‹ Biographies [microforme]Chapitre 7 sur 23 · MONTMAGNY · texte numérisé non relu

MONTMAGNY

ASSEMBLEE LÉGISLATIVE DE QUEBEC

Montmagny est toujours en ébullition.

Les partis y sont traunchés, presqu'équilibrés. Les électeurs s'intéressent vivement à la chose publique, etla presse avec les incessantes luttes du Austings en ont faits des connaisseurs d'un mérite joliment rare dans notre pauvre province.

On combat toujours. En temps d’élections parlementaires ou municipales, le branle existe toujours.

Le calumet de paix y est aussi inconau que la hache de guerre y règne en maîtresse.

Par abréger, MM. le conservateurs ayant voulu ‘ soufller ” une élection muuicipale à notre parti et le gouvernement leur ayant donner droit en substituant au candidat élu une ‘“ créature ” nommée sous seing-gubernatorial, M.

Bernatchez faisait subir au ministre Blanchet un vrai réquisitoire.

M. Blanchet est un avocat distingué, je le dis avec plaisir, mais hein! M. le ministre, en avez-vous subi une leçon sur le droit municipal !

De l’aveu général, ce jour-là, non seu!e-

ee

furent magnifiques—une heure et quart Jurant—mais ce fut un razia complet des théories municipales du gouvernement.

Nous étions fiers, contents. Une vraie jubilation. Notre petite escouade des 4 15 ”’ comptait une force de plus, et une bonne.

Ce qui parle dans M. Bernatchez, ce n’est point le comédien à phrases fardées à périodes ronflantes et inodores, ce n'est pas la machine routinière, phonographique qui remplace chez d’aucuns le raisonnement, le bon sens.

C’est, tout court, l'expérience, le sens pratique et honnête.

Lamartine a dit que le style était le véhicule de la pensée et je puis dire que chez le député de Montmagny le style correct, froid, signifiant, est bien le corrollaire de la pensée qui part d'une intelligence cultivée bien plus par la logique naturelle que par l'éducation artificielle et superficielle de nos maisons d'éducation.

C'est sans effort, sans apprêt disparate. L'on sent, l'on comprend en écoutant M. Bernatchez, combien ils sont vrais les vers de la Poétique française :

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement Et les mots pour le dire, arrivent aisément, Mon second souvenir.

C'était en mars. La Législature chômait et j'acceptais une invitation du Club de Réforme de Montwagny.

Oa voulait une toute petite conférence

un tout modeste discours sur les travaux de la session.

Pour abnégation, j'acceptai.

Vaut autant le dire suite, l'idée d’un Club de Réforme à la campagne n'avait pas fait travailler mon imagiuation.

Mais je fus bien étonné de voir cette grande salle, bien meublée, décorée des portraits des chefs, fournie de tous les journaux et de tous les documents, entretenue avec un soin minutieux et bondée d'auditeurs, de lecteurs et de causeurs, non seulement le soir de la séance, mais avant, mais anrès, mais toujours.

C'était à n'en plus revenir.

Ah! mes chers libéraux de Québec et de Montréal, c’est à Montmagny qu’on a bien compris et mis en pratique l'appel du chef Blake, à la convention de 1881 :

organisons-nous, ayons des clubs, répandons les journaux !

C'est au club qu’on se renseigne, c'est du club que nait et se conserve l’enthousiasme, c’est par lui aussi, qu'on est toujours sur le qui-vive.

Grâce à cette activité latente, Montmagny a son journal La Sentinelle. M, Choquette, un champion libéral du comté, en est le directeur.

Ce nomet celui de M. Bernatchez vont toujours ensemble.

M. Choquette est un des plus fermes espoirs de notre parti ; il vient de s’allier à l’une des plus distingués familles du pays, les Bender, et tout lui augure un avenir brillant. ,

les

d'un vait

cette des y les €n- , boncausance, rs.

bec et 1’on à 'appel L881 :

épan-

+, c'est nthout tou-—

ont e. M.

omté,

atchez

ermes

s’almilles ugure

amis de St. Thomas, en général.

On a dit que dix justes sauveraient Sodome et Gomorrhe.

Disséminez sur la surface de la province, dix centres comme St. Thomas et la province est sauvée.

Les Bernatchez sont originaires de Bayonne, France.

Ils vinrent en Canada vers 1734 et les annales des paroisses d'en bas de Québec font souvent mention de ce nom.

Nazaire Bernatchez caquit en 1838, à St. Thomas de Montmagoy.

Après avoir reçu une instruction pris maire aussi bonne qu'on la pouvait donner alors, il se fit cultivateur.

Presqu'immédiatement, il fat élu conseiller-municipal et en 1874 onu le nommait secrétaire-trésorier de cette grande et jolie paroisse de St. Thomas, dont le village est maintenant érigé en ville.

M. Bernatchez à établi une ligne de navigation entre St. Thomas et Québec.

Le vapeur Montmagny, construit au coût de $20,000.00 fait honneur à la petite flotte du port de Québec, tant par son élégance que par sa vitesse.

M. Bernatchez agit comme capitaine,

Si j'ajoute à cela qu'il est propriétaire d’un grand magasin à St. Thomas, le lecteur trouvera que notre ami n’a pas beaucoup de loisirs à jeter au vent.

Député, cultivateur, officier-municipal,

Honneur à lui, à M. Bernatchez, aux | marchand, capitaine, voilà de quei occu-

per une journée de vingt-quatre heures.

Depuis 1878, M. Bernatches est maire de Montmagny.

Cette même année, le gouvernement le nomma Maïtre-de-Poste à St. Thomas. À leur arrivée au pouvoir, les conservateurs le destituèrent pour le remplacer par M. Vallée que sa conduite compromettante avait déjà fait chasser de ce poste.

M. Bernatchez s'est toujours mêlé de politique. Ses qualités personnelles de même que l’estiue de ses compatriotes l'y amenaient.

Pendant qu’il était préfet du comté, il rendit au parti libéral des services que nous ne pourrons jamais oublier.

Prenant une part vigoureuse et intel ligente dans toutes les luttes du comté de Montmagoy et des environs, connaissant ‘ ses hommes ” à fond, depuis le premier jusqu'au dernier, jouissant d'une considération unanime et enviable pour les plus considérés, notre ami fut en mesure de toujours rendre au parti de maîtres services.

S'il l'eût voulu, député, il l'aurait été depuis longtemps.

Il préférait commencer à servir son comté dans les comices municipales,

L'Hon. Frs. Langelier, le juge H.

Taschereau et M. Fortin l’eurent pour principal appui. Ils lui doivent bien des succès dans les nombreuses luttes qu'ils livrèrent à Montmagny.

se

Page 1