DÉPUTÉ DE MONTRÉAL-OUEST
ASSEMBLEE-LEGISLATIVE DE QUEBEC
EE
M. JAMES McSHANE
L'énuté de Montréal-Ouest
On trouverait difficilement à Montréal, un homme plus actif, plus entreprenant que M. McShane Doué d’un tempé rament énergique, il possède à un haut:
degré les qualités caractéristiques de sa rac® ; d'une activité fébrile, il saisit bien vite les détails comme l’ensemble d’une question. qu'il analyse avec une grande lucidité d'esprit. Tout est mouvement chez lui. Il ne craint rien, ne recule devant rien et parvient toujours au but proposé.
Entré de bonne heure dans le commerce, il y a très-bien réussi ; il a voulu être Echevin, il l’a été, plus tard, l'idée lui est venue d’être député, il l’a été et représente encore au Parlement de Québec la division la plus importante de la province : Montréal-Ouest. On a beau lui faire des luttes acharnées, il sort toujours vainqueur du combat. Fils de ses œuvres et travailleur infatigable il ne se permet jamais de repos ; plus la
Il doit ses premières études à un instituteur intelligent et dévoué, M. Daniel Mahoney, dont il vénère le souvenir. Il termina ses études au Séminaire de St- Sulpice. A peine avait-il quitté les bancs de l'école qu'il se livrait au commerce, à un commerce nouveau dans le pays: celui des bestiaux. Il réussit
parfaitement. obtint des contrats impor— tants du gouvernement et se livra tant au commerce local qu'à l'exportation. à l'instar de son père, qui avait inauguré ce commerce, il se créa de belles relations en Europe et donna le premier élan à un négoce devenu depuis très-important.
Tout le monde s'accorde à rapporter à M. MeShane l'initiative, l'honneur et le mérite d'avoir développé le commerce des bestiaux entre le Canada, les Etats-Unis et l'Europe.
Pendant seize ans, M. McShane a occupé avec honneur, un siége d'Echevin au Conseil-de-Ville de Montréal. Il y a exprimé de très-bonnes idées et contribué à la réussite d'excellents projets, inspirés dans l'intérêt de la ville.
Tour à tour président du comité de l'Hôtel-de-Ville et des marchés ; il a rem-
tâche esv difficile, plus son ardeur se ma-|pli ces fonctions importantes avec hon- t
nifeste, Un échec n’a d'autre effet que | neur pour lui et avantage pour la cité; la : celui de redoubler son courage. il fut aussi un des membres les plus uti- Sha Monsieur James McShane est né en |les du comité des finances ; le grand On 1834 ; il a donc aujourd'hui quarante | comité par excellence du conseil de ville sias! huit ans révolus, c'est un âge assez avan- | de Montréal. lors cé chez ia plupart des hommes, pour lui] . la Chambre de Québec, aux deux Pre: c’est encore très-jeune. dernières élections, il a souvent pris part la g
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aux débats avec un succès marquant.
Libéral sincère en politique, M. McShane na jamais connu les défaillances ; il a su résister maintes fois aux offres sédui santes des conservateurs, préférant les luttes souvent st‘riles de l'opposition aux honneurs mal acquis du pouvoir. Aussi jouit-il du respect et de l'estime de ses chefs et collègues de la chambre, amis et adversaires. Ov le consulte sur les mesures importantes, autant à cause de son excellent jugement que de sa grande justesse d'appréciation.
Durant la dernière session, M. Me Shane s’est distingué en prenant une part très-active aux débats. On a beaucoup remarqué ses discours sur le Budget et sur l'état de dilapidation dans lequel gisent nos finances. Homme de chiffres, M. McShane démolissait, par la logique et le calcul, l'échaffaudage boîteux du Trésorier Provincial, entraînant toujours les bravos enthousiastes de la chambre.
Toujours à son poste, notre ami était constamment sur la brèche, prêt à dé.
fendre la bonne cause, harcelant l’ennemi par ses sorties inattendues, accompagnées du sarcasme le plus mordant.
Un incident de la dernière session est la rigoureuse défense faite par M. Mc- Shane des droits attaqués de son pays.
