‹ Biographies [microforme]Chapitre 2 sur 23 · SES · texte numérisé non relu

SES

comté qui sert fidèlement le parti dont on veut le séparer par toutes sortes de trucs criminels et qui continue à fournir à notre cause de vaillants champions.

Le père était cultivateur : vrai type du vrai canadien de nos campagnes, ro= buste de corps et d'esprit qui devi.

vant dans son fils tout un avenir plein de promesses, n’hésita pas un instaut à faire des sacrifices pour le mettre en contact avec les maîtres de la science.

Il n’était pas riche, il avait dû laisser le clocher notal pour se transporter à Iberville, (car c'est là que notre chef naquit en 1840) il avait à pourvoir aux besoins d’une assez nombreuse famille ; qu'importe, sachant que le meilleur hé ritage à laisser à ses enfants était une instruction soignée et substantielle, il n'hésita pas.

M. Mercier aime à raconter ses com-

mencements modestes et souventes fois, difficiles.

Et qui peut ne pas admirer cette lutte du talent avec les aspérités dont est parsemée la route professionnelle quand le gousset ne déborde pas d’écus.

Ce fut chez les Jésuites qu’il fit son cours classique. Son passage y fut mar-

qué par le travail, l’indépendance de ca- |

ractère et l'emploi sérieux des moments même de loisirs.

M. Mercier a conservé un bien généreux souvenir des religieux qui furent à la fois ses professeurs et ses premiers

guides, Il eu parle souvent et avee un p'aisir vrai.

Ilya quelque temps, à la réunion

générale des élèves anciens et nouveaux du Lollège des Jésuites, il a prononcé un | discours très-fort ct très- remarqué dont

chacun, religieux ou laïque, a gardé un excellent souvenir.

Ii dépassait de peu la vingtaine quand

il entra pour faire son droit au bureau de MM. Laframboise et Papineau.

Ces deux patrons dout l’un a disparu de la scène universellement regretté, ont été nommés juges, grâce à leurs talents hors ligne et au suffrage de leur ancien clerc, M. Mercier.

Eo 1865, il était admis à la pratique et fixait ses pénates à St-Hyacinthe dont il est député actuellement.

Dès 1862, M. Mercier se lança dans la carrière de la politique qu’il fit marcher de front avec l'étude du droit qu’il ne voulut jamais négliger. Il n'était qu’étudiant de première année que déjà il siégeait au fauteuil éditorial du Courrier de St-Hyacinthe

Dans ce temps, la division des partis n’était pas encore parfaitement dessinée.

Les hommes éminents, et il y en avait une myriade, groupaient autour d’eux la jeunesse toute avide de réformes et de

régénération. On ne faisait que goûter en les connaissant les grandes novations

constitutionnelles.

M. Mercier, dès l'abord, appuya de toute son énergie le cabinet McDonald-

ec un

éunion veaux ncé un é dont rdé un

quand bureau h

lisparu té, ont talents ancien

ratique he dont

a dans marit qu'il n'était e déjà à Cour-

partis bssinée.

h avait ’eux la et de

goûter vations

puya de Donald

Sicotte.

Sicotte de nos grands pères, était l'objet

Ce dernier surtout, le bon M,

de ses prédilectious, C'était un cabinet pacificateur et plein d'evthousiasme pour le grand travail que

nécessitait le pays encore tout morcelé|

par les mauvais jours.

Quand M. Sicotte remit au gouverneur son port feuille de co-premier-mi uistre, M. Mercier refusa d'adhérer au programme de l’autre administration.

L'hon, M. Sicotte, on s'en souvient, avait groupé autour de lui une large por.

tion du parti libéral et jouissait d'une grande popularité dans le Bas Canada en raison de la fermeté qu'il avait déployée pour faire règler lu question de la Tenure Seigneuriale et aussi pour sa courageuse attitude en face de la représentation haut-canadienne. alors comme aujourd'hui, imbue de préjugés, qui pour nous dominer voulait nous imposer la représentation d’après la population.

Ce combat étàit celui du peuple, et tourmenta longtemps les esprits,

Il servit l'opposition sous Cartier et s'occupa très activement de droit. En peu de temps, dit le Cunadian Biographical Dictionary, le jeune avocat était au premier rang, et pour la clintèle et pour ses succès aux assises judiciaires.

Néanmoins, instinctivement les circonstances et sa propre nature le ramenaient à la politique active. Il reprit donc la rédaction du Courrier de St. Hya-cinthe.

Par une de ces coïncidences comme en | contiennent toujours les vies politiques, il

[avait pour adversaire dans le journa- Jisme notre distingué ami et ex confière M. R.E,. Fontaine, qui tenait alors la plume au Journal de St-Hyacinthe que l'Union a remplacé.

Je fut une lutte mémorable et éclatante dans les annales du journalisme bascanadien.

