LE
parfai-
rène po= eet la ; il jeta alités de puver le hcipes et
ne l'és voulu te pour
anadien r, mais s patrio— kg trans
ont eu
lieu et, qui voudrait de sang-froid, trou- | Pas de vénalité, mais de la conscienver de la ressemblance entre la grande | ce.
phalange de 1865 et la clique éhontée! Et aujourd'hui, M. Mercier a droit de qui pressure la province aujourd hui ? |se féliciter d'avoir délaissé dès le début Personne, pas même les vrais conser-|ce parti qui a sali notre histoire par le vateurs qui s'en sont séparés, scandale immonde du Pacifique et par la Or, M. Mercier suivant avec réserve | production de la clique Sénécal-Chapleau. et prudence ce travail continu et latent | qui se faisait au sein des partis, se lais- | sait mouvoir, et par l'impulsion qi
prime toujours le bon courant d'idées sur | un homme d'esprit et de cœur et par ses propres opinions qu’il entrevoyait chez un autre groupe qui, celui-là s'appelait tout court ct tout franchement :
libéral.
L’Acte de la Confédération le sépara | de Cartier tout comme le Quebec Act
le parti
divisa les deux grands libéraux anglais, Burke et Fox.
N'est-ce pas que cette grande affaire de |
la Confédération contenait assez de rai
sons pour briser les partis les plus forte- |
ment unis ?
Elle fit perdre au parti conservateur beaucoup de valeureux adeptes eutr'autres notre chef et l’Hon. Howe, l'apôtre des provinces maritimes.
Et cet abandon, M. Mercier le faisaitil pour accaparer des honneurs, des argents, des grades honorifiques ?
Non, il allait se refugier dans les régions sibériennes de l'opposition avec un parti qui avait le mérite à ses yeux d'avoir pour programme ses propres principes et opinions.
Une autre chose que les circonstances | et quelques personnes se sont obstinées à |joindre au nom de M.
per
Mercier, c'est la
| Cette partie est épineuse pen moi.
Mes amis savent que jusqu'ici je n'ai | pas été bien enthousiasmé de cette coa:
lition. Je publiais même dans La Con- | CORDE en 1881 une série d'articles à l’en- | contre de ce projet.
| Mais entendons-nous ct surtout soyons francs.
J'ai détesté la coalition dont l'on parle toujours pour nous diviser sans jamais la faire arriver à fruit.
Je l’ai craint parce que je me demandais de quelle nature et de quelle extension serait, de part et d'autre, les concessions d'hommes et de choses.
Je lai combattu, car je n'apercevais qu’une masse informe dans l'ombre, qui, par ses allures mystérieuses et suspectes ne disait rien qui vaille.
Mais, j'avoue que depuis la dernière session, j'ai trop de confiance dans mon chef, pour croire une seule seconde qu'il ne conduira le parti à bon port.
J'espère, j'en suis convaincu que, | | 6 mn: ! |" "RAYSS
coalition ou non, M. Mercier agira si noblement qu'il conservera, autour de lui, le parti compact et pur de toute tache.
J'avoue avoir beaucoup étudié la question et la déclaration que fit M. Mercier en 1880 pour répondre à ceux qui l’accusait de nous abandonner, rapprochée de celle de cette année me sert de garantie car elle est inspirée par le sens pratique et la prudence la plus vigilante.
Voici cette déclaration qu'il fit à St- Hyacinthe en 1880 et que Lu Putrie reproduisit dans le temps :
‘ servateurs honnêtes et respectables du
+ L'esprit de parti a fait assez de mal
| au pays pour engager les véritables pa-
“ triotes à réagir énergiquement contre “ Ja manie qui fait voir des ennemis ià “ où il n'y a que des adversaires.
“ Mon opinion est que les hommes pu- “ blics doivent travailler au bien du pays ‘avant de songer au bien du parti.
& Faisons plus d’affaires et moins de “ politique; nous n'en serons pas plus “ mal et le publie en sera mieux.”