Où se rappellera longtemps le vif enthousiasme qui s'empara de la chambre, lorsque justemeat blessé de l'attitude du Premier Ministre, notre député évoqua la grande figure de Parnell, l'éminent
patriote, défenseur des droits de l’Irlande aux Communes anglaises. Aux accents d'une voix émue, on sentait les battements de son cœur ; ce jour-là fut pour M. McShane un jour de triomphe et une fervente manifestation de son patriotisme.
M. MeShane est un ami sincère, pos- Sèdant un cœur d'or. Il aime à rendre service et nombreux sont ceux qu'il a obligés, et même secourus.
Il est très sympathique aux canadiens français ; 1l aime à parler leur langue et à prendre part à leurs luttes, à leur travaux et à leurs plaisirs. Sa maison est ouverte à nos compatriotes et il leur donne une généreuse et loyale hospitalité que les grands et les petits sont heureux de partager.
A la dernière session il a donné une preuve irrécusable de son amitié pour les canadiens-français. Les journaux ayant rapporté que M. Foster, ambassadeur américain à Montréal, avait insulté les canadiens-français, M. McShane se leva en Chambre pour revendiquer l'honneur de nos nationaux et le fit avec cette chaleur d'expression qui lui est particulière et en profita pour dire tant de bien des nôtres, qu’il reçut les applaudissements unanimes des deux côtés de la Chambre.
Il n’a fait là, d’ailleurs, que continuer l'œuvre de toute sa vie. Au Conseil, il a toujours été l'ami des canadiens.
français et plusieurs lui doivent leurs positions, et de belles positions.
M. MeShane est avant tout catholique ; ilest convaincu et agit conformément aux ordres et enseignements de son Eglise. Toutesles œuvres religieuses et nationales trouvent en lui un appui sincère et généreux, un intrépide défeneur,
Il a fait beaucoup pour l’encouragement de l’émigration et contribué sa part à l'amélioration des classes ouvrières.
Celles-ci ont toujours trouvé en lui un ami réel et c'est à elle qu'il doit une large part de ses succès dans la vie publique.
M. McShane exerce une influence considérable sur ses compatriotes avec lesquels il sait s'identifier dans toutes les grandes occasions. Il a plusieurs fois refusé la présidence de la société St.
Patrice, qui l’aurait élu par acclamation s’il l’eût voulu. Il n’a pas voulu accepter la candidature à la mairie, l’hiver dernier,lorsqu'il avait les meilleures chances possibles de succès.
{1 porte : un vif intérêt à toutes les sociétés athlétiques, il est membre honoraire pour la vie de plusieurs clubs importants et président actif du célèbre
club Shamrock, une institution qui fait honneur à la cité de Montréal et qui porte vaillamment le titre de champion du monde.
Notre ami tint de ses parents, l'es prit libéral, le caractère énergique et les sentiments patriotiques qui l'animent.
| Son père, M. James MecShane, natif du comté d'Armagh, Irlande, a occupé pendant près d'un demi siècle, une position importante dans le commerce de Montréal et parmi la population irlandaise. Ii vint au Cauada en 1821 et est aujourd hui âgé de 83 ans. Il a toujourjoui d'une forte considération due à uvre vie honorable et sans tache et à une fermeté inébraulable de ses convictions de catholique. C’est un patriote éprouvé, un libéral de la vieille école qui se distinguait au premier rang dans la phalange qui combattit sous le drapeau des Lafontaine, des Baldwin et plus tard des Dorion et des Holton.
Convaincu de la nécessité et des bienfaits de l'éducation, il s’imposa les plus grands sacrifices pour faire instruire sa famille et la mettre en état de jouer un rôle utile dans le monde.
Le député de Montréal-Ouest ne tiendrait pas de son père s’il n'était pas patriote et libéral.
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à à Horn. EH. G. JOLY
DÉPUTÉ DE LOTBINIKRE
ASSEMBLEE-LEGISLATIVE DE QUEBEC
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L’Hon. H. C. Joly.
Nous donnons aujourd’hui la biographie d’un homme universellement connu et estimé. Je crois même qu'en compilant indistinctement ce qu’en ont dit ses adversaires, cela formerait déjà un éloge suffisant, tant l’Hou. Joly impose de respect à tous.
