SCHRADER (G. W.). Né à Hambourg en
il suivit les cours de 1 École vétérinaire de Hanovre, puis de celle de Berlin, où il subit son examen probatoire en 1812. Il revint alors se fixer à Hambourg auprès de son père, qui était aussi vétérinaire et qu’il aida dans sa clientèle. L’année suivante, il prit du service dans un régiment de cavalerie, qui lui fournit les matériaux d’une clinique importante. A la conclusion de la paix, il revint à Hambourg, qu’il ne quitta plus et où il mourut en 1869.
Schrader a beaucoup écrit dans les journaux spéciaux de son pays ; mais il est connu surtout pour les nombreux documents historiques qu’il a publiés, pour les notes qu’il avait amassées sur les vétérinaires, hippiatres, écuyers, etc., de tous les temps et de tous les pays. Il les a réunies et condensées dans son Biographisch-literarisches Lexikon der Thieràrzte aller Zeilen und Lânder , etc. ; Stuttgart, 1863, in-8°, publié avec la collaboration de E. Hering, et souvent cité ici même.
(337. SCHUBAERT (Toers) (1805-1853). Prosecteur à l'École vétérinaire et à l’Université d’Utrecht, dont il a enrichi les musées de nombreuses et belles pièces d’anatomie en cire et en plâtre. Il a publié en 1841 un tableau de l'âge du cheva avec 35 figures coloriées, et, en 1848, un atlas in-folio de l’anatomie du cheval en 34 planches lithographiées, la plupart coloriées.
638. SCHWAB (Konrad Ludwig). Né le 11 décembre 1780 à Karlsberg, près de Zweibriicken (Palatinat), où son père était maréchal. Il fit ses études à l’Ecole vétérinaire de Munich, et s’y attira l’affection de Will. Celui-ci lui fit obtenir, en 1803, après son examen de sortie, une place de prosecteur, puis une mission de deux années, qui fut prolongée, pour visiter les écoles et les haras de l’étranger. Il alla d’abord à Vienne, où il connut Pessina et Waldinger, puis ù Dresde, à Berlin, ù
Alfort, où professaient alors Chabert, Huzard et Girard (1806). A son retour, ;1 passa de nouveau à Vienne et s’y fit recevoir docteur en médecine (1809). Dans
I intervalle, il avait été nommé répétiteur à l’École vétérinaire de Munich. En 1810, une réorganisation lui donnait la place de professeur ordinaire, et en cette qualité il fut chargé d enseigner la botanique, l’histoire naturelle et particulièrement celle des animaux domestiques, la diététique, 1 anatomie, la physiologie et les haras. D ailleurs, pendant son long professorat, il n’est guère de partie de l’enseignement qu’il n’ait eu à exposer; mais 1 anatomie et la physiologie ont constamment fait les matières fondamentales de sa chaire. En 1817, il fut nommé conseiller royal, et, en 1821, premier professeur et directeur de l’École, par suite de la mort de Will.
II entrait en même temps dans le Comité médical et quelques années plus tard dans la Commission médicale supérieure. Il prit sa retraite vers la fin de l’année 1851 et fut, quelques mois après, nommé chevalier de première classe de l’ordre de Saint-Michel. Il mourut le 17 novembre 1859.
Schwab était d’un caractère indépendant et un peu ombrageux; mais il était foncièrementbon, dévoué à l’enseignement, passionné pour les arts et la poésie. Comme professeur et comme directeur, il a rendu les plus grands services à l’École de Munich. Il a enrichi son musée d’un grand nombre de préparations anatomiques, dont il a publié le catalogue en 1830 et en 1841. Il a fait paraître de très nombreux travaux, qui se recommandent par l’ordre, la clarté, la concision, et qui lui ont valu d’être membre d’un grand nombre de sociétés savantes, entre autres de l’Académie de médecine de Paris (1838).
Scs premiers écrits traitent de l’organisation des haras (1808), de l’enseignement de l’extérieur (1809), du sang de rate (1810). Plusieurs de ses ouvrages ont été produits en vue des besoins de son enseignement et sont restés longtemps classiques en Allemagne. En 1810- 1811, il donna une traduction de Y Anatomie des animaux domestiques de J. Girard ( Anatomie der Hausthiere Munich, 2 vol. in-8°), à laquelle il substitua plus tard son propre ïvsàiè^Lehrbuch der Anatomie der Hausthiere,. Munich, 1821, gr.in-8°;2e édition, 1833; 3° édition, 1839). En 1815, parut son Catéchisme de maréchalerie ( Cale chismus der Hufbeschlagkqnst) , dont le succès se prolongea jusque bien après sa mort. Citons encore : Lehrbuch der allgemeinen Pathologie, 1818; 4e édit., 1838 ; — Lehrbuch der Veterinar-Phgsiologie, Munich, 1826; 2° édit., 1836; — Anleitung zur aüssern Pferdekentniss, 1830; 4e édit., 1846 (Extérieur du cheval), -
— sur l’amélioration des races de chevaux (1812); — matériaux d’anatomie pathologique (1815); — sur les œstres du cheval, du bœuf et du mouton (1840; 2e édit., 1848);
— ses contributions aux 6 volumes du Taschenbuch für Pferdekunde, publiés avec Will (1817-1823); — quelques articles dans les comptes rendus annuels de l’Ecole de Munich, etc., etc.
639. SC0TTI (Ludwig). Vétérinaire italien au service de l’Autriche. Le gouvernement impérial voulant fonder une école vétérinaire à Vienne envoya Scotli, Mcngmann et Ileller à l’École de Lyon, oii ils passèrent les années 1704 el 1765. A son retour et en attendant la fondation de l’école, Scotli lit, aux maréchaux militaires, des leçons de manuel opératoire, de pathologie du pied, etc. A l'ouverture de l’École vétérinaire, il en fut nommé professeur. 11 possédait la confiance du gouvernement qui, pendant les guerres contre la Képublique française, le chargea d'importants
achats de chevaux. 11 mourut à Vienne en 1806. C’était un opérateur habile et de grande expérience.
640. SECONDAT (Jean-Baptiste, baron de). Agronome français, lils de Montesquieu, naquit à Marlillac (Gironde) et mourut à Bordeaux en 1796. 11 fut toute sa vie conseiller au parlement de Bordeaux. Dans les écrits qu’il a laissés se trouve un « Mémoire sur les maladies pestilentielles des bœufs
peste bovine), lu à l’Académie de Bordeaux, le 25 août 1775 » ; Bordeaux, 1775, in-8°, 56 pages.