Voilà des énoncés qui formulent tout un programme: J'aisons des affaires et moins de politique ! c'est là le langage de
« : le ; ; Ceux qui se sont amusés à lancer | l'homme pratique et, moi pour un, mal
“ dans le public une pareïile accusation “ sur mon compte sont des calomniateurs ; ‘ je ne trahirai pas mes amis et ceux ‘ mêmes qui le disent savent qu'ils men- “ tent ; jusqu'ici j'ai été fidèle au man- ‘4 dat que vous m'avez confié et j'espère, ‘“ Dieu aidant. vous le remettre sans ‘ avoir à rougir de mes actes,
‘ Oa a parlé de coalition ; l'on a pré- “ tendu que j'y étais favorable. Vous “ n'ignorez pas, et je vous l'ai déjà dit, ‘“q . … toujours été et que je suis “ euvure favorable à l'union des hommes ‘ honnêtes et intelligents des deux partis ‘ sur une base honorable et intelligente, « savoir : l'intérêt bien entendu de toute 4 ]a province de Québec.
“ Je n'ai pas à rougir de ce sentiment “ que partagent les libéraux et les con-
gré que j'aie aimé jusqu'ici à me classer parmi les intransigeants, je scrai heureux de m'unir à l'homme qui déclarer:
mort aux partis pour faire des affaires dans le grand sens du mot.
Je reste dans l'expectative ét d'ici à nouveaux faits, je garde cette splendide déclaration de M. Mercier comme garantie.
J'adore l'opportunisme bien entendu comme je déteste les coalitions ou les conciliations qui à la faveur de grandes reclames patriotiques ne servent que de marche-pieds à certains ambitieux.
Une coalition qui nous fera faire moins de politique et plus d’affaires, oh! j'en serai de celle-là.
bles du
de mal bles pa-
contre enis ià
mes pudu pays ti.
oins de 48 plus
LE
nt tout fuires et page de un, mal e classer heureux arer’ affaires
d'ici à plendide me ga—
entendu les conides reque de
ux.
re moins | j'en
M. Mercier a été journaliste et s'en est tiré avec avantage.
Ce travail de la plume l'a formé en Jui donnant la texture facile de la phrase parlée et une foule de connaissances.
IL était très fort quoique ce ne fut pas son genre favori et les anciens lecteurs du Courrier de St Hyacinthe se rappellent encore les passe-d'armes de cette époque.
Durant la dernière session, M. Mercier a publié quelques articles dans l'ÆZl/ecteur de Québec. I] fait du journalisme en américain : des faits, des chiffres, des affaires. Jamais de fadaises, point de floriture mais du pratique, du tangibie.
Au barreau sa réputation est fortement assise,
Son succès a été la grande plaidoierie dans le procès Sénécal et Laurier. Il fait époque dans les annales judiciaires de Montréal.
Il plaide beaucoup, spécialement les contestations d'élection dont il se partage la spécialité avec l’éminent légiste québecquois, l’hon. F. Langelier. Il plaît au Banc avec son genre méthodique et sérieux ; on le sait homme de convictions et de droiture éprouvée et la justice aime à se faire éclairer par cet avocat qui appartient à la noble phalange qui ne veut pas ravaler la profession jusqu'à la charlatanerie,
Comme orateur, M. Mercier est placé dans le quatuor qui fait tant d'honneur
à notre race Canadicune : Laurier, Chapleau, Poirier et lui-même.
C'est un orateur à la larve envergure que la nature a doué d’un physique imposant. Grand, solidement bâti, énergique de figure, souple et mobile de physionomie, M. Mercier forme à lui seul un genre à part.
Laurier est plus élégant, plus académique, Chapleau est plus éclatant et plus tumultueux, Poirier plus incisif et plus tranchant, mais, à l'instar de Burko, M. Mercier possède cette:
éloquence mesurée, convaincante et solennelle, cette éloquence qui plait au vulgaire comme aux experts, qui illumine et émotionne sans abuser de la métaphore ou du sentimental, qui part directement d'un cœur chaud et généreux, toujours vibrant au soufle du patriotisme.
Pectus est quod fecit disertos.
Qu'on ne soit pas surpris de m'en tendre parler avec tant de chaleur de cette éloquence, car, voyez-vous, moi, j'ai assisté à toute la session dernière et, surtout, j'ai entendu ce chef-d'œuvre d’é. locution, de sentiments et d'effets qu'a produit M. Mercier sur la question de l'emprunt.
