‹ Biographies et portraitsChapitre 19 sur 31 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

prononcé le mercredi, 18 Juillet 1855, par t honorable P. -J. -O. Chauveau, à la cérémonie de la pose de lu pierre angulaire du monument dédié, par souscription nationale, à la mémoire des braves tombés sur la plaine d’ Abraham, le 28 Avril 1760.

Sta, viator, hero'em calcas.

Qu'il plaise à Votre Excellence :

Messieurs et Mesdames,

Ghosi par la société Saint-Jean-Baptiste pour vous adresser quelques paroles, qui, à vrai dire, ne viendront pas de moi, mais qui seront plutôt comme un écho affaibli de ce que vos âmes doivent penser, de ce que vos cœurs doivent sentir dans ce moment : si ce n’était que de l’imprudente promesse que j’ai faite, je serais tenté de me taire et de laisser parler pour moi, certain de leur éloquence, cette pompe civile et militaire qui nous environne, la terre que nous foulons, teinte autrefois du sang le plus pur et le plus noble de la France et de l’Angleterre, jonchée encore des ossements des guerriers dont nous célébrons la mémoire ; les bases de ce monument, que nous allous charger de redire aux âges futurs les combats et les gloires de nos ancêtres, ce grandiose paysage, cette nature qui semble taillée pour de tels spectacles ; ces montagnes, dont les échos vont tout à l’heure retentir des éclats de la foudre guerrière, comme au jour que nous commémorons, et, là-bas, au fond du tableau, Québec, la ville historique, dont les murs ont vu couler tant de sang et s’accomplir tant de prodiges de valeur !

Vingt-huit avril mil sept cent soixante, jour que la Providence, dans leurs revers, réservait à nos ancêtres, pour qu'ils fussent les derniers vainqueurs dans une lutte dont ils devaient eux-mêmes- être le prix ; pour que le peuple conquis pût toujours marcher tète levée et l’égal

l’hON. P.-J.-O. CHAUVEAU.

de ses conquérants (préparant ainsi l’union fraternelle qui, ici comme ailleurs, devait un jour régfter entre les deux races, en leur distribuant des lauriers cueillis sur le môme champ de bataille) ; jour aussi glorieux pour les vaincus que pour les vainqueurs, puisse ton souvenir que nous évoquons, m’inspirer des paroles qui ne soient pas trop au-dessous de celles qu’il faudrait pour te raconter dignement !

Dans ce qui s’est passé ici il y a près d’un siècle, dans ce qui s’y passe aujourd’hui, quel contraste à la fois et quelle ressemblance !

Plus de six mois s’étaient écoulés depuis le jour où Wçlfe et Montcalm étaient tombés, ensevelis, l’un dans le drapeau victorieux de l'Angleterre, l’autre dans celui qui portait le nom immortel de Carillon ; Québec, incendié aux trois quarts, amas de ruines plutôt qu’une ville, subissait la loi du conquérant ; l’Angleterre avait appris avec des transports'de joie, la France avec une inconcevable indifférence, la prise-dela plus forte citadelle du nouveau monde ; “ l’Europe entière, dit Raynal, croyait la grande querelle de l’Amérique du Nord terminée, et personne ne s’imaginait qu’une poignée de français, qui manquaient de tout et à qui la fortune semblait interdire jusqu’à l’espérance, osassent songer à retarder une destinée inévitable.” Et cependant, le vingt-huit avril, voilà qu’à la pointe du jour une nouvelle armée française se présente sur le champ de bataille du treize septembre, guidée par un général d’une bravoure et d’une habileté égales à celles de Montcalm !