641. SEILER (Burktiard Wilhelm). Célèbre anatomiste allemand, né à Erlangen en 1778, où il prit son degré de docteur en 1799. En 1802, il se fit agréer prosecteur à l’Université de Wiltemberg, et il y devint en 1808 professeur ordinaire d’anatomie et de physiologie. En 1815, il fut nommé à Dresde directeur de la nouvelle Académie médico-chirurgicale et de l’École vétérinaire. En même temps, il obtint la chaire d’anatomie, de physiologie et de médecine légale à l'Académie chirurgicale et, en 1823, il y ajouta la chaire d’anatomie de l’Académie des beaux-arts. 11 devint successivement conseiller aulique, conseiller médical du gouvernement saxon, etc. 11 était membre d’un grand nombre de sociétés savantes. Il mourut à Eribourg-Bade en 1843. Parmi les très nombreux écrits de Sciler, nous avons à citer : un mémoire sur le sang de rate (Progr. de morbo epizootico sic dicto sphacelo lienis] Wittemberg, 1810, in-4°)j — son traité d’anatomie de l’homme et des principaux animaux domestiques ( Handbuch der Anatomie des Menschen wul der vorziiglichsten Hauslhiere ; Dresde, 1820, gr. in-8°, 4 ph); — son rapport sur l’activité de l’Académie médicochirurgicale etde l’École vétérinaire de Dresde, 1828; — ses explications des muscles du cheval pour le modèle en basrelief de MoLLhaï (1823).
642. SÉ0N-R0CHAS (Jean-Baptiste). Né à Corps (Isère) en 1791, il entra comme élève à l’École vétérinaire de Lyon en 1809 et termina scs cours à l'École d’Alforf, où il fut diplômé en 1813. Il prit immédiatement du service dans l’armée comme
vétérinaire en second, fut bientôt promu vétérinaire en premier et fit, en cette qualité, avec le 18° chasseurs, la campagne d’Espagne. Le remarquable rapport qu’il rédigea sur les causes des maladies qui avaient régné dans son régiment lui valut d’être nommé, en 1827, aux lanciers de la garde royale. En 1830, il passa dans les remontes ; en 1843, il fut promu vétérinaire principal, et placé au dépôt de Saint- Maixent. 11 mourut le 31 juillet 1853, peu de temps après avoir été mis à la retraite. Parmi les travaux publiés par Séon-Rochas, deux méritent surtout d’être retenus : Y Histoire d'un cheval de troupe (1839), sous une forme amusante, contient une critique ingénieuse et spirituelle des vices attribués alors à l’hygiène du, cheval de guerre. Ce livre, qui a été traduit en italien par Lessona (1840;, valut à son auteur une médaille d’or de la Société d’agriculture de Paris ; — Y Hygiène vétérinaire militaire (1844) est un bon ouvrage pour son temps et n’a pas été assez lu par ceux qu’il eût. dû intéresser.
043. SERRES(OLiviERDE),seigneurDuPRADEL. Célèbre agronome français, né vers 1539 au domaine du Pradel, près de Villencuve-de-Berg (Ardèche), mort dans le même lieu le 2 juillet 1019. Comme son père, il était calviniste; mais il ne prit aucune part aux guerres de religion. A l’instigation d’Henri IV, il propagea en France la culture du mûrier et l’élevage du ver à soie ; il écrivit sur ce sujet La cueillette de la soye par la nourriture des vers qui la font (Paris, 1599, in-8° de 110 p.); puis, La seconde richesse du meurier blanc (Paris, 1003, in-8° de 28 p.). Son souvenir est rendu impérissable par son célèbre ouvrage, Le Théâtre d'agriculture et mesnciye des champs (Paris, 1000, in-folio). Ce livre, remarquable par l’ordonnance du sujet, la parfaite convenance du style, la sagacité, le bon sens, la science pratique et l’esprit d’initiative de l’auteur, eut dès son apparition le plus grand succès. Huit éditions furent imprimées du vivant d’Olivier de Serres; dixaulres suivirent jusqu’en 1075, etun grand nombre de traductions étendirent sa gloire à l’étranger. En France, il tomba tout à coup presque dans l’oubli après la révocation de l’édil de Nantes. Ce ne fut qu’en 1804-1805 que, sur l’invi-
talion de François de Neufchâteau, la Société d agriculture de Paris donna une nouvelle édition du Théâtre il agriculture. On trouve dans ce livre des données précieuses, au point de vue historique, sur l’élevage du bétail et le traitement de ses maladies (Liv. vin, cliap. vi : Remedes aux maladies pour les b et es ; bœufs, chevaux, betcs à laine, chèvres, pourceaux, chiens, volaille).
644. SERRES (Bernard). Né en 1813 à Villeneuve-d’Agen (Lot-et-Garonne), il entra comme élève à l’École vétérinaire de Toulouse en 1833 et en sortit diplômé en 1837. Il exerça sa profession dans sa ville natale pendant une dizaine d années et, en 1848, fut nommé après concours chef de service de clinique. En 1866, il obtint la chaire de professeur de chirurgie et pathologie externe. 11 est mort dans 1 exercice de ses fonctions en 1877. Serres a publié, dans le Journal des vétérinaires du Midi , nombre d’observations cliniques, dont quelques-unes fort intéressantes. Outre une brochure sur le Bistournage sous les rapports hygiénique, chirurgical et pathologique (Toulouse, 1853, in-8°), il a fait paraître encore un Guide hygiénique et chirurgical pour la castration et le bistournage du cheval , du taureau , etc., Paris, 1865 (?), in-12. Serres était un bon praticien, mais un professeur médiocre.
645. SEUTER (Mang). Écuyer allemand du xvic siècle. Il était au service du baron Marx Fugger (d’Augsbourg), quand sur l’ordre de celui-ci, il classa et écrivit la collection de ses recettes contre les maladies des chevaux. Il dut mourir peu de temps après (vers 1584), et c’est seulement en 1599 que son travail fut imprimé à Augsbourg (in-folio de 440 p.). Par ordre de son maître, il avait aussi publié en 1584 (2e édition en 1614) une collection eL représentation des diverses espèces de mors. Son livre d’hippiatrique n’a pas de valeur pratique, car ce n’est qu’un formulaire sans description de maladies. Ce ne fut probablement, d’ailleurs, qu’une spéculation de librairie (Schrader).