Chacun connaît quel vaillant lutteur était M. Fontaine, On relit encore avec plaisir cette prose chaleureuse qui fit applaudir toute une population,

Quelques années plus tard, MM, Mercier et Fontaine se trouvaient avocats.

associés et défenseurs du même parti.

Eau 1866, M. Mercier abandonvait de nouveau et cette fois définitivement, et la rédaction du Courrier et le parti qui, en dépit de ses efforts, s'obstinaient à s'enfoncer dans une mauvaise voie,

Ce fut le pacte fédéral qui décida cette rupture décisive. Dans son jugement sain et prévoyant, M. Mercier entrevoyait dans l'avenir toute cette masse de difficultés qui entr'autres choses, amèneraient l’asservissement de nos droits commerciaux, la destruction de l'autonomie provinciale et la confusion des droits comme des délimitations constitutionnelles,

L'écrivain américain parlant de ce fait dans le Biographical Dictionary comble M. Mercier de louanges et de félicitations, pour n'avoir pas voulu sanc-

tionner l'arbitrage impérial que des esprits aveugles et retardataires voulaient défier et archilégaliser.

De 1867 à 1871, on retrouve peu le nom de M. Mercier mêlé aux luttes. Il voulait étudier dans le repos, se reeueil lir pour le futur tant chargé de tempêtes : il voulait aussi, en homme im partial et sensé, permettre au systême fédératif de faire ses preuves.

En 1871, il reparait sur la scène.

C’est à Bagot où se présentait une des célébrités libérales, l'Hon, F. Langelier.

Corps et âme dans la lutte, il commençait cette autre ère d'activité autrement tumultueuse et ardente que la précédente.

Ce fut vers 1873 quil forma à St.

Hyacinthe avec notre estimé jurisconsulte Bourgeois une des plus fortes associations d'avocats que cette partie du pays ait vue,

Le pays a su reconnaître les grands talents jndiciaires de M. Bourgeois en lui donnant l'hermine qu’il porte avec dignité et distinction dans notre ville.

Il posa sa première candidature à Rouville qui l’élisait député au parlement fédéral.

Dans cette enceinte qui renfermait tant de sommités, tant de têtes blanchies sous le harnais politique, la voix du jeune député eut des échos éclatants.

Il y fut acclamé et j'en veux donner pour preuve la parole d’un mien-ami, conservateur modéré et impartial, M.

Alph. Desjardins,qui m'en parlait l’autre jour.

Son principal discours eut pour sujet la question des Ecoles du Nouveau- Brunswick.

Il posa comme défenseur de sa religion en matière d'instruction publique ct fit taut d'effet que le public voulut avoir ce discours en brochure,

Chacun se rappelle que ce ministère vint à deux doigts de sa perte.

De cette année, M. Mercier ne s'appartint plus. [l néglisea tout pour le triomphe de la cause. Profession, intérêt personne), santé, tout disparut devant cet élan d'enthousiasme et de dévouement.

En 1874, M. Cheval persistant à poser une tierce candidature dans Rouville, M. Mercier prouva ce dévouement à la cause en Jui abandonvant scs chances.

N'est-ce pas que c’est là un de ces traits qui parlent bien haut et qui comportent plus que la meilleure plume n'en pourrait dire ?

L'année 1878 le trouve encore sur le champ de bataille, ferraillant dans St- Hyacinthe contre M. Tellier, qui ne l'emporta que de six voix.

Mais avec le temps, marchaient les événements et grandissait la renommée de notre chef.

Dans le ministère que le regretté patriote Letellier avait créé pour opérer le relèvement national, une vacance se fit par la mort de M. Bachand.

Tous se rappellent la position critique, les terribles tempêtes que la MAISON

* sujet 1veau -

reliblique voulut

aistère

s'ap— our le intédevant évoue-

à poouville, t à la aces « de ces il Com- 1e n’en

sur le ans Ste l’em-

eut les ommée

tté pabérer le e se fit

itique, AISON

BLEUE avait amoncelées sur nos têtes.

[l fallait un homme de grand courage, de grand talent et d'un poids immense pour aider M. Joly.

Le parti libéral jeta les yeux sur M. Mercier avec cet instinct intelligent des partis en danger et celui ci devenait Solliciteur-Général en juin 1879.

Je me rappellerai toujours avec quelle fougue mujestueuse, avec quelle tenacité incroyable et surtout avec quelle éloquence large et solennelle, M. Mercier traita la fameuse question constitutionnelle.

C’est un de mes plus beaux souvenirs.

Oh! sila jeunesse pouvait toujours s'instruire à pareille école,que d'hommes pratiques, grandioses et utiles sortiraient de ses rangs !

M. Mercier supporta avec courage la chute de son parti, mais désespéré de voir le peuple seconder par ses suffrages la vénalité des députés apostats, la scan— daleuse dilapidation de Sénécal, il voulut abandonner l'arène parlementaire.