Avait-il, comme cet ancien prétendait pouvoir le faire, avait-il frappé la terre du pied pour en faire sortir des légions ? Non ; mais elles étaient accourues d’elles-mêmes. Du seuil des chaumières incendiées, du fond des bois, de partout, les canadiens étaient venus se ranger une dernière fois sous le drapeau de la France, essayer de sauver malgré elle la colonie qu’elle abandonnait, et l'honneur de ses armes que dans ces contrées éloignées elle paraissait négliger. Des enfants de douze à treize ans, des vieillards de quatre-vingts ans, se rendaient au camp, ou y restaient malgré les exhortations des chefs. Plus de la moitié de l’armée du chevalier de Lévis se composait de ces recrues volontaires, de ces soldats que le patriotisme seul avait faits soldats, de ces héros improvisés’ qui, semblables au vieux Caton, dont ils n’avaient jamais entendu parler, seuls ne désespéraient point d'une cause que le monde entier croyait perdue.

C’est que cette cause était celle qu’enfants ils avaient entendu exalter dans les récits de leurs pères, dans les longues soirées d’hiver ; c'est que le zèle de cette cause était entré dans leur âme avec chaque refrain de la ballade guerrière que leur mère chantait près de leur berceau, avec chaque phrase du sermon que prêchait le curé de la

paroisse, avec l’exemple des martyrs attachés au poteau, découpés par lambeaux, inondés d’huile bouillante et glorieusement décorés de colliers de haches de fer rougies au feu ; c’est que plusieurs avaient déjà brûlé pour elle plus d’une cartouche, et s’étaient déjà trouvés vainqueurs un contre trois, un contre cinq, à la Monongahéla sous M. de Beaujeu, au fort George, à Oswégo, à Carillon sous M. de Montcalm ; c’est que, jeunes ou vieux, ils n'avaient rien perdu de leur foi religieuse ni de leur foi nationale, qui n’en faisaient plus qu’une ; c’est que, dans leur héroïque naïveté, après tous les prodiges qu’ils avaient faits eux-mêmes, ils croyaient le bon Dieu tenu en conscience de faire un miracle, pour que la croix surmontée du coq gaulois demeurât sur le clocher de leur église, et que le drapeau blanc semé de fleurs de lys continuât à flotter sur les bastions de leurs forts !

Ce qui s’est passé ici il y a près d’un siècle, c’était donc, de la part de la brave armée anglaise, commandée par le général Murray, victorieuse une première fois sur le même terrain, c’était un effort suprême pour ne pas se laisser enlever les fruits de sa victoire, pour conserver cette forteresse dont la possession était depuis si longtemps l’objet de ses convoitises, pour maintenir la supériorité lentement et péniblement acquise par plus d'un siècle de luttes cruelles et incessantes, de désastres sans nombre pour les colonies anglaises, que les bandes canadiennes et les hordes sauvages dévastaient chaque année par le fer et la flamme.

Et c’était de la part des troupes françaises, fatiguées mais non épuisées par une longue marche à la pluie et au tonnerre, c’était un effort également héroïque, pour venger leur défaite et la mort de Montcalm, pour reconquérir ce promontoire qui tient la clef de presque toute l’Amérique, pour prouver qu’ils étaient toujours les soldats d’Oswégo et de Carillon !

Mais, pour les milices canadiennes, c’était encore plus que tout cela; c’était la jépulture définitive ou la résurrection de tout ce qu'elles avaient aimé et vénéré au foyer domestique ; c’était l’agonie ou le triomphe de la religion et de la patrie ; et, pour ces hommes que le gouvernement qui les abandonnait avait toujours tenus pauvres, et qui, pauvres, venaient encore de perdre le peu qui leur restait, il n’y avait plus que la vie, et la vie elle-même n’était plus rien sans les deux seuls biens qu’ils eussent au monde : la religion et la patrie !

Ce fut donc toute la journée et pendant trois heures surtout une lutte comme l’histoire nous en montre peu de plus meurtrières, eu égard au nombre des combattants. Plus de trois mille hommes sur quatorze mille, restèrent sur le champ de bataille. “ L’eau et la neige, dit M. Garneau ( qui a élevé à ces braves, dans son histoire, un

l’hON. P.-J.-O. CHAUVEAU.

monument plus durable que celui dont nous posons les bases), l’eau et la neige, qui couvraient encore le sol par endroits, étaient rougies du sang que la terre gelée ne pouvait pas boire, et les malheureux blessés nageaient dans des mares livides où l’on enfonçait jusqu’à mijambe.”