Peu de vies ont été plus remplies, plus irréprochables,
Cette vie compte déjà bien des lustres puisque l'exchef de l’Opposition Provinciale a cinquante quatre ans bien s onnés.
Le physique a peu vieilli, sauf la che velure qui est d’un blanc neige,
Au moral, M. Joly est d’une verdeur, d'une énergie en plein épanouissement.
Ce n'est pourtant pas qu'il ait suivi que des sentiers faciles. Il eut pû se croiser les bras et, en seigneur d’un autre âge, se laisser vivre indolemment.
Sa fortune le lui permettait. Cependant, ceux qui comptent tant soit peu d'années, savent que le député de Lotbinière a, à son crédit, une carrière de luttes incessantes et de combats que l’histoire relatera.
C'est surtout la grande persevérance qu'il a montrée, toujours et toujours, qui est plus admirable chez lui.
Chef d’une opposition qui semblait retenir par bail éternel les frigides régions
de la gauche; constamment méconnu d’une province qui n'eut jamais de meilleur ami et suivi seulement d'une poignée de députés, il n'a pas, un seul instant, je ne dirai point failli, mais même songé à examiner de près les miroîtement de la tentation.
Et l'on sait si elle est perverse la ten— tation politique.
Comme l'Hon. McKenzie, aujourd’hui
M. Joly combat en soldat sous uu chef
qu'il a désigné lui-même, et librement.
Il a compris que là où certains esprits étroits ne voient que déchéance, il ne s'est fait qu'un mouvement stratégique demandé par les circonstances.
A la chute du parti libéral anglais, Harthiogton n’a-t-il pas pris les rênes de ce parti ct Gladstone perdait-il de son importance pour cela ?
D'ailleurs, comme M. Joly le disait lui-même, l'âge ne lui permet plus de lutter avec l'ardeur d'autrefois.
Sa part est surabondamment faite, et il cède le sceptre à un autre.
Il peut aujourd'hui s’adonner plus complètement à des occupations favorites et d’un caractère national comme le re— boisement.
Henri Gustave Joly, est né en France, le 5 décembre 1829, du maïiage de Gaspard Pierre Gustave Joly, seigneur de Lotbinière, et de Julie Christine Chartier de Lotbinière, dont le père fut Conseiller Législatif.
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Il fit ses premières études à Paris.
Quand sa famille retourna au Canada, il se consacra à l'étude du Droit, et c'est en 1855 que le Barreau l'admettait parmi les siens
C'est aussi vers cette époque qu'il épousa mademoiselle Gowen, cette femme d'esprit et de tact que savent apprécier tous ceux qui la connaissent.
Dès sa vingt-cinquième année, M.
Joly s occupa d'affaires publiques et nationales.
Bien vu de toutes les nationalités, quoique calviniste de religion et anglais d’apparence, il faisait présager le rôle imporant qu'il serait appelé à jouer sur.notre
cène.
Dans la suite on le trouve Président du Bureau d'Agriculture de cette pro:
vince, de la Compagnie du Chemin Gosford, de la société pour l'Encouragement aux Arts et [Industries et vice-Président de la Royul Humane Society of B. N. A.
Il prenait siége au parlement vers les dernières années de l’Union, en 1861.
Depuis ce jour il n'a pas, un seul instant, cessé de représenter le grand comté de Lotbinière, aux deux Chambres, lors du double mandat, et à Québec depuis.
Le parti conservateur a essayé deux fois entr'autres de lui faire subir une défaite, Son candidat, M. Guillaume Amyot, alors rédacteur du Courrier du Canada et aujourd'hui député de Bel-
lechasse, mit en œuvre toutes les inventions de l’Znfluence Indue ; mais le comté de Lotbinière ne broncha point.
L'Hon. M. Joly jouit dans son comté d’une influence que peu d'hommes peuvent se vanter d'avoir eu ailleurs ou là— même.
Cette influence répose non-seulement sur les convictions libérales des électeurs de Lotbinière, mais aussi surle grand respect que M. Joly leur inspire.