646. SEVERUS SANCTUS. Auteur d’un poème sur la peste bovine : Sev. Sancti iil est Endeleicliii, Rhetoris , de mortibus
R I OG n APH I ES VÉT URINAIRES.
boum, ccirmen , edilum a Petro Pithrio , cam aliis epigrammalibus et poematibus ; Paris, 1590; 2e édit., Londres, 1596; 3e édit., Londres, 1715, cam notis Weitzii et Seberi ; 4e édit., Hambourg et Leipzig. 1747, avec préface de Richter (Il y est noté qu’elle est tirée du tome YI de la Sacra Biblioiheca scinctorum Patrum, qui comprend les écrivains de 400 à 440). Ercolani estime que le poème de Severus Sanctus a été écrit vers l'an 376 de l’ère chrétienne. 11 a montré que c’est un ouvrage sans valeur ; il relève en particulier un moyen indiqué pour guérir les animaux de la peste et qui consiste à leur faire le signe de la croix sur le milieu du front (Hering).
647. SEWELL (William). Vétérinaire anglais qui fut diplômé du Royal College de Londres en 1799. Nommé plus tard professeur à cet établissement, il visita, en 1816, les écoles vété rinaires de Lyon, Alfort, Vienne, Prague, Dresde, Berlin et Hanovre. 11 succéda à Coleman, quand celui-ci mourut (1839). Sewell avait pris une part importante à la fondation en 1836 de la « Veterinary medical Association ». Mais il n’y a guère à retenir de ses travaux que le traitement des tumeurs osseuses et particulièrement des suros par la périoslotomie et le séton.
648. SEYFFERT (Joiiann) (1798-1854). Professeur de maré chalerie à l’Institut vétérinaire de Vienne, né à Anger (Hongrie). Il fut un des premiers à employer l'anesthésie par l’éther dans les opérations sur les animaux domestiques (1847). 11 pratiquait avec succès la castration par la ligature de l’artère testiculaire. 11 a publié, en collaboration avec Wagner, la Représentation de tous les défauts et maladies du cheval : Bildliclie Darstellung aller von Aussen am P fente moglichst ersichtlich gemachten Fehler and Kranklieiten ; J 843, in-folio.
649. SICK(Georg Friedrich) (1760-1829). 11 pratiquait la chirurgie quand, h la fondation de l Ecole vétérinaire de Berlin, il fut choisi pour en être un des futurs professeurs et, dans ce but, envoyé à 1 École devienne, où Wolstein et Tœgl enseignaient alors (1787). 11 y tra-
vailla avec ardeur, s’occupa d’économie rurale cl (il plusieurs voyages en Hongrie, pour étudier la peste bovine sous la direction d’Adami. 11 visita ensuite les écoles vétérinaires et les haras du nord de la France. De retour à Berlin (1790), il fut chargé d’enseigner l’anatomie, la chirurgie, la diététique et les épizooties. Son enseignement changea, d’ailleurs, plusieurs fois d’objet, jusqu’en 1806, où des démêlés avec son collègue Naumann le décidèrent à quitter l’Ecole. Il n’en conserva pas moins la confiance du gouvernement, qui eut souvent recours à lui pour combattre les épizooties. Il avait sur ce sujet une compétence toute spéciale ; elle s’est traduite par de nombreux écrits, dont les plus importants sont relatifs à la peste bovine. Citons ses mémoires sur la clavelée et la clavelisation (1803) ; — sur un trocart perfectionné pour chevaux, bœufs et moutons (1804); — sur les épizooties des armées en campagne (1807); — sur le caractère de la peste bovine (1807); — sur la nature de cette maladie et les mesures à lui opposer (1821); — un examen critique des maladies pestilentielles d’origine étrangère qui sévissent en Europe (1822). Il a publié en 1813 une traduction d’un travail deChabertsur la rage du chien et sur l’emploi del’Anagallis. Des revers de fortune vinrent troubler ses dernières années et abréger sa vie.
650. SILVESTRI (Antonio de). Né à Milan le 29 février 1836, il fit ses études à l’Ecole supérieure vétérinaire de Turin et en sortit diplômé en 1859. Il entra alors dans l’armée sarde, fit la campagne de 1859, puis celle de 1866, acquit le grade de vétérinaire en premier et se retira du service en 1872. Plusieurs concours avaient mis en évidence et sa science et ses brillantes aptitudes
pour l’enseignement. Aussi fut-il, en 1871, chargé de professer la pathologie et l’anatomie pathologique à l’Ecole de Turin. Il occupa cette chaire pendant deux ans, et la quitta en 1873 pour prendre celle d’hygiène et de zootechnie, qu’il garda jusqu’à sa mort. Il donnait le môme enseignement à l’école d’agriculture de l’Université de la même ville. Il fonda, en 1875, II Zootechnico, qu’il fusionna plus tard avec le Giornale di medicina ueterinaria pralica, organe de la Société et Académie vétérinaire de Turin, dont il était le secrétaire perpétuel depuis 1877. Il a donné un nombre considérable de publications diverses, parmi lesquelles nous citerons : Manuale di patologia bovina, 1864 ; — Compendio di patologia degli animali domestici, 4 vol.; — - Le piaule pratensi, important ouvrage sur la composition et la valeur des prairies ; — Le leggi dell' eredita, 1883; — Pecore piemontesi ed i loro prodotti ; — et force observations cliniques et articles d’hygiène et de zootechnie. Il jouissait dans sa patrie d’une légitime autorité comme zootechnicien. Il est mort le 10 mai 1895.
651. SIND (J. B. von). Né en Moravie vers 1709 ; mort en 1776. Après avoir servi pendant quelques années dans les armées autrichiennes, il se trouve en 1736 colonel d’un régi ment de cavalerie et premier écuyer de l’électeur de Cologne, évêque de Munster et de Paderborn. Von Sind s’est surtout occupé d’équitation et d’hippiatrique. 11 avait inventé un électuaire contre la morve, qui fit beaucoup de bruit à l’époque, grâce au soin que prit von Sind de publier à Paris son Manuel du Cavalier , 1766, in-12 (2° édit.) et de s’y intituler, « auteur du remède contre la morve ». Il fil imprimer aussi en 1778 une plaquette in-4° de quatre pages : Electuaire contre la morve des chevaux. Ce remède, dont la composition était tenue secrète, se vendait 8 florins la dose et avait des dépôts dans plusieurs grandes villes de l’Allemagne.
Le gouvernement français fit faire des essais sur son efficacité, qui fut trouvée nulle. Kersting ne fut pas plus heureux dans son emploi.