C’était ici, sur le petit espace de terre où nous sommes réunis et où s’élevait le moulin de Dumont, édifice qui dominait la position, c’était, entre les grenadiers de la Reine commandés par M. d’Aiguebelle, et les montagnards écossais sous les ordres du colonel Fraser, un combat acharné, qui n’a été égalé depuis que par celui que se livrèrent les Anglais et les Français pour le château d’Hougoumont, ou encore, par celui que ces derniers ont livré contre les Russes pour la prise du Mamelon Vert à Sébastopol. Le moulin fut trois fois pris et repris, et, chaque fois, les grenadiers eurent à marcher sous le feu incessant d’une lourde et puissante artillerie. Bourlamarque, dont le nom dans toute la guerre avait figuré à côté de cei^: de Montcalm et de Lévis, fut gravement blessé et eut son cheval tué sous lui dans cet endroit même.

C’était, plus loin, entre les milices canadiennes commandées par M. de Repentigny et par le colonel Rhéaume, et le centre de l’armée anglaise, une lutte non moins héroïque. L’on voyait, dit encore M. Garneau, les milices charger leurs armes, couchées, se relever après les décharges de l’artillerie ennemie, et fusiller les canonniers sur leurs pièces.”

Enfin, à la droite, M. de Saint-Luc, avec un parti de canadiens et de sauvages, et le colonel Pourlàrier, avec le Royal-Roussillon, culbutaient et tournaient l’aile gauche de l’armée anglaise, la rejetaient sur le centre, qu’ils prenaient en flanc, et décidaient du sort de la journée.

Partout c’était une scène de carnage et de désolation ; un diel lourd et sombre pesait sur la campagne, des torrents de pluie se mêlaient aux flots de sang humain, les éclairs labouraient le ciel comme les feux des deux armées sillonnaient la terre, les éclats de la foudre se mêlaient aux décharges de l’artillerie, aux fanfares guerrières, aux cris des combattants, aux plaintes des mourants, et la nuit, lorsque le silence et l'immobilité eurent remplacé le bruit et le tumulte, à la lueur des éclairs, les innombrables blessés de l’armée française étaient portés à l’Hôpital-Général, au pied du coteau, tandis que l’armée anglaise, rentrée dans ses murs, encombrait des siens tous les couvents de la ville.

Le lendemain, on commençait les travaux d’un siège qui fut levé précipitamment, lorsqu’au lieu de la flotte française que nos pères attendaient comme leur dernière ressource, leur dernière planche de

salut, ils virent apparaître dans la rade une escadre anglaise qui, par sa seule présence, assura pour toujours la domination britannique sur ces vastes et riches contrées .

Et voilà ce qui s’est passé ici il y a près d’un siècle !

Et aujourd’hui, les drapeaux de la France et de l’Angleterre, unis par des banderolles qui portent les noms de victoire gagnées en commun, flottent amis sur le champ de bataille du 13 septembre et du 20 avril, comme ils flottent sur les mers de l’Europe et sur les rochers de l’antique Chersonèse !

Un gouverneur anglais, dont l’esprit éclairé et le noble cœur ont su comprendre tout ce qu'il y avait de beau, de religieux, d’humain dans la mission que nous l’avons prié d’accepter, préside à cette apothéose des braves des deux nations. A l’exemple du militaire distingué qui, l’année dernière, était venu rencontrer sur son passage la pompe funèbre que nous fîmes aux braves du vingt-huit avril, et saluer leurrestes de généreuses paroles, des oüiciers et des soldats anglais justement impatients du repos qui leur échoit dans ce jour de combat, écoutent avec un religieux silence le récit de cette vieille victoire française, parce qu’ils savent qu’il n’y a que les lâches qui sont jaloux, et que leur nation s’est couverte elle-même de trop de gloire pour avoir peur de la gloire des autres !