De tout temps la famille Joly a été une source de prospérité pour Lotbinière, de secours pour les destitués de la uature et du sort et, pour ceux qui ont eu l'occasion de parcourir ce comté, il est aisé de voir que la vertu de reconnaissance existe à Lotbinière pleine et franche.
En 1867, M. Joly prit la direction du parti libéral à Québec.
En ce temps-là, l'opposition comptait la moitié moins de membres qu’aujourd’hui et il fallait du courage pour lutter contre un parti formidable.
Néanmoins à chaque session, M. Joly, revenait avec son groupe d'amis blâmer la mal administration, mettre le peuple en garde et prédire un sombre avenir...
lequel sombre avenir est aujourd'hui une actualité.
| TEt il est sombre en effet.
M. Joly a surtout lutté contre les rings de chemins de fer qui ont amené la crise actuelle.
Vers 1875 le groupe de spéculateurs, rois et maïtre aujourd'hui, faisait son entrée par le scandale des Tanneries : a l'avant dernière session, il nous volait
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notre chemin de du Nord, comme finale.
M. Joly peut se rendre le témoignage d'avoir constamment prédit le malheur.
Si le peuple l’a méconnu, à lui d’endu rer maintenant tous les maux qui l'accablent ou sont imminents.
Lors de la construction du chemin de fer du Nord, ou plutôt, lorsque la loi statutaire, qui y pourvoyait, fut discutée, M. Joly s'opposa fortement, non pas à la construction, selon que des badauds de la presse le dise, mais au mode de construction.
Pourquoi ?
La Province avait déjà trop d’obligations et de gaspillages. Il prévoyait des embarras prochains.
On ne voulut point écouter et peu après, obligés d'imposer des taxes, Îles
conservateurs subissaient le veto de
Letellier et passaient à l'Opposition.
Tout naturellement M. Joly fut appe lé à former l'Exécutif.
C'était en 1878.
Il se donna pour collègue MM. Bachand, Marchand, Langelier, Chauveau, Starnes, un peu plus tard, M. Mercier.
Les élections lui accordèrent d'abord une majorité problématique, grûce aux députés qui mentirent à leur mandat en nc donnant pas au nouveau gouverne ment le loyal fair play promis devant l'électorât.
Quelques mois après, Rouville, Verchères et Chambly portaient la majorité à six ou sept.
nas mnt crée mnt
M. Joly commença alors sa politique d'économie.
Pour ne pas revenir sur des faits que chacun se rapp:lle très-bien, disons seu lement que la belle économie de $220.- 000.00 fut opérée malgré les obligations contractées par les cabinets précédents.
M. Joly avait donc tenu parole et la province allait donc jouir d'une véritab'e administration économe,
L'intrigue n'avait cependant aucun repos. La clique qui convoitait le chemin de fer du Nord craignait que M.
Joly le louât ou le veudit et alors,
Adieu veau, vache, cochon, couvée !
Tout fut mis en œuvre et, un beau matin, sans raison, sans prétexte de bon aloi, MM. Chauveau, Paquet, Flyaon, Racicot et Fortin nous abandonnaient,.
Depuis, Sénécal a agi comme chacun le sait. M. Chapleau est à New-York, honteux de revenir dans son pays qu'il a honteusement joué et ruiné ; Sénécal est une puissance devant laquelle la vertu politique de la plupart disparaît comme beurre en poële et.........……, . l'Hon. M.
Joly est toujours au milieu de nous, entouré de prestige et de respect.
M. Chapleau a fui nos parlements en se donnant un successeur irresponsable que la justice a achevé de ‘‘ désemparer. ” M. Joly s'est désigné un successeur, mais continue à travailler pour une province trop aveugle, trop ignorante pour connaître ses vrais amis.
Quelque soit le rôle que joue M. Joly
itique
ts que s seu ations dents.
, et la ritab'e
aucun ; chejue M.