Von Sind a publié de nombreux ouvrages, en allemand et en français. Erxleben, qui fut lié avec lui, paraît avoir rédigé plusieurs de ceux qui parurent en Allemagne, et lui dédia unde ses propres travaux comme au premier vétérinaire de l’Allemagne. Robertson porte, au contraire sur von Sind un jugement défavorable. Les écrits de celui-ci prouvent cependant qu’il avait des connaissances réelles sur les maladies des chevaux et que c’était surtout un excellent homme de cheval. Outre ceux dont il est parlé plus haut, nous citerons encore : L'art du manège, Bonn, 1761 , in-4° ; 4“ édit., Vienne- Paris, 1774 (les deux tiers de cet ouvrage sont consacrés aux « principales maladies des chevaux et au traitement qui leur est propre ») ; — Des maladies des chevaux et des moyens de les guérir ; in-4°, 14 pages; — et plusieurs ouvrages en allemand sur l’élevage et le dressage du cheval.
652. SNAPE (Andrew). Maréchal de la cour du roi d’Angleterre Charles II ; mort en 1685. Il a publié une anatomie du cheval [The Anatomy of an Ilorse..., Londres, 1683, 2 vol., in-fol.), qui paraît faite pour la plus grande part avec l’Anatomie de Ruini, dont il a copié les planches, et qui a été traduite en français par Garsault (1732). 11 se proposait d’écrire un traité complet d’hippiatrique ; mais il ne publia que de courtes observations sur quelques maladies, en particulier sur la morve et la fourbure. Elles suffisent pour montrer qu’il était bien au-dessus de la majorité des hippiatres de son temps; mais il avait peut-être eu connaissance des écrits de son illustre contemporain Solleysel.
653. SOLLEYSEL (Jacques de), sieurDu Clapieretde la Bérardière. Il naquit en 1617, à la terre du Clapier, près de Saint-Etienne (Forez). Il était fils d’un officier des gendarmes écossais. Après avoir terminé ses études à Lyon, chez les jésuites, il vint à Paris où il se livra à son goût pour l’équitation, sous l’écuyer de Mémon. Il
se mit ensuite à l'école de de Blindes, écuyer du duc de Longueville. 11 l’accompagna au congrès de Munster (1645) et, pendant les longues négociations qui précédèrent la conclusion delà paix de Westphalie, il profita de son voyage pour s’initier aux connaissances des Allemands sur les maladies et le dressage du cheval. Lorsqu’il revint dans le Forez, il y ouvrit une académie, dont la réputation se répandit bientôt jusqu’à Paris. Bernardi lui demanda et obtint son concours pour fonder cette célèbre académie de Paris, qui fut longtemps considérée comme la meilleure de l’Europe pour la jeune noblesse. On y apprenait non seulement à dresser un cheval, mais aussi à reconnaître ses qualités et ses défauts, et à soigner ses maladies.
Solleysel passait pour bien savoir la musique, et il peignait avec goût. « 11 était d’un caractère sérieux, mêlé d’une gaîté qui rendait son abord et sa conversation très agréables. Il avait l’esprit engageant, et le don de se faire craindre et aimer des gens de qualité qui étaient dans son académie. Ils le regardaient tous comme leur père; et, parce qu'il y avait toujours à apprendre avec lui, il n’allait presque nulle part qu’il ne fût entouré d’une troupe de jeunes gentilshommes, comme les rois le sont de leurs courtisans. Il était capable d’élever un prince et l’on a dit de lui « qu’il aurait encore mieux fait le Livre » du parfait honnête homme que le Livre du parfait » maréchal » (Perrault, Hommes illustres, II).
Solleysel mourut subitement dans son académie, le 30 janvier 1680.
Il a traduit la Nouvelle Méthode de dresser les chevaux, par le duc de Newcastle (1677). Sous le pseudonyme de La Bessée, écuyer de Monsieur l'électeur de Bavière, il a écrit un petit ouvrage, Le Mareschal méthodique,
.). DE SOLLEYSEL
« qui traite des moyens de découvrir les défauts des chevaux, et de connaître leurs maladies.... » (Paris, 1G75, in-8°) et un Dictionnaire des termes de la cavalerie , destinés tous deux à faire partie des Arts de l'homme d'épée, par Guillet.
Mais l’œuvre qui a le plus contribué à perpétuer la gloire de Solleysel est Le parfait Mareschal (Paris, 1664. in 4°), qui a eu un grand nombre d’éditions (Huzard en possédait trente, dont quelques-unes ne diffèrent que par le titre ; la dernière est de 1775). Il a été traduit plusieurs fois en anglais et en allemand. Solleysel s’y montre fort instruit de ce qui a été écrit avant lui, et sait en tirer bon parti. On reconnaît à chaque page l'homme expérimenté et de jugement sain. S’il a peu innové, il a le mérite d’avoir rejeté de la pratique force pratiques absurdes, que la routine perpétuait. Sa chirurgie estle plus souvent rationnelle; mais, quoi qu’il en eût, il n’a pas su s’affranchir complètement des étranges idées médicales et de la grossière thérapeutique de son temps. Delafond exagère cependant lorsqu’il dit qu’il a été «le plus grand polypharmaque parmi tous les hippiatres qui l’ont précédé et suivi, jusqu’à l’époque où parut la Matière médicale de Bourgelat ». « Quoi qu’il en soit, ajoute-t-il, beaucoup de formules de Solleysel sont parvenues jusqu’à nous, et les vétérinaires sont encore aujourd’hui heureux de les posséder. Nous pourrions même dire que bon nombre de recettes, prises dans Solleysel, ont été rajeunies de notre temps et données comme nouvelles. » On doit souscrire à l’appréciation que Vitet a donnée du Parfait maréchal : « Quelque defaut qu on trouve dans cet ouvrage, on ne peut s’empêcher d’y admirer le praticien instruit pour son temps, et l'homme empressé à recueillir toutes les
connaissances de ses ancêtres et de scs contemporains sur la maréchalerie : combien d’avantages réels n’a pas procurés Solleysel à cet art! Il l’a sorti des ténèbres où il était plongé, il en a rendu l’étude agréable et facile; il a été longtemps le seul auteur digne d’être consulté, et il a mis le praticien éclairé en état de perfectionner une multitude d’objets qu’il avait indiqués »
65L SOULA (Pierre-Laurent) ( 1 856-1 89 1 ). Né à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne), il fit ses études à l’École vétérinaire de Toulouse et en sortit diplômé en 1877. Il était vétérinaire militaire depuis quatre ans quand, en 1881, il fut nommé répétiteur de pathologie chirurgicale à l’École de Toulouse. Il accepta ensuite l’offre qui lui fut faite d’aller enseigner la médecine vétérinaire au Guatémala et partit pour ce pays au commencement de 1885. II n’y restaquedeux ans, sans avoir pu réussir à atteindre son but par suite de l’état révolutionnaire de cette république. Rentré à l’École de Toulouse, il fut nommé chef de travaux et fit preuve de remarquables aptitudes pour l’enseignement. Il a publié alors, dans la Revue vétérinaire, quelques bons articles sur l’agriculture au Guatémala, sur un cas de botryomycose, sur un cas d’ostéomalacie, etc.