Et, en présence de Lady Head et de la moitié la plus intéressante de la société de Québec (la beauté, comme toujours, souriant au récit des actions courageuses), en présence du commandant d’une corvette française chargée d’une mission toute pacifique, et de ses marins qui, mille fois les bienvenus parmi nous, sont arrivés ici à temps pour voir de leurs yeux que, si nous avons été longtemps oubliés de la France, nous n’oublions pas ses héros d’autrefois non p us que ceux d’aujourd’hui ; en- présence de nos concitoyens anglais, irlandais, écossais, héritiers des vertus des peuples des trois royaumes avec qui nous aimons à fraterniser ; en présence des descendants des Hurons, les fidèles alliés de nos ancêtres, qui donnèrent leur part de sang et cueillirent leur part de gloire sur tous les champs de bataille de l’Amérique, nous, les descendants des miliciens de 1760, nous enfermons dans un môme monument les ossements confondus des grenadiers de la reine et des montagnards écossais, qu’un archevêque a bénis sans leur demander à quel culte ils avaient appartenu.

Et que ne dira-t-il pas à la postérité ce monument ? Quel enseignement plus profond, quel plus haut tribut à l’héroïsme des temps anciens, à l’union fraternelle du temps présent, à l’oubli des haines passées, au souvenir des gloires qui ne passeront pas !

Ne parlera-t-il pas le môme langage éloquent que parle dans un

l’hON. P.-J.-O. CHAUVEAU. 205

autre endroit, l’obélisque élevée à la mémoire commune de Wolfe et de Montcalm, par un gouverneur anglais, trop soldat lui-même pour distinguer entre le soldat vainqueur et le soldat vaincu, lorsque tous deux étaient morts en héros ?

Ne dira-t-il pas aux Anglais comme aux Français, aux émigrés comme aux natifs, que la fidélité de nos pères pour leur ancien drapeau, nous l’avons montrée pour le nouveau ; que s’ils étaient les hommes de Carillon et des Plaines d’ Abraham, nous avons parmi nous les hommes de Lacolle et de Chàteauguay, et que nous, les hommes de la nouvelle génération, nous n'avons pas encore dit à l’histoire le dernier mot de notre race ?

Ne dira-t-il pas aux générations futures que le souvenir des grandes actions a beau dormir dans la poussière et l’oubli, il faut qu’un jour, ne fût-ce qu’après un siècle, il se réveille et ressuscite rayonnant d’une splendeur imprévue ?

Ne dira-t-il pas aux hommes trop positifs peut-être de notre époque, qu’après tout l’on ne meurt qu’une seule fois, et que, cette fois-là, il vaut autant mourir écrasé par la mitraille que sous les roues d’un char à vapeur ; que ceux qui agiotaient, qui s’enrichissaient, il y a un siècle, sont morts tout comme ceux qui combattaient, Bigot et Duchesnaux aussi bien que Montcalm et Lévis, et qu’ils sont oubliés, exécrés, tandis que les pauvres soldats, les pauvres miliciens et les pauvres sauvages du vingt-huit avril reçoivent, après plus d’un siècle, à la face du soleil, l’apothéose la plus magnifique qu’il nous soit possible de leur donner ?

N’enseignera-t-il pas aux peuples de l’avenir que les guerres et les haines d’un siècle sont les amitiés et les alliances d’un autre siècle, que la face des empires change, que les empires eux-mêmes s’écroulent ; qu’une seule chose reste debout, la mémoire des braves ?

Ne dira-t-il pas qu’après avoir lutté sur terre et sur mer dans les arts de la guerre et dans ceux de la paix, dans les sciences où elles ont produit Pascal et Bacon, Newton et Cuvier, Laplace et Herschell, dans les lettres où elles ont placé au faite de l’intelligence humaine, Bossuet et Milton, Shakespeare et Corneille, Lamartine et Byron, notre ancienne et nouvelle mère-patrie, désespérant de pouvoir se vaincre l’une l’autre, se sont décidées à dominer réunies le reste du monde ?