Nous avons un chef éloquent dont la voix interprète avec chaleur et enthousiasme les sentiments de nos cœurs libéraux, un chef dont le discours a arraché un cri d’admiration aux plus
DU
blasés, à ses plus grands adversaires et comment pourrions-nous nous trouver mucts devant de tels efforts,
Remercions cette providence politique qui veille toujours. de nous avoir donné ce puissant avocat et faisons le couserver longtemps à la tribune où les destinées du pays comme les intérêts du parti libéral lui ont fait une place première.
en sorte de
Mais c'est surtout au grand poste de chef que M. Mercier a brillé et telle meut qu’en brisant un peu le vers bien connu, l'on peut dire :
Tel brille au second rang qni éclipse au premier.
La dernière session a été la plus vigou- |
reuse et la plus brillante de toute la Confédération
Une petite poignée de braves libéraux ont mis en déroute, àla voix de leur chef, toute une masse de ministériels.
L'opinion est ébranlée, la panique est dans le camp adverse, il faut changer de ministres — ceux d'aujourd'hui sont écloppés—tout le monde est saisi d’admiration et d’étonnement devant cet énergique résultat et M. Mercier est la grande personnalité du jour.
La presse la plus calomniatrice na pas le cynisme de taire sa surprise,
On avait dit que la nomination de M.
Mercier au poste de chef nous enlèverait la fraction anglaise : voici comment le lérald finit un article très laudatif à l'adresse de M. Mercier :
“ Cet éloge du chef de l'opposition est bien mérité et ne contient que la vérité.
De fait, ils sont rares, ceux de ses adver-
|saires qui refuseront de lui rendre la
même justice, M. Mercier a bien gagué ce témoigvage flatteur : et les hardis compagnons (plucky fellows) qui l'ont secondé méritent aus+i leur bonne part de félicitations, Leur travail a été cousidérable ; mais c’est surtout le mai qu'ils o1t empêché en dévoilant le danger aux yeux du pubiic, qui est incalculable.”
Quelques autres ayant insinué que M. Mercier n'avait pas attiré l'attention du pays et de la députation aussi effectivement que les libéraux le croient, le Jowrnul des Trois-Rivières répond ce qui suit :
‘6 Un fait certain, c'e-t que jamais administration ayant uue aussi forte ma-
|jorité, n'a été plus harcelée, moins heu-
reuse dans la défense de sa politique et en somme aussi faible aux yeux même de ses amis. La députation se sépare nou pas avec la confiance que l’état de choses actuel subsistera, mais plutôt avec l'idée qu'il y aura remaniement pendant la vacance.”?
Oui, ça été une déroute complète.
Devant M. Mercier et ses vaillants adjoints le ministère a retiré, retranché, métamorphosé ses mesures ; il n'a pu se sauver que par le silence et le dévouement inconscient d'une majorité qui ne s'appartient pas.
Il fallait voir le chef de l'opposition à l'œuvre.
Jour et nuit à l’étude,à l’organisation, à la tribune et aux interpellations, Ja-
sition est a vérité.
es adver.
rendre la en gagué ss hurdis 1 l'ont separt de cousidéqu'ils ot wer aux able,”
; que M.
ntion du effective- Je Jourd ce qui
imais adorte imains heulitique et même de ‘pare nou de choses vec l’idée nt la va-
complète.
ants adetranché, l'a pu se
dévoue-
Josition à
nisation, ns, Ja-
Sat és ES
mais faillissant, toujours au poste, par.
lant en moyenne cinq ou six heures par jour, M. Mercier nous a donné le vrai type du pilote fidèle et habile, tenace et convaincu qui ne veut céder à personne, pour un seul instant, la direction de la barque.
Les récifs sont nombreux, mais heureusement le parti libéral entrevoit le port.
D'ici à, ne faillissons pas. Confiance en notre destinée, confiance en notre programme, confiance surtout en ce chef qui dans deux mois et demi nous a fait faire tant de chemin et dans l’en-
ceinte parlementaire et dans l'opinion publique.
Que nos ennemis ricanent et se mo quent d’un parti qui a encore du dévouement pour un pays qui le reconnaît pas.
On dit que le parti libéral se meurt !
Eh ! seraient.ce les derniers événements qui dénoteraient cette agonie ?