655. SPINOLA (WernerTheodor Johann). Né en 1802 à Dribourg (Westphalie). Après avoir étudié la médecine vétérinaireauxEcolesdcBerlinetdelIanovre( 1823-1826), il fut nommé vétérinaire dans un dépôt de remonte prussien, puis vétérinaire du cercle d’Oderbourg. Il fit alors un long voyage d’études et visita les écoles vétérinaires et les haras de l’Allemagne, de la Hongrie et de la France. A son retour, il se fit recevoir docteur en philosophie; il fut alors nommé répétiteur à l’Ecole vétérinaire de Berlin et chargé de la clinique des chiens et autres petits animaux. En 1836, on lui confia l’ensei-
gnement de la pathologie et de la thérapeutique spéciales, de la maréchalerie et de l’extérieur du cheval. Il eut plus tard, jusqu’en 1847, la direction de la clinique ambulatoire et fut nommé professeur. En 1846, il fut élu président de l’Association des vétérinaires allemands ; en 1849, membre correspondant de la Société centrale de médecine vétérinaire de Paris. Il mourut le 17 mai 1872.
Par ses nombreux écrits, Spinola prit un rang importantdansles sommités vétérinaires de l’Allemagne. Nous citerons de lui : Sammlung von thierârztlichen Gutachten, Berichten und Protokollen (Consultations, rapports, protocoles); Berlin, 1836, gr. in-8°;3c éd., 1865 ; — Ueber dcis V orkommen vonEïterknoten-A bscessen ( Vomie i.s) in der Lungen der Pferde (Vomiques du cheval) ; Giessen, 1839, gr. in8°; — Die Krankheiten der Schweine (Maladies du porc); Berlin, 1842, in-8°; — Die In fluenza der Pferde (Influenza du cheval); Berlin, 1844, gr. in-8° ; 2e éd., 1849; — Mittheilungen iiber die Binderpest(pestehoYÎne); Berlin, 1846, gr. in-8° ; — Handbuch des speciellen Pathologie und Thérapie fiir Thieràrzle (Pathologie et thérapeutique spéciales); Berlin, 1855-1858, gr. in-8°; 2e éd., 1863, 2 vol. gr. in-8°.
656. SPOHR (Carl Heinricii) (1756-J840). Médecin du district du Ilarz, qui exerça pendant de longues années l’art de guérir à Seesen, où il mourut. II est surtout connu par l’immense quantité de traductions d’auteurs français, anglais, italiens et espagnols qu’il apubliées. La médecine vétérinaire figure dans ses œuvres par un compendium : Veterinaerisches Handbuch ; Nürnberg, 1798-1809, 5 vol. gr. in-8°.
657. SPRENGEL (Kurt Polycarr Joaciiim) (1766-1833). L’un des médecins les plus érudits de l’Allemagne, professeur de pathologie générale (1789-1817), puis de botanique à
RIOGRAPHIES VÉTÉRINAIRES.
l’Université de Halle. On connaît surtout ses travaux historiques sur les diverses branches de la médecine. Dans son « Histoire de la médecine » ( Versuch einer pragmatischen Geschichte cler Arzneykuncle ; Halle, 1792-1800, 4 vol. in-8° ; 3e édit., 1821-1840, 8 vol.), plusieurs foistraduite en français, se trouve un chapitre consacré à Y Histoire de la médecine vétérinaire dans l'antiquité. 11 a été repris par F. C. Hecker, et traduit par L.-P. Gauthier (Bec. de méd. vétér ., 1834).
058. STEEL (John Henry) (1856-1891). Vétérinaire de l’armée anglaise des Indes; a parcouru sa courte carrière dans le gouvernement de Bombay, où il a rendu des services signalés. Il était le principal rédacteur du Quarterlg Journal of Veterinary Science in India , qui a cessé de paraître peu de temps avant sa mort. Il a publié bon nombre de travaux sur l'anatomie du cheval, les maladies de l’éléphant, du bœuf, du chien. Nous citerons, entre autres, deux traités : A Treatise of the Diseuses of the Doy, London, 1888, in-8° ; — A manuel of the Diseuses of the Camef Madras, 1890, in-8°.
659. STEINH0FF (Friedrich L. G.). Vétérinaire mecklembourgeois; fut directeur et professeur de l’École vétérinaire de Schwerin ; mort en 1843. Il a publié plusieurs travaux: traitement de la péripneumonie contagieuse (1815); — sur l’extérieur du cheval (1830) ; — un manuel d’anatomie pratique des mammifères domestiques, et particulièrement du cheval (1840).
660. STEWART (John). Élève de Coleman au Collège vétérinaire de Londres, il s’établit à Glascow et y fut professeur de médecine vétérinaire à l’Université. Il a publié un bon manuel de la connaissance du cheval, dont la quatrième édition a paru en 1836 et qui a été traduit en français sur la 7U édition par d’IIanens : Conseils aux acheteurs de chevaux, Paris, s. d., in-18. D’IIanens a aussi traduit, sur la 7° édition, son /économie de l'écurie. Traité de l'entretien et du traitement des chevaux', Paris, s. d., in-18. Cet excellent ouvrage a été traduit aussi en allemand.
661. STOCKFLETH (Harald Viggo). Né à Copenhague en 1824, il fut élève de l’École vétérinaire de cette ville et en obtint son diplôme en 1844. Il exerça quelques années dans la capitale, puis fut chargé de la clinique ambulatoire en 1850; mais ce n’est qu’en 1859 qu’il fut nommé définitivement professeur, et chargé de la clinique, de la pathologie et de la thérapeutique. 11 a écrit un Traité de chirurgie vétérinaire, en deux volumes, qui a été traduit en allemand. Stockfleth est mort le 11 octobre 1879 ; il venait d’être nommé docteur en médecine honoris causa , par la Faculté de médecine de 1 Université de Copenhague.
