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Joseph Shehyn naquit, en la cité de Québec, en 1829. Il reçut son éducation au Séminaire de Québec. Après avoir laissé ie Séminaire il entra comme commis dans la maison Laurie & Cie, qui étuit alors le plus grand établissement de détail en marchandises sèches.
Les propriétaires de cet établissement ne tardèrent pas à découvrir que leur jeune commis possédait de grandes aptitudes commerciales. Le chef de la mai-
son, M. Archibald Laurie, le protéxea d’une manière toute spéciale. [l le chargea d'aller faire, en Europe, les achats de la maison.
Après s'être acquitté, à la grande satisfaction de ses patrons, de cette besogne encore plus difficile alors qu'aujourd'hui et qui nécessitait un séjour en Europe de six mois, en moyeune, par année, M. Shehyo reçut, un jour, la r‘compense qu'il avait si bien méritée ; on lui annonça qu’il devenait l’un des associés de la maison, Il le fut jusqu’à l'époque où la société fut dissoute par le retrait de M. Laurie qui se faisait vieux.
Après la dissolution de société Laurie & Cie, M. Shehyn en forma une autre avec Messieurs John Sterling et John MeCall. Depuis tantôt vingt ans cette raison sociale fait le commerce de gros sous les noms de McCall, Shehyn & Co, à Québec, et de Sterling, MeCall & Co, à Montréal.
En 1858, M. Shehyn épousa Delle Marie-Zoé-Virginie Verret, fille aînée de M. Ambroise Verret, fabricant de voitures bien connu de Québec et dont l'établissement compte au-delà d'un demi siècle d'existence.
M. Shchyn représente la division Est de Québec, dans le Parlement provincial, depuis de nombreuses années, Il a été une fois élu par acclamation et il a subi deux élections qui ont eu pour résultat, chaque fois, une écrasante majorité en sa faveur.
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Après avoir tour à tour rempli les fonctions de Vice-Président et de Président du Bureau du Commerce, à la deruière réuvion annuelle de ce bureau il a été de nouveau appelé à le présider pendant une année.
M. Shehyn a déjà refusé d'être maire de Québec. Il apparti : à la haute finance. Il est un des teurs de la banque Stadacona, et l'&. ‘es principaux actionnaires de la manufacture de meubles de Drum.
Sa science commerciale est profonde, sérieuse et justement appréciée.
Aidé d'un jugement remarquable et d’une grande énergie, avec des aptitudes rares à saisir tout ce qui peut fortifier une entreprise quelconque qu'il veut mener à bonne fin. M. Sheyhn est parvenu par son seul talent aux positions élevées qu’il occupe.
M. Shehyn n’est pas un orateur véhément et amateur de la forme. Il parle pour dire quelque chose et ne se lève jamais pour prononcer des phrases sans nécessité.
Bien des fois, je l'ai vu hausser les épaules en entendant de verbeuses gens traiter de grave sujets avec des mots, des mots, des mots toujours, et jamais de raisonnement.
Il se réserve pour les occasions propices et quand il parle, on l'écoute. Chacun sait qu'il pèse ses chiffres, possède sa statistique et qu’il ne brisera jamais un calcul pour introduire du coloris dans une expression.
M. Shehyn parle correctement, avec lenteur et une légère prononciation anglaise.
Il parle également bien les deux langues et dans les deux il est concis, lim-
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pide et surtout d’une sobriété d’expression qui ne lui fait dire que ce qu'il veut dire,
Une chose étonne. Il est le député de Québec-Est, c’est à-dire de Ja division électorale, la plus enthousiaste, la plus ardente, lu plus accoutumée aux luttes de Austing.
Et pourtant, cet homme froid, sans élan, sans prétention à l'art oratoire, cet argumentateur réservé et en garde contre les libertés de la parole, y est populaire dans toute la valeur du mot.
Laurier émeut les masses de Québec- Est, Shehyn jes initie froidement aux cho-es de la politique. Le premier entraîne et découvre de nouveaux horizons, l'autre s'appesantit sur le présent et agit en homme de chiffres. Jamais d'éclat, jamais de laisser-aller. C’est du positif, du cool comme disent les Anglais,
M. Shehyn scra le député permanent de Québec-Bst s’il le veut.
Chaque fois qu'il a voulu ‘* résigner ” ses électeurs se sont fâchés tout rouge.
Le fait est qu'avec Laurier et Shehyn, une division sera toujours bien partagée, la mieux partagée.
Il est bon que le pays conserve un fort groupe de ces hommes à sang-froid inaltérable, C'est un contre-poids salutaire.
A l’impétuosité ils opposent la lenteur méthodique, pratique qui fait éviter les désastres. /
C’est donc un souhait bien à sa place que celui de garder en parlement beaucoup d'hommes comme M. Shehyn.
P. A.J. Voyer.
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M. NAZ, BERNATCHEZ
DÉPUTÉ DE
Deux souvenirs personnels se rattachent à ce nom déjà s'avantageusement counu.
Ea février dernier, durant la session, j'étais en retard pour la séance du jour. In entrant dans notre ‘ salon ” de la presse, je prêtai machinalement l'oreille pour savoir à quel point des ‘“ ordres du jour ”’ l’on en était arrivé.
J’entendis une voix nouvelle. Une voix sonore, ronde, bien ménagée qui laissait arriver jusqu'à notre appartement des phrases correctes, d'une simplicité comme d'une clarté attrayantes.
Je me hâtai. Etait-se un ancien député qui se revelait..……… un nouveau qui débutait..…..
C'était le nouvel envoyé de Montmagoy, MM. Bernatchez, fervent libéral que j'estimais depuis longtemps sans le connaître et que j'ai appris à estimer davantage depuis que trois mois de session me l'ont fait apprécier plus intimement.
Dès le premier moment, le député de Montmagay remplissait un devoir de son mandat,
L'on sait qu’à l'instar de Kamouraska, | ment les deux discours de M. Bernatchez