ée !
n beau de bon Flyan, aient.
chacun York, qu'il a écal est vertu comme Hon. M.
us, en-
ents en onsable sempa— succespur une norante
A. Joly
Pt, en
dans l'avenir, je puis dire que le seul
En 1872, L. O. David disait du dé-
fait d'avoir prédit ce qui arrive aujour-| puté de Lotbinière :
d'hui, de s'être mis en travers des cliques depuis 1867, d'avoir dénoncé chaque jours le progrès du mal, ce seul fait suffit pour une carrière,
Aujourd'hui, c’est la banqueroute, l'anarchie dans le parti, la corruption en haut et en bas : tout cela, M. Joly voulait nous le faire éviter.
Le député de Lotbinière a fait pour l’agriculture, les chemins de fer, le reboisement, la moralité politique plus que tous ses adversaires ensemble et, quand il laissera l’arêne politique, il aura droit de se dire : j'ai fait peut-être plus que je ne devais faire pour une province qui certainement a fait moins qu'elle devait faire, sinon pour moi, au moins pour ellemême.
Pa
L'Hon. M. Joly est un orateur exeessivement onctueux et agréable. Rien de blessant dans l'expression ou la diction.
Ça coule de source.
Ce n’est pas le type de l'orateur des masses, et pourtant, peu d'hommes s’en emparent comme lui. Tout chez lui, quand il parle. respire la conviction et contribue à inoculer cette conviction chez autrui.
J'aime à entendre ces courtes mais substantielles improvisations dont M.
Joly émaillent nos séances sessionnelles à Québec.
* Orateur aimable, à la parole souple, ‘“ élégante et facile, polie, originale et ‘ caustique, à la repartie fine. Denué Jde * fortes passions, délicat et mesuré dans ‘“ ses paroles comme dans ses actions, ne “ recherchant ni le bruit ni l'éclat, son ‘“ éloquence n'offre pas les grandes émo- ‘ tions, les élans spontanés qui consti- ‘“ tuent le véritable orateur; sachant “ néanmoins décocher un trait avec ha- ‘ bileté mais retenant toujours à demi la ‘ main pour ne pas trop blesser son ad- “ versaire.”
J'ai bien admiré, en 1879, la manière calme et solennelle dont M. Joly traita la grande question constitutionnelle.
Je fus ému de cette tranquillité en face des intrigues, des trahisons et des malheurs de toutes sortes et je me rappelle spécialement le résumé tout bref qu’il fit de la situation.
Je l'ai conservé dans mes notes; le le lecteur sera à l’aise de relire ces quelques lignes, que voici :
‘ Nos adversaires battus dans la province mais non découragés, ont pris le parti de fouler aux pieds notre autonomie et ont demandé le secours des autres provinces. La province de Québec est seule compétente à juger si le renvoi d'office du cabinet de Bourcherville était sage ou non, et je crois qu'elle s'est prononcée assez énergiquement en faveur de ce renvoi. Est-ce qu’à l'avenir, le Lieutenant- Gouverneur d’une province devra demander au cabinet fédéral si tel ou tel acte
dre croate me no ou mb
qu'il se propose d'accomplir est bon ou mauvais ? D’après la doctrine de mes honorables amis de l'opposition, c’est là, suivant moi, la position que l'ont veuc faire au chef de l'exécutif provincial.
Est ce que la Chambre des Communes doit être la directrice des actes du Lieutenant- Gouverneur ? Il serait bien difficile de se conformer à sa volonté, car l’an dernier, elle vatait la non intervention et cette anuée, un vote contraire a été donné.
Lequel des deux votes doit être suivi ?
En ouelle année la Chambre des Com-— munes a-t-elle eu tort au raison.”
On aämirera toujours cette calme exposition de faits en temps d'imbrog/io et de tourmente comme celle de 1879.
Pour finir cette exquisse biographique à laquelle j'aurais voulu consacrer plus de temps et d'espace, je citerai un paragraphe que contient l'Opinion Publique de 1872.
‘# Quoi qu’il en soit, M. Joly est un ‘‘ de ces hommes dont un partiet un ‘© pays s'honorent avec raison ; homme ‘ do bien ! qui ont tout ce qu'il faut ‘pour gouverner leurs semblables excep- ‘‘ ter peut-être, ce qu'on ne devrait pas ‘‘ avoir et ce qui ne serait pas nécessaire ‘“ dans une société vraiement morale.
‘ Homme de principes et de convictions “ qui méritent d'autant plus la popula- “rité qu'ils la recherchent moins. M.