662. STRAUB (Georg Adolpii). Né à Stuttgart en 1820, il commença ses études à l’École vétérinaire de cette ville et les termina en 1841 à l’Institut vétérinaire de Vienne. Nommé bientôt vétérinaire de régiment, il fut, en 1846, choisi comme professeur adjoint pour la chirurgie et l’extérieur à l’École de Stuttgart, et, en 1858, nomméprofesseurtitulaire, enmême temps que conseiller médical et rapporteur vétérinaire du Collège médical du royaume. Il se démit de son emploi en 1881, mais continua la pratique de son art jusqu’à sa mort (1883). Straub a publié dans le Repertorium cler
I hiei hei Ikunde, un grand nombre d’observations cliniques.
II a aussi édité la 3e édition du Formulaire vétérinaire de Grebner (1855).
663. STUBBS (George). Artiste anglais, mort en 1816. Grâce à de solides connaissances en anatomie, il s’est distingué comme peintre de chevaux, dessinateur d’animaux et graveur en taille-douce. Son principal ouvrage a pour litre: The Anatomy ofthellorse , Londres, 1766, in-fol. oblong. Il est formé de dix-huit planches dessinées d’après nature. Le texte (pii l’accompagne a été rédigé par un chirurgien, ami de Stubbs , mais les dénominations des organes sont empruntées si servilement à l’anatomie de l’homme, qu’elles sont parfois inintelligibles. Stubbs a publié un livre sur l’origine
RIOGRAPIIIÈS VÉTÉRINAIRES.
des plus célèbres chevaux de course depuis cinquante ans. Il ne paraît pas que ses publications lui aientapporté la fortune.
664. SUAREZ (Alonso). Médecin espagnol du seizième siècle, né à Torres. Il pratiquait à Talavera. Il est connu par la traduction en espagnol des auteurs grecs et latins qui ont écrit sur l’art vétérinaire : Recopilacion de los mas famosos autores griegos g latinos que trataren de la excelencia g generacion de los caballos, asimismo como se han de doclrinar g curar sus enfermedades, g tambien de las mulas g su génération] Toledo, 1564, in-fol., 193 p.
665. SUSSDORF (Heinrich Julius Gottfried) (1822-1890). Professeur de physique, chimie et pharmacie à l’École vétérinairede Dresde de 1852 à 1886, époque où il prit sa retraite. On lui doit de nombreuses recherches de chimie biologique : sur le diabète sucré du cheval (1858); sur les modifications qualitatives de burine dans l’influenza du cheval (1859) et dans la pleuropneumonie bovine (1860), sur la digestibilité des fibres ligneuses chez le mouton(1858-1859), sur l’empoisonnement par les vapeurs arsenicales (1860), sur la désinfection (1866), sur l’emploi de l’acide salicylique 1 1875), etc.
666. TABOURIN (François). Né le 4 février 1818 à Soumans (Creuse), il entra à l’Ecole vétérinaire de Lyon en 1835 et en sortit diplômé en 1839, après être resté constamment à la tète de sa division. A peine sorti de l’Ecole, il y rentra, à la suite d’un concours, comme chef de service d’anatomie. Nommé en 1841 professeur adjoint , il fut en 1843 chargé provisoirement de l’enseignement de la physique, de la chimie et de la pharmacie et devint professeur titulaire de cette chaire en 1845 à la suite d’un nouveau concours. Pendant sa longue carrière, Tabourin s’est consacré entièrement à l’enseignement et aux progrès de la chimie, qu’il aimait avec passion. L’industrie de la teinture
RtOGRAPltlES VÉTÉRINAIRES. 371
de la soie lui a dû quelques procédés ingénieux. Le Journal de médecine vétérinaire a publié plusieurs de
ses travauxsurles diurétiques, les anesthésiques, l’emploi
du brome contre la morve, etc. De 1870 à 1875, il a inséré dans le Recueil de médecine vétérinaire d’intéressantes considérations sur l’enseignement de l’extérieur. Il avait lait paraître en 1848 à Lyon, une brochure traitant D'un projet d'assurance par l'État contre la mortalité des animaux domestiques. Nous rappellerons aussi ses Notes relatives à l action de la coralline sur l'homme et les animaux (1871).
Mais 1 œuvre capitale de Tabourin est incontestablement son Nouveau Traité clc matière médicale, de thérapeutique et de pharmacie vétérinaires-, Paris, 1853, in-8°; 2e édit., 1865-66, 2 vol. in-8°; 3'édit., 1875,2 vol.’ in-80.’ Ce livre, dont une traduction abrégée a été faite en espagnol par Casas de Mendoza (1861), est surtout remarquable par l’ordre, la méthode, la clarté et la mise en valeur de tous les travaux publiés sur son sujet. Il contient aussi le résultat d’études personnelles de l’auteur sur plusieurs questions importantes de la thérapeutique, telles que l’administration hypodermique des médications, les effets physiologiques de l’opium, de la noix vomique, du camphre, de l’émétique, de l’acide arsénieux, etc. ; le mode d’action des anesthésiques, les effets physiologiques et toxiques du principe actif de la scille maritime, etc. Ce qu’on reproche au Traité de Tabourin, c’est l’absence de critique pour le choix des matériaux puisés dans les publications vétérinaires, une foi indifférente dans le jugement de leurs auteurs et dans les résultats thérapeutiques qu’ils annoncent.
Tabourin était membre d’un grand nombre de sociétés vétérinaires et scientifiques, correspondant, entreautres,
de la Société centrale de médecine vétérinaire (1845), de la Société de pharmacie de Paris (1866), de la Société centrale d’agriculture de France (1877), etc. En 1865, il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur. Sa santé, fortement compromise, l’obligea de prendre sa retraite en 1876. Il alla chercher à Alger un climat plus favorable et y mourut le 24 avril 1885. Il a été inhumé à Lyon.
667. TAMBERLICCHI(Tommaso). Vétérinaire italien, né dans les États de l’Église ; fut répétiteur à l’École vétérinaire de Milan et s’établit plus tard à Forli,dans la Romagne. Il a publié : Cenni teorico-pratici sulUEsantema epizootico attualmente ricomparto in Romagnci, impropriamente caratterizzato per cctncro volante o glossantrace (fièvre aphteuse) ; Pesaro, 1826 ; — Storia clella malatlia d'un cavallo ; Forli, 1830; — Anatomia chirurgica de' principali animali domestici; Forli, 1843.
