendre la main, et s'asseoir à son loyer

Il lui présente chacun des membres de sa famille. Le portrait qu'il fait, dans une seconde lettre écrite peu de temps après, de leur caractère et de leurs habitudes, est d'une grâce parfaite. Mais ici-bas nulle joie n'est sans mélange ; <Un8 l'intervalle, il avait perdu son épouse.

"8i le 2 février fut pour moi un jour de bonaWTj le 14 me fut bien funeste. Car mon cher <oann, il m'a fallu ce jour-là faire un grand ••crifice j il a fallu me séparer pour jamais de •die que j'aimais comme ma vie, de ma pauvre épouse que la mort est venue frapper à l'heure â laquelle on s'y attendait le moins.

Elle était fervente catholique, bonne épouse «t tendre mère. Que penser maintenant ? Sinon, <în'en nous laissant des pleurs à répandre, elle *»i allée jouir du bonheur éternel. Voici le petit ■^ttttrain que j'ai composé et fait graver sur sa tombe à la suite de ses noms et qualités ;

Bile sommeille ici sous cette pierre,

Son ooear, hélas 1 pour nous ne battra plus.

A la douleur opposons la prière ;

Pieux regrets, vous êtes superflus 1

* IL Faribaalt avait envoyé aveo ta lettre une vue *Q«ébee,

Pour vous la faire mieux connaître, mon cher parent, je dois ajouter, qu'avec le cœur aimant, généreux et sensible, elle joignait à une très-grande vivacité d'esprit, la plus grande et la plus aimable gaîté ; et que, comme mère de famille, elle était douée des plus excellentes qualités; telle était celle que j'ai perdue.

Pauline est celle de mes ailes qui a le plus de rapport avec elle pour les traits du visage et pour la vivacité ; elle est extrêmement nerveuse, c'est un vif-argent, une rieuse et une farceuse à la journée.

A l'égard de Claire, sans, être ni sombre ni taciturne, elle est beaucoup plus sérieuse que sa sœur; et sans faire comme elle de plaisanterie, elle rit franchement de ses folies. Toutes les deux sont dans la meilleure intelligence ; que veut l'une veut l'autre : elles sont toujours uniformes pour la toilette; elles ont les mêmes goûts, sont fort adroites pour toiite espèce d'ouvrages à l'aiguille, et elles font très-bien les fleurs artificielles dont elles parent les autels. Elles n'ont jamais pris de leçon de dessin, mais elles sont musiciennes, et avec de belles voix et chacune une guitare, elles font de charmants duos. Faut-il tout vou* dire, mon cher cousin ? Eh bien Claire et Pauline sont pieuses sans être dévotes ; elles ont la direction d'un chœur de cantiques qui se chantent à l'église par des demoiselles dans certaines circonstances. Elles ne connaissent ni bals ni spectacles ; enfin elles n'ont pas voulu se marier, ni l'une ni l'autre, et de leur côté, j'éprouve toute espèce de satisfaction. S'agit-il de la promenade ou de quelqu' autre récréation, on ne nous voit jamais guère les uns saus les autres, nous partageons les mêmes plaisirs.

Quant a la Délie. Françoise, que j'appelais autrefois ma tante Aurore, et que je nommerai maintenant d'après vous ha belle Canadienne, avec un tempérament robuste, quoiqu'elle n'ait jamais bu que de l'eau, elle n'est pas aussi enjouée que ses nièces ; elle est, au contraire, assez sérieuse et très-susceptible, n'entendant pas toujours raillerie ; il ne faudrait pas qu'uu autre que moi lui dirait que son menton cherche à s' appuyer sur sa poitrine et que son dos, autrefois si droit, commence à s'arrondir et veut regarder par-dessus sa tête, parcequ'elle se fâcherait ; mais elle est sans rancune et ne boude pas long temps ; avec tout cela, Mlle. Faribault e=t une fort bonne personneé

Maintenant, vient mon tour, mais que puis-je dire? rien de bon sans me flatter. Je porte dés le temps du collège, soit à tort ou raison, l'heureuse épithète de Père Faribault, et'toujours et partout, j'ai été signalé comme un Boute-en train. Comment donc concilier ces deux qualifications qui paraissent si opposées ? Je l'ignore ; pensez-en ce que vous voudrez, mon cher cousin, et fiez-vous au simple aspect des physionomies, voir même en peinture. Vous m'avez fait connaître vos goûts^ cher cqu5.v\^

G. A. FARIBAULT

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esprit froid et etudïeuj, d'un sa- 'antiquité, trouve le moyen d'in- ;::t. fi la certitude de se rendre iiè. Je puis donc aussi vous : mai* quelle iliilerence ! il

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e OT.'./v:ei romance.--, chanïona :rt; u:i -unassï* de Muettes de ■.;iv'irs. exposent mes. 'ouvres ;î r. ■■■:i;:n; Aies r.iomtnt s -perdus.

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L'aïeul de M. Faribault était né à Paria, où il exerçait la profession de notaire. * En 1757, à la demande du gouvernement français, il vint au Canada, en qualité do secrétaire de l'armée, alors sous le coin mande ment et l'administration ■lu marquis Du Quesne. Il remplit cette charge avec honneur et intégrité jusqu'à la défaite dt l'armée française eoua Moutculm en 1759.

Voyant que la colonie allait passer sous la domination britannique, il se retira a Eerthier, où il vécut de sa proleasion jusqu'à sa mort arrivée en 1801. Il était alors âgé de quatre-vingthuit ans. De dix enfants, issu» de son mariage, quatre seulement atteignirent l'âge do maturité. L'aîné, Barthélemi, suivit la profession de son

exerça pendant cinquante-cinq ans. j •a 1829, àl'âire patriarcal de quatre- .

vinjrt-quatorso ans. Le plus jeune, Jean-Baptiste, t-si le pere du célèbre fondateur de FaribaultriUe, ■ dnns le Jlinnésota. ]

C'eut ce lirtr-Ji défricher auquel nous avons fait allusion au co::îim-:ici'me:it ileci-Ue biographie, et ■ ijr:t ii.vjs av .::s prumis.Ie raconter les aventnr?\ parce quVilc-i n- ■;;.■■ oil're:it la réalijaiioaiie ' '.'un il.' ce.-> :yp-.-s. taillés si largement dans la

Après avoir fro ;ueuté l'école de son village jusqu'à rûgo de dix-sept ans, le jeune Jeaniîaptiste s'engagea û Québec, dans une maison ùo voiiimc-rcc, et y servi: pendant cinq ans. H y lit preuve de talent et d'un génie inventif fat remarquable.

tuiliés,

I Voici, d'après les manuscrits de M. Faribanl^ l'On généalogique do cette fluuUlQ at sa filiation arse

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