“ Joly est sans doute de ceux qui croient ‘ que le vrai mérite et la véritable gran- “ deur ne consistent pas à avoir plus de ‘ ruse et d'au lace que les autres, mais ‘ plus de vertu et d'honvêteté, Que M.
‘Joly devienne plus habile, meilleur ‘ tacticien, tant mieux |! Mais plaise au ‘“ ciel qu'avant tout il reste honnête ‘ homme ! car, tel qu'il est, ce sera une ‘ des plus belle figures de notre histoire.”
Trois-Rivières, mai 22 1883.
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un me faut ceppas aire rale, 10D$ 1la—
ient Tan:
s de mais , M.
leur e au inête |, une ire.”
Hon. F. GC. MARCHAND
DÉPUTÉ DE Sr. JEAN
ASSEMBLEE “LÉGISLATIVE DE QUEBEC
es
La foodation du Temps vient d'ajou-
Le député de St-Jean s'est attiré plus
ter du relief à ce nom si universellement | particulièrement que tout autre ce com-
conau dans notre province".
L'Honu. M. Marchand est un des plus anciens libéraux qui aient pris place en Parlement, quoiqu'il soit comparative— ment jeune. Son action dans la sphère politique semble augmenter malgré que l'âge ait son cours, et le fait que la rédaction d'un «rgane importaut lui est coufiée aujourd'hui, dénote une vitalité, une forc+ intellectuelle et morale bien digues d être hautement prisécs quand on sait combien sa vie a été occupée, traversée de luttes et souventes fois de déboires.
M. Marchand partage avec l’Hon. M.
Joly le rare bonheur d’une réputation, non-seulement inattaquable, mais respectée par les plus âpres calomniateurs de la presse ou du Austing. Peu d'hommes après s'être jetés dans les plus fortes mê lées, après y être longtemps demeuré sans demander ou accorder de trèves, en sont sortis plus universellement estimés à tous points de vue.
pliment assez inusité dans les parages parlementaires et qui, dans son sens réel comwe dans l'arbitraire, signifie tant et si bien : on dit de lui: c'est un gentilhomme.
Ce qui veut dire beaucoup, et personnellement, et publiquement.
Quand des oseurs ont voulu indirecte- .
ment, oh très indirectement, mêler le nom de M. Marchand à des vilennies politiques, les deux partis en ont fait fi.
Instinctivement, sans questeurs, sans recherche, les hommes bien pensants ont débouté les tentatives,
Ba littérature-—-car M. Marchand est
un littératvur qui a des œuvres à son crédit—il n’est pas moins apprécié. Moins critiqué que Fréchetts, sans en avoir le brillant, l’éclat, il occupe une place première au premier rang.
La carrière de M. Marchand est divi- «6e en trois parties: il a été politique, littérateur et militaire. Aujourd'hui, il est encore tout cela il est en sus, le directeur d’un grand organe libéral.
Cette carrière n'est pourtant pas bruyante comme celle de Mercier, avec des transitions disparates comme celle de Fréchette on classique comme celle de Laurier.
C'est un genre à part basé sur la juste mixtion de l'indépendance de l'esprit et de la bonté du cœur ou encore mieux de dédain pour ceux qui ne le comprennent pas et d'un patriotisme qui retient malgré tout, dans la barque de l'Etat.
Sans être l'intime de l'ex-ministre des T'erres, je crois pouvoir assurer que bien des fois, découragé à la vue de l'ignorance populaire, dégoûté des manœuvres de nos soi-disants gouvernants, il a voulu se retirer de la seène, vivre loin du terrain politique et ne s'occuper plus que des mures qu'il affectionne et qui le payent si bien en retour.
Il n’a pas déserté, pourquoi ?
Pour la grande et simple raison qui a tenu si longtemps sur la brèche les Letellier, les Dorion et les Fournier: c'était un crime de lèse-nation de laisser un pays sans protecteurs en curée à de vrais joueurs de gobluts. (Comme ces distingués libéraux, M. Marchand n'a jamais mêlé l'intérêt personnel à ses fins politiques.