668. TANGUY (H.-M.) (1834-1890). Vétérinaire à Landerneau (Finistère). Diplômé de l’École d’Alfort en 1856. Il a publié de nombreux travauxsur la médecine vétérinaire, sur l’agriculture et l’économie rurale, dans le journal La Chronique agricole de Bretagne , qu’il avait fondé ; il a transmis ses études dans des cours particuliers qu’il avait institués ; enfin il a créé dans sa circonscription des marchés qui portent son nom. Il a été plusieurs fois récompensé par des sociétés savantes et a obtenu, entre autres, la grande médaille d’or de la Société nationale et centrale d’agriculture de France.
669. TAPLIN (William). Hippiatre anglais de la fin du xviii6 siècle, qui pratiqua d’abord dans le Berkshire, puis à Londres. Il a publié en 1790: Practical observations upon thorn wounds , jtunclured tendons and ligamenlarg lameness in horses , wilh instructions for their treatment and cure. Son principal ouvrage, relatif à la maréchalerie, The gentleman s stable direclorg, or modem System of farriery (Londres, 1788,
iii-8°),a eu de nombreuses éditions ; ce n’est cependant qu’une impudente compilation des auteurs anglais, Gibson, Bracken, Bartlet, etc.
670. TARDIEU (Ambroise-Auguste) (1818-1879). Le plus éminent représentant de la médecine légale française, professeur d'hygiène (1862), puis doyen (1864) de la Faculté de médecine de Paris, médecin de l’Hôtel-Dieu, président du Conseil d’hygiène publique (1867), membre de l’Académie de médecine (1859). Sa thèse de doctorat a pour litre : De la morve et du farcin chez l'homme et chez les solipèdes ; Paris, 1844, in-8°. Il avait publié antérieurement un Mémoire sur les ulcérations des voies aériennes dans la morve chronique chez l'homme et chez les solipèdes (Arch. gén. de méd., 3e sér., xn, 1841).
671. TAYON (Victor) (1855-1885). Diplômé de l’École d’Alfort en 1870, il avait été nommé au concours professeur de zootechnie à l’École d’agriculture de Montpellier. Malgré la brièveté de sa carrière, il a cependant marqué sa trace. On lui doit de bonnes observations sur la Variabilité des mamelles chez les Ovidés des basses Cévennes, sur les Brebis laitières, sur la Fièvre charbonneuse , sur la Production des agneaux de lait dans le Midi , etc. Admirateur des belles découvertes de Pasteur, il étudiait avec ardeur le microbe de la fièvre typhoïde, et avait déjà obtenu quelques résultats, qu’il avait communiqués à l’Académie des sciences.
672. TENNECKER(Christian Ehrenfried Seyfert von). Né à Braunsdorf, près de Freiberg(Erzgebirg) en 1770. Ses premières études terminées, il suivit à Dresde les cours de l’académie d’équitation, servit sous les ordres de l’écuyer Ciarini, entra ensuite au service militaire en 1791 et prit part à toutes les campagnes contre la France. De 1817 à 1823, il fut professeur à l’École vétérinaire de Dresde et mourut dans cette ville en 1839. Tennecker a publié, sur l’élevage du cheval, l’extérieur,
l’équitation et la ferrure, un nombre considérable d’écrits, qui témoignent de ses connaissances et de son sens pratique. Son journal de l’élevage du cheval (. Zeitung fiir P ferdezucht) n’a vécu quequatre ans ; mais ses annales de l’élevage (Jahrbuch fiir P ferdezucht) ont paru tous les ans à partir de 1823 jusqu’à sa mort. Nous citerons de lui : Der Fahnenschmied im Kriege (Le maréchal en campagne), Mannheim et Leipzig, 1798, in-8° ; — Prciktische Heilmittellehre fiir Thierarzte (Thérapeutique pratique), Leipzig, 1799; 3e édit., 1830; — Der Taschenschmied oder Taschenrosscirzt (Maréchal de poche), 1797; 12e édit., 1822; — Bossarzt, Hcindbucli der Pferde-Krankheiten (Maladies du cheval), Tubingue, 1803; 3e édit., 1828; — sur les haras, l’obstétrique, la chirurgie, la fièvre aphteuse, etc. (1820); — sur la gourme, l’âge du cheval, les coliques, etc., etc.
673. TESSIER (Henri-Alexandre). Né à Angerville, près d’Étampes, le 16 octobre 1741. Son père, qui était notaire, avait une nombreuse famille et une fortune médiocre. Il fut le premier maître de son fils et, par la protection de l’archevêque de Paris, obtint pour lui une bourse gratuite au collège de Montaigu. Le jeune Tessier y fit de brillantes études, prit le petit collet et le titre d’abbé, qu’il conserva longtemps sans jamais entrer dans les ordres. Sorti du collège, il s’attacha aux sciences naturelles et fut reçu docteur en médecine en 1776. Il ne cessa plus, dès lors, de s’occuper de questions relatives à l’agriculture. Membre delà Société royale de médecine, il fut chargé par elle d’aller étudier en Sologne l’ergot de seigle, qui y avait toujours fait de sérieux ravages. L’état de la science ne lui permit pas de se rendre compte de la nature de cette affection
parasitaire. Mais cette mission le conduisit à l’étude des maladies des grains, et, en 1783, il publia sur cette matière un traite complet, qui est le résultat de plus de six années d’observations faites en Beauce. Le voyage de Tessier en Sologne lui fut aussi l’occasion d’un mémoire surles animaux de cette province, mémoire qu’il lut à la Société le 23 novembre 1777. C’était le prélude de ses Observations sur plusieurs maladies des bestiaux, « telles que la maladie rouge et la maladie du sang qui attaquent les bêtes à laine, et celles que cause aux bêtes a cornes et aux chevaux la construction vicieuse des étables et des écuries... » ; Paris, 1782, in-8°. En 1783, lessier fut de l’Académie des sciences. Il y communiqua différents mémoires d’histoire naturelle.
En 1/86, il était nommé directeur de la ferme de Rambouillet, créée par Louis XVI pour faire des expériences sur les moutons et l’amélioration des toisons.
I endantla Révolution, la ferme futdéelarée nationale, et en 1795, Tessier fut le principal instigateur de l’article secret du traité de Bàle, par lequel l’Espagne s’engageait a livrer à la France 4000 brebis et 1000 béliers. On sait les traverses que rencontra l’exécution de cet article; Gilbert y perdit la vie après mille souffrances morales et physiques. En 1805, Tessier était appelé par le duc de Cadore pour mettre à exécution le dessein qu’il avait eu de créer au sud, à l’ouest et au nord de la France trois bergeries pour les mérinos. Il y consacra tous ses efforts et publia sur ce sujet son Instruction sur les bêles à laine et particulièrement sur la race des mérinos (Paris, 1810-1811), ouvrage plein d’enseignements pratiques et qui a été traduit en allemand. On y trouve la formule de son fameux bain arsenical contre la gale des moutons.