C'est alors qu’on vit un spectacle inusité dans notre histoire. Tout St-Hyacinthe s'émut à cette nouvelle, la province également; on pria, on pressa, on supplia le généreux athlète de ne pas abandonner la cause du peuple tout injuste, tout aveugle que fut celui-ci.

M, Mercier revint sur sa décision, jl se laissa élire par acclamation.

Sur les instances de ses amis il s'éta blissait à Montréal au printemps de 1881

et devenait l'associé de nos amis MM, Beausoleil et Martineau.

Ce bureau est l’un des plus importants aujourd'hui. Dervièrement on a fait du bruit à propos de coalition et de certaines affai- | res personnelles, Une scissicu mevaçait de se faire dans | le parti, mais grâce à la bonne entente et au bon sens wutuel et aussi à la conduite admirable de M. Mercier, à la dernière session, tout est revenu, le nuage est dissipé et il n'y a de divisés que nos ennemis.

Au commencement de la dernière session, le groupe libéral de l'Assemblée Législative acceptant la démission de uotre vénéré ex-chef M. Joly, remettait entre les mains de l’hon, M. Mercier les rênes du parti libéral.

Voilà cette carrière rapide, remplie et brillante de notre chef. Qui pourra s’empêcher, ami comme adversaire, de con= templer avec admiration cette gradation constante, noble et méritée que n'ont

causée ni les intrigues, ni les moyens malhonnôtes.

Jusqu'ici nous n'avons que constaté, maintenant apprécions.

Par

Comme tout homme qui proémine, M. Mercier doit être étudié sous bien des faces,

Car, voyez-vous, il a été journaliste, il est avocat, ila été politicien, il est maintenant chef de son parti,

su ds

a ——————————————————————————————————E re rnqus hr 352

Sa carrière politique a été agitée et pleine de variations sur lesquelles un vulgaire partisan peut porter un jugement hostile, mais elles soutiennent bien le serutement de l’homme impartial.

M. Mercier a changé de parti! Bon, ce n’est pas moi qui essaierai de poser les principes de la mobilité ou de l'immobilité des partisans dans le parti.

Seulement, je crois avec tout le monde que ia plus belle discipline perdra tout son charme le jour où elle exigera des subordonnés l'abandon complet de toute impartialité, de toute indépendance de

caractère.

On aime trop à établir des comparaisons, bien disparates, entre les deux

grande disciplines : celles du militariat et du parti.

Comme je ne veux guère imposer du mien en cette matière je cite deux opinions dont la valeur est d'autant plus grandes que leurs auteurs sont aux antipodes de l'idée libérale.........pratiquement comprise.

Papineau disait :

* L'on m'a accusé d'avoir changé ‘ mes principes, de les avoir reniés en ‘ consentant à entrer au ministère. Il “ n'y aurait donc que mes prédécesseurs ‘ qui auraient pu entrer dans l’adminis- ‘“tration sans abjurer leurs principes ?

“ N'y aurait-il qu'eux qui puissent avoir * de consistance, de l’honnêteté, des ta- “ Jents ? ;

‘ La conséquence de la position qu'ils

‘assument en me faisant ce reproche, “ serait de substituer une question de ‘* personne à une question de principes ; ‘ce serait dire qu'eux seuls peuvent ‘ faire le bien du pays, que sans eux il ‘ ne serait permis à personue de travail-

“ ler ni de contribuer à promouvoir ls ‘ intérêts de la commune patrie. ”

Ainsi parlait le vieil intransigeant qui ne trafiqua jamais son vote ou son action

En 1879, L. O. David, écrivait ce qui suit dans l'Opinion Publique : “ Chan- ‘“ ger de parti dans un pays où on peut ‘ Je faire sans changer de princips ct ‘ même pour y rester fidèle, peut être ‘“ un mérite au lieu d'être une faute, “ suivant les motifs et les circonstances ‘ par lesquels on a été influencé, ”

Cet énoncé de M. David est parfai-

tement sain et logique.

M. Mercier, entrant dans l'arène politique, avait mûri dans l'étude et la comparaison tout un programme ; il jeta

les yeux sur les grandes personnalités de

la politique d'alors pour y trouver le

type à son goût, selon ses principes et

ses aspirations, Les dénominations de parti ne l'é-

blouirent pas et les circonstances voulurent qu'il se donnât M. Sicotte pour

Mentor.

Dans ce temps-là cet estimé canadien

était du parti libéral-conservateur, mais depuis, grâce au départ des vrais patriotes, ce parti s’est transformé, Des trans--

po-itions de choses et d'hommes ont eu

SNS dE

ciprs ; euvent eux il

travail oir Îl's »

ant qui | action

tee qui ‘ Chan- )n peut cipes ct eut être e faute, astances

Page 1