Ne dira-t-il pas qu’après l’oubli séculaire de tous les souverains et de tous les gouvernements, le puissant allié de notre gracieuse souveraine, le neveu de l’illustre empereur qui, dans l’universalité de son génie avait réalisé cette parole d’un ancien, nil humani alienum a me, au milieu des préoccupations sans nombre d’une époque où se décide le

sort de l’Europe et de la civilisation, s’est souvenu d’un million de Français oubliés sous le drapeau britannique, d’un peuple qui surgit aux yeux de la France comme une apparition d’outre-tombe !

Et lorsqu’il s’élèvera ce monument, surmonté de la statue que nous irons demander à la France, notre alliée, d’y placer elle-même, ne croyez-vous pas que le vieillard, en s’agenouillant sur la tombe des guerriers ainsi glorifiés, regrettera de n’avoir pas, lui aussi, donné sa vie pour la patrie : que le jeune homme se relèvera pour s’élancer plus courageux et plus ferme dans la carrière qu’il aura choisie, et que la mère qui passera près d’ici, tenant son jeune fils par la main, lui fera détourner la tète, de crainte que la fascination de tous ces honneurs rendus au courage, ne l’enlève trop tôt à son amour, pour le jeter sur la voie périlleuse de l’honneur ?

Et ces guerriers eux-mêmes, s’il leur était donné de se lever de leur couche funèbre, et de contempler lejour aussi pur et brillant qu’il était sombre le jour de leur combat ; ces campagnes aussi riches, aussi heureuses qu’elles étaient alors désertes et dévastées ; cette ville alors en ruines, et qui, florissant aujourd’hui dans les arts de la paix, se répand partout dqns la vallée et, déjà, sur le coteau, envahit jusqu’à leur sépulture ; ce bassin splendide, cet afourc d’eau bel et profond , comme disait Champlain, aujourd’hui couvert des vaisseaux de toutes les nations, au milieu desquels se trouve enfin un de ces vaisseaux français que nos pères attendaient avec tant d’angoisse à l’heure suprême; s’il était donné à nos miliciens d’entendre, après un siècle, parler français sur leur tombe; devoir, comme ils disaient naïvement, de voir leurs gens, des uniformes français mêlés à des uniformes anglais pour leur rendre hommage ; de contempler leur religien et leur nationalité debout encore et respectées à côté de la religion et de la nationalité des conquérants, sous cette domination anglaise qu’ils redom aient si fort, n’est-il pas vrai qu'ils demanderaient comme une faveur de vivre quelque temps auprès de nous ?

Mais non, guerriers que nous vénérons, vous avez payé votre dette à la patrie, c’est à nous de payer la nôtre. Votre journée est remplie, votre tâche laborieuse et sanglante est terminée, la nôtre à peine commence. Vous vous êtes couchés dans la gloire, ne vous levez pas ! Pour nous, quels que soient nos aspirations, notre dévouement, notre courage, Dieu seul sait où et comment nous nous coucherons. Mais vous, dormez en paix sous les bases de ce monument, entourés de notre vénération, de notre amour, de notre perpétuel enthousiasme . dormez . jusqu’à ce qu’éclatent dans les airs les sons

d’une trompette plus retentissante que celle qui vous sonnait la charge,

L’HON. P. -J. -O. CHAUVEAU

accompagnée des roulements d’un tonnerre mille f is plus formidable que celui qui célébrait vos glorieuses funérailles, et alors tous, angla s et français, grenadiers, montagnards, miliciens et sauvages, vous vous lèverez, non pas pour une gloire comme celle que nous, faibles mortels, entreprenons de vous donner, non pas pour une gloire d’un siècle ou de plusieurs siècles, mais pour une gloire sans terme et sans limites, et qui commencera avec la grande revue que Dieu-lui-même passera, quand les temps ne seront plus ! '

Page 1