Cela fut il que, nous tous libéraux, uous pourrions dire avec l'illustre auteur
du Cip :
Mourir pour s1 patrie n’est pas un triste sort, C’est s’immortaliser par une belle mort !
Trois-Rivières, avril 4, 1883,
St eee me ET ne me à mom ce mm,
G WW. STEPHENS
Assemblee Legislative de Quebec
G. W. Stephens
d'Assemblée, À Québec, ne compte, il est vrai que quinze survivants.
Mais, je ne crois pas qu'on puisse, en un aussi petit nombre, trouver plus de variétés frappantes autant dans l'ordre moral que das l’ordre matériel.
À part les avocats, les notaires, Îles médecins, nous avons un littérateur, non pas par accident, mais qui a des volu-
mes à son crédit ; un riche et habile exportateur de la race bovine, trafic qui est en train d'enrichir tout le pays ; un petit noyau de cultivateurs dont s’honore la députation ; un navigateur expérimenté qui ne contribuera pas peu à diriger la barque libérale sous les auspices de la STELLA M ATUTINA.
Il ya. cependant, quelque chose de plus dans notre groupe. Quelque chose de pas commun du tout. RARA Avis.
C'est un millionnaire !
Et l’on dit que nous sommes les pupilles de la misère, nous qui avous des millionnaires dans la proportion de un sur quinze,
Et, remarquez-le bien, sur les banquettes de l'opposition !
Tout autre que notre ami distingué, Geo. W, Stephens eut, à l'écart, tranquillement joui de ses vastes revenus, sans accorder même un regard distrait à nos combats plus obérants que lucratifs.
À quoi bon ces infimes détails de la politique ? qu'importe le tarif des douanes, les manipulations des cliques, le relèvement national quand on a, à côté de soi, le Pérou en miniature ?
L'égoïsme eut raisonné de la sorte.
Mais, et c’est là ce que j'admuire, M.
Stephens s’est jeté tout entier dans la lutte exténuante que nous livrons dans cette province surtout. Il n’a consulté que les enscignements d’un esprit sain et d'une expérience formée et développée par quarante ans de travaux continus.
Il est aujourd’hui, à l'assemblée, à un poste premier, droite du chef, avant garde de la petite armée.
Par”
Comme cela se dit: on se fait des imaginations sur les hommes dont on en tend souvent parler.
La folle du logis leur donne une figure, un physique, un passé, un tout qui lui plait mais que la réalité détruit.
C’est ainsi qu'elle a pû faire croire à plusieurs que le député de Montréal-
| Centre a toujours vécu dans un langou- |reux fur-niente ; que sa jeunesse et les | années qui l'ont suivie se sont passées | dans l’indolence,
Qu'on se détrompe. D'ailleurs, pour beaucoup c'est déjà fait, car beaucoup | ont vu le député à l'œuvre.
| It à l'œuvre on comprend son homme.
Les détails biographiques sont encore plus éloquents. Ils prouvent en même temps combien nos co-nationaux, les anglais, sont pratiques en formant leurs enfants.
Opulents ou dans la gêne, règle presque absolue, on travaille à en faire des hommes utiles.
George Washington Stephens, est né vers 1833, au beau milieu de la grande tourmente qui est à notre histoire ce que 89 est pour celle de ja mère patrie.
L'air du temps, tout chargé d'électricité et d'imprévu,n’a pas peu contribué à
façonner cette énergie latente qui est le
[fond de son caractère. C'était alors, l’âge de fer : on dit que nous sommes, ou bien près, dans | âge d’or.
{ya tant de gens superlativement complaisants pour le temps où ils vivent.
Qu'importe, c'est un détail.
Il reçut une instruction commerciale avec une forte teinte de classique, selon le système des Æigh School. Après quelques années d'emploi dans un magasin de la campagne, le jeune commis passa successivement au commerce du fer, de la mercerie, des épiceries et des approvisionnements,
Jgou— et les
assées
pour ucoup
‘nime.
encore même les anleurs
» pres ire des
est né grande ce que
électri— ribué à et le
alors, nes, ou
vement vivent.
erciale selon Après magaommis ce du et des
Il s'initiait ainsi aux détails simples mais essentiels du commerce. Cette connaissance est la bâse des plus grandes
réputations commerciales où économiques: |
sans les détails, vous avez la statue à tête d'or, wais à pieds d'argile,
En 1854, M. Stephens entrait dans ‘armé: des commis-voyageurs, Cette institution n'avait certes pas alors l'im-
, . . | portauce et l'extension qu'on lui re-
marque de nos jours, mais elle fut un excellent moyen de voir, de convaître, d'amasser des trésors d'expérience.