Ce n'est pas lui qui achètera une rancho du produit d'un portefeuille de mipistre.
C'est une note particulière aux ministres de 1878, que le seul changement produit dans leur condition pécunière se
chiffre plutôt near ‘un en moins” que par ‘‘ un en plus.”
Un d'eux a lais:é «on portefeuille pour une jugerie; mais il ne l'a pas eue de oous, et, encure, a-t-il dû convoler en de nouvelles alliances pur l'obtenir.
M. Marchand eut pû faire une fortune en dehors de la politique. Un sien ami en converrait avec moi à la dernière session.
Notaire dans une région populeuse et vivant à l'aise, la clientèle pullulait; mais pour la satisfaire entièrement, régulièrement, il fallait abandonner la politique.
Il ne l’a point fait.
F, G. Marchand est petit fils de Louis Marchand, qui fut longtemps capitaine de vaisseau et fils de Gabriel Marchand qui laissa Québec pour venir à St. Jean, en 1802.
Le père de notre ami fut un des pionniers de cette gentille petite cité de St.
Jean.
Après ses études, M. Marchand fit son tour d'Europe, étudia la littérature française dans Paris même et fit éclater de suite ces mérites littéraires dont tous les Canadiens s’honorent à juste titre.
Il fut reçu notaire en 1855. En 1860 1 fondait, de concert avec l'Hon. C. J.
Labergs, le Franco-Canadien qui a eu sea heures de vogue et que M. Marchand, jor. rédige maintenant avec un succès
enviable.
M. Marchand a été élu pour St. Jean
di
pour 1e de en de
Jrtune mi en es8ion.
ae et , mais ulièretique.
> Louis pitaine rchaud . Jean,
8 pionde St.
nd fit érature éclater nt tous itre.
a eu chand, succès
t. Jean
Se + 2 2 2
en 1867, réélu sans conte-tatiun en 1871, avec opposition en 1875 et 1878.
Secrétaire Provincial en 1878 et ministre des Terres de la Couronne, il déploya beaucoup d'activité et son aptitude à l'administration en fit un homme bien précieux dans c:s temps difficiles.
Il fut, à vrai dire, le ministre de 1 Instruction Publique.
Eu janvier 1862, toujours avec M.
Laberge, il forma uu bataillon de Canadiens-Français : le 2lième d'Infanterie légère de Richelieu. On le fit lieutenant-colonel en 1866.
Lors des troubles occasionnés par Îles féniens, M. Marchand joua un rôle marquant. Il prit, eu 1870, le commandement des bataillons suivants : le Prince of Wales, le 3ième Victoria Rifle, le Gième Infanterie légère Hochelaga, le Dième Royal et son propre bataillon.
Ces troupes avaient été amonés à St- Hyacinthe par Lord Russell.
Aussitôt après l'escarmouche entre les hommes du Col Osborne Smith et les féniens, à Ecclés Hill, le Lieut-Colonel Marehand reçut l’ordre de voler au secours de Smith avec ses douge cents hommes. Après une marche forcée de plusieurs heures, il arriva à Ecclés Hill,
Des hommes bien placés dans le moude militaire firent l'éloge de notre ami et citèrent la rapidité de son action et son saug-froid, en bien des occasions,
M. Marchand s'occupe beaucoup de littérature: il est à la fois bon poête et prosateur accompli.
Ses œuvres dramatiques sont populaires, entr'autres Futenville, Eerreur n’est pas compte, Faux Brillants, Un bonheur en attire un autre.
Le gouvernement foançais lui a envoyé les pales d'officier d'Académie, Il est de plus membre titulaire de l’Académie des Muses Santones, membre de l’Académie Royale du Canada « le beau coup d'autres institutions littéraires et scientifiques.
M. Marchand qui a toujours aimé l'agriculture est le président ou le vices Président de plusieurs associations de ce genre.
Père de 11 enfants dont six vivants, aimant la retraite après ses jours de pariement, il travaille beaucoup entoué de sa charmante famille, je le erois coupé à une œuvre littéraire de longue haleine et j'espère beaucoup ne pas être dKçu dans
ma c‘oyance.
P, À. J. VoyER,
M. JOSEPH SHEYHN