‹ Biographies et portraitsChapitre 21 sur 31 · C.-S. CHERRIER, ÉCR, C. R · texte numérisé non relu

C.-S. CHERRIER, ÉCR, C. R

grand rôle, les avocats sont naturellement appelés à exercer une influence salutaire ou funeste sur les destinées des nations. C’est en marchant sur les traces de leurs devanciers, en conservant, en ravivant les vieilles mœurs, les anciennes traditions, qu’ils continueront d’accomplir au milieu de nous leur noble mission.

La vie de M. Cherrier pourra leur être sous ce rapport d’une grande utilité ; elle offre des exemples dignes d’être suivis et démontre comment la profession peut s’allier avec la vertu, l'intégrité et le patriotisme.

M. Cherrier est né à Repentigny, le 22 juillet 1798. Son père n’était pas riche, mais il eut le bonheur d’avoir pour parent et pour protecteur un homme qui occupe une des premières places dans l’histoire de notre pays, l’hon. Denis- Benjamin Yiger. C’est à cette puissante protection que M. Cherrier est redevable, en grande partie, de son éducation, de ses succès et de sa fortune. Il fit ses études au •collège de Montréal, du temps que le célèbre M. Roque en était le principal.

Son cours d’études fini, M. Cherrier entra dans le bureau de son bienfaiteur, M. Yiger, et se fit recevoir avocat, le 23 août 1822.

Les hommes de professions n’étaient pas nombreux à cette époque ; et les professions libérales, comme la poli que, en avaient grandement besoin. Aussi, dèsqu’un jeune homme de talent apparaissait, les encouragements, et les sympathies ne lui manquaient pas. M. Cherrier entra en société avec un des avocats les plus distingués du temps, M. Louis-Michel Viger, qu’on appelait généralement le beau Viger. Il se fit connaître promptement et ne tarda pas à briller au premier rang parmi les avocats du temps. On le voit bientôt figurer avec éclatdans lesprocès les plus remarquables de l'époque, dans les causes criminelles, civiles et politiques.

En mil huit cent vingt-sept, le procureur-général Stuart, battu à Sorel, le chûteau-fort des gouverneurs et de la

bureaucratie, par M. Wolfred Nelson, le candidat libéral, veut se venger des électeurs ; il en poursuit un grand nombre pour parjure. M. Cherrier plaide leur cause et les fait acquitter.

L’année suivante, M. Cherrier prit part, avec MM. Walker et Dominique Mondelet, à la plaidoirie importante qui eut lieu à l’occasion de la poursuite intentée contre M. Walker, éditeur et rédacteur du Canadian Spectator. Le talent et le zèle qu’ils déployèrent leur valurent un témoignage d’estime et de reconnaissance de la part d’un comité composé de citoyens marquants de Montréal. La poursuite fut plus tard abandonnée.

En mil huit cent trente-six, il prend part à la défense des gens de St-Benoit, poursuivis pour avoir coupé la queue et la crinière de plusieurs chevaux appartenant à des bureaucrates.

M. DuTernay ayant, dans la Minerve , blâmé en termes sévères un rapport fait par les grands-jurés, des procédés sommaires furent institués contre lui par le procureur-général. Il choisit pour avocat M. Cherrier qui demanda l’annulation des procédés et souleva des questions de droit importantes. La majorité de la Cour maintint la poursuite et condamna M. Duvernay.

En 1837, M. Cherrier figurait avec honneur parmi les avocats chargés de plaider la question seigneuriale devant le tribunal spécial établi en 1835 ; il représentait les intérêts des seigneurs. On trouve le plaidoyer qu’il lit en cette circonstance dans un volume intitulé : « Mémoire contenant

un résumé du plaidoyer sur les questions soumises par le procureur-général de Sa Majesté à la décision des juges de Ja cour supérieure.»

Il serait trop long d’énumérer toutes les causes importantes pl a idées par M. Cherrier pendant sa longue carrière professionnelle ; je n’ai voulu mentionner que celles qui ont eu plus de retentissement, à cause de leur caractère politique.

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