Si l'auteur du proverbe, pierre qui roule n'amasse pus mousse, a voulu fronder le gout du voyage,m'est avis qu’il a eu, un tantinet, la berlue.
Vous voyagez, ou dans l’ancien monde ou dans ces pays, hier, vierges encore, aujourd'hui plein d'une activité violente et générale. De suite, dans votre esprit observateur se fait le grand travail de la comparaison. Vous recuecillez, vous amassez pour l'avenir. Ceci comblerait une lacune chez vous, cela perfrctionnerait uue institution indigène. Ainsi de suite,
C'est après avoir ainsi voyagé pour le commerce et pour lui-même que notre ami se livra à l'étude du droit, pour la queile, dit-il, il avait toujours eu une inclination tort prononcée.
En novembre 1863, le Barreau de sa ville natale, l’admettait au nombre des siens.
Il fut plusieurs années, le sociétaire du célèbre M. Perkins. Ce bureau s’oc-
cupait surtout des grandes contestations commerciales et tenait une place éminente au premier rang.
Entr'autres causes de renom auxqu'elles M. Stephens attacha son nom, je re.
marque, et chacun se rappelle cet incident mémorable, la fameuse cause de “l'Indian Marriage :” Connoliy vs.
Woolwych.
Le cadre de mes notices biographiques ne me permet pas d'en citer d'autres ; je m'en console en sachant que M. Stephens ,n a pas besoin de ma plume pour conser- | ver vivace le souvenir de son passage au Barreau.
Je dis, de son passage, En effet, le député de Montréal-Centre a laissé la profession active depuis un bon nombre d'années.
C'était pour se livrer tout entier à l'administration de la fortune collossale | de son père H. Steph:ns. Citte oceupation contribua plus que tout le reste à le | familiariser avec le haut monde de la finance, de la Bourse, où l’on brasse les millions, édifie ou immole des fortunes.
A la mort du père millionnaire, notre ami, joignant son propre pécule à la maenifique part de succession qui lui revenait, se trouvait au nombre de ces rares et heureux mortels qui sont comptés sur les doigts de la main et que l’on appelle millionnaires.
M. Stephens a été treize ans échevin de Montréal ei a souvent servi de maire.
En 1881, Décembre 2, la division
centre de la grande métropole l'envoyait représenter ses nombreux intérêts, à l'ombre du drapeau libéral, à l’Assemblée Législative de Québec,
Il partage maintenant ses jours entre l'étude et la gestion de ses propres biens, Sa santé est, en apparence, excellente.
Le demi-siècle d'existence n'y paraît pas, et nul, plus que notre ami, n’a l'air plus décidé de vivre longtemps.
Le député de Montréal Centre n’a ni les préjugés de caste, ni ceux d'un esprit national outré.
J'aime a reproduire textuellement ce qu'il m'écrivait :
“Tama thorough canadian, not an “ Englishman or a Frenchman but a … solid canadian. Lam a thorough li- “ beral desiring to see every one of in y ‘ countrymen able to read, to write ani “ figure, and long to see the day when ‘ we shall all unite in calling ourselves * canadians and pulling together for the ‘“ common-200d .”
‘ Je suis un canadien dans tonte la ‘ valeur du terme ; pas un anglais ou ‘“ un descendant de la France mais un “ vrai canadien. Je suis également li- 4 béral décidé et convaincu ; mon grand “ désir est de voir tous mes compatriotes ‘“ en mesure de lire, d'écrire et d’ali- ‘ gner des chiffres. J'attends avec im— ss patience le jour, où, nous unissant en “ notre titre de fils du sol, nous uu:irons “nos efforts pour marcher à un but “ commun : le bien de tous.”
Ce sont là des paroles d'hommes serieux et de bonne volonté,
Qu'importe les dénominations natio-
nales, trop sonvent exagérées ? Le sort a voulu que, sous un même ciel, vécus. sent divers peuples parlant ou croyant diversément, eh bien ! que tous les angles disparaissent quand il s'agit de marcher pour les intérêts communs.
Car, le Canada, c: n'est pas seule.
ment la patrie des canadiens frauçais c'est celle de tous ceux qui y sont nés ou qui l'est adopté. Anglais, Irlandais, Ecossais, où Canadiens-français nous sommes tous des co nationnaux.
Le vœu de M. Stephens sera peutêtre, avant longtemps exaucé, Un jour viendra où nous verrons, la main dans la main, marcher et agir les hommes de bonne volonté.
Les couleurs de elochers seront ou bliées et ceux-là seuls qui pourront réu— nir assz d'abnévation et de droiture pour n'être plus que des hommes d’affaires, ceux-là seuls auront droit aux acclamatious du présent «tà une meution dans la postérité.
Cette profession écrite cadre bien avec toutes celles que nous avous recueillies depuis deux années de la bouche du député de Montréai-Centre,
Je l'ai insérée ici pour faire connaître à notre public que, loin ‘l'être un fanatique ou un extrémiste, M, Stephens sera uu des plus vigoureux à mettre l'épaule à la roue.
L'heure de la grande évolution arrive :
il est bon de nous compter.
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J'aime le genre de M. Stephens. A lui seul, il a plus de concision et d abondance, de précision et de plénitude que tous les DEBATERS contemporains de nos Chambres.
Sa devise c'est le multum in brevi.
Il y tient religieusement et se forme tous les jours un groupe eroissant d'admirateurs Je dirai plus, il fait école à Québec.
Caustique et souple dans la forme, mais d'une rigidité mathématique quant au fond, il a produit de vrais petits chefs d'œuvre dans l’art de traiter agréablement, élastiquement, les sujets les plus abstraits. Ce n’est pas l’orateur à front ridé et soucieux, raide comme un chiffre et froid comme une équation à deux dégrés. Non, à mille lieues de là, Il fait bon de l'entendre disséquer un budget avec une aisance qui est toute élégante, pimpante et sans fard.
Les bons mots pleuvent, les tournures de phrases sont originales et gaillardes, les chiffres les plus informes s’humanisent dans cette élocution tout à fait exotique dans nos Parlements.
M. Stephens a beaucoup du père Thiers qui émaillait de traits piquants et jovials les plus ténébreuses dissertations budgétaires.
On me disait que ce genre oratoire n’était pas du goût de tout le monde, que plusieurs le critiquaient immensément et lui apposaient dédaigneusement l'appellation de ‘genre à la Mark Twain.”
Bah! qui ne rencontre pas de censeurs, de dissidents ? La critique mais La Harpe trouvait matière à vingt pages, grand folio, petit type,dans la cri ique d’Athalie. Et puis Mark Twainn’est pas le premier venu. Il fait rire,
mais il flagelle; il a hérité de la verve de Dickens pour tuer par le ridicule les erreurs et les bouffonueries de son temps, Castigat ridendo mores.
Le genre de M. Stephens plaît et doit plaire. S'il fait rire le spectateur des supplices qu'il inflige à la coterie d'en face, ce n'en est que mieux.
Des larmes pourraient faire croire à la sympathie.
M. Stephens est élégant, coloré et toujours correct quand il parle en public ou à l’Assemblée, Son sang-froid ne se dément jamais.
[1 parle le français très-bien, il le comprend encore mieux et il aime à répéter dans notre langue les parties de ses discours les plus importantes et que certains députés n'auraient pu comprendre.
Savoir les deux langues, c’est le com plément de l'orateur dans notre pays.
M. Stephens est au nombre de nos plus studieux députés. Il possède une science générale et approfondie, I] sait le latin et sait aussi avec un extrême À propos faire valoir cette connaissance.
Rien ne le prend au dépourvu et je crois qu'avec M. Marchand, c'est celui qui possède le plus gros bagage de ces maximes, proverbes, pensées, etc., qui donnent tant de poids à une période ou à une vive interpellation
M. Stephens est appelé à un rôle important dans le parti libéral ; son nom inspire de la confiance comme celui d’un chef ; nul doute qu'il aura sa place, et une place honorable dans toute combinai.
son ministérielle, résultant du triomphe des libéraux.
Trois-Rivières, 20 avril 1883.
JAMES MESHANE