II serait trop long d’énumérer les nombreux mémoires qu’il publia clans des recueils variés sur les sujets les plus divers de la science agronomique. Citons seulement comme se rattachant particulièrement à notre objet: Observations sur la maladie épizootique de Limets; Rouen, 1786, in-8°, 6 pages; — Instruction sur la maladie des bêtes à laine nommée Falère (cachexie aqueuse) dans le département des Pyrénées-Orientales, Perpignan, an XII, in-4°, 11p.; — Mémoire et recherches sur la maladie des bêtes à laine nommée falère..., ibid., an XII,in-8°,34 p. ; — Recherches sur la durée de la gestation et de l' incubation dans les femelles de plusieurs quadrupèdes et oiseaux domestiques ; Paris, 1817, in-4°, 40 p. ; — Notice sur les chèvres asiatiques dites chèvres du Thibet, chèvres de Cachemire, Paris, 1819,in-4°; — Histoire de I introduction et de lapropagation des mérinos en France (Mémoires de la Société centrale d’agriculture), 1838. Tessier avait quatre-vingt-quatorze ans quand il rédigea ce mémoire; il mourut avant son impression, le 11 décembre 1837. Il avait été nommé inspecteur général des bergeries nationales, membre de la Société centrale d’agriculture et d’un grand nombre de sociétés savantes, chevalier des ordres de Saint-Michel et de la Légion d’honneur.
674. TEUFFEL (Siegmund Jacob) (1782-1847). Médecin allemand, né à Tuttlingen (Wurtemberg). En 1807, il passa à Carlsruhe, comme médecin de la cour et y occupa plusieurs emplois importants. En 1810, il lut nommé premier professeur à l’École vétérinaire nouvellement fondée et la dirigea de 1811 à 1814. De 1811 à 1813, il rédigea le Magazin fur theorelische und praklische Thierheilkunde und ihierürzlliche Polizei, qui cessa de paraître en 1815. En 1825, il a donné la traduction d’un mémoire de Girard sur l'affection typhoïde du cheval.
675. THÉODORIC. Célèbre chirurgien du xin° siècle, fils et disciple de Hugo de Lucques, chirurgien également renommé de son temps. Il naquit en 1205, d’autres disent en 1208. Vers 1230, il entra dans l’ordre des moines prêcheurs de Bologne, à l’exemple des fils des plus nobles familles; ce qui ne l’empêcha pas d’exercer la médecine dans le couvent et surtout au dehors. Grâce à ses connaissances étendues, il devint chapelain, pénitencier et médecin du pape Innocent IV, de 1243 à 1254. Nommé vers 1262 évêque de Bitonto, et en 1266 archevêque de Cervia, il habita Bologne, par dispense du pape Nicolas IV, depuis 1266 jusqu’en 1298, année de sa mort. Il a laissé un traité de chirurgie et deux écrits chimiques, sans parler de ses sermons ; de plus, deux ouvrages de médecine vétérinaire, en latin, manuscrits. L’un, conservé à la Bibliothèque Barbarine et dont des copies existent à la Bibliothèque du Vatican, à celles de Venise et de Turin, a pour litre : Incipit Mulomedicina ex clictis medicorum mulomedicorum sapienlium compilcita aven. pat. Theodorico ordin. prædicatorum episcopo cervienti. Il est copié en partie dans Végèce, Ruffus, Albert le Grand et les hippiatres grecs. L’autre, Tractalus de cura accipitrum , se trouve également à la Bibliothèque Barbarine.
676. THÉOMNESTE. Hippiatre grec qui, selon Ilcusinger (Theomnestus Liebthiercirzt Theoderichs des Grossen, Kônigs der Oslgolhen , Giessen, 1843, in-4°, 8 pages), vivait à la fin du ve siècle. Il aurait été attaché, en qualité de vétérinaire ou même comme officier d’un grade élevé, à Théodoric le Grand, roi des Ostrogolhs, quand, en 488,. celui-ci entreprit sa campagne d’hiver de la Pannonie, sur les Alpes, vers lTtalie. Théomneste raconte, en effet, que 1’ « opisthotonos » (qui ne paraît avoir été autre que la congélation) fit de nombreuses victimes pendant la traversée des Alpes. Théomneste est probablement postérieur à Pélagonc, à Végèce, à Hiéroclès; car ceux-ci ne le citent pas; il est venu aussi après Apsyrte et Hiéroclès, puisqu’il en fait mention. L 'Hippiatrique renferme trente et un articles de Théomneste, et les Géoponiques six.
677. THIERNESSE (Théodore-Auguste). Né à Dammartin-Saint-Georges (province de Liège). Il était fils d’un cultivateur et se destina de bonne heure à la profession vétérinaire. A cet effet, il suivit pendant un an les leçons de Patry, excellent praticien de Liège, et, en 1833, entra à l’Ecole de médecine vétérinaire qui avait été fondée l’année précédente à Cureghem-Bruxelles. Il en obtint son diplôme en 1836 après de brillantes études et fit immédiatement partie du personnel de cet établissement. Successivement maître d’études, chef des travaux anatomiques et conservateur des collections, agrégé de clinique, chargé du cours d’anatomie descriptive, il fut, en 1840, nommé professeur extraordinaire et, en 1847, professeur ordinaire d’anatomie descriptive, comparée et générale. A la fin de 1867, il fut choisi comme directeur en remplacement de Delwart et occupa ces fonctions jusqu’en janvier 1883, où il fut déclaré émérite et remplacé par Wehenkel. Il mourut le 18 octobre de la même année.
Le zèle, le dévouement, l’intelligence et la science que Thiernesse montra dans ses diverses fonctions lui attirèrent de nombreux honneurs. Il fut membre de l’Académie de médecine de Belgique dès sa fondation (1841), de plusieurs sociétés scientifiques, vétérinaires et autres, correspondant étranger de l’Académie de médecine de Paris, associé étranger de la Société centrale de médecine vétérinaire de France, etc. En 1880, il fut nommé commandeur de l’ordre de Léopold, cfont il était membre depuis 1860. Ses élèves professaient pour lui une vive et sympathique admiration et l’ont manifestée plusieurs fois d’une façon touchante.
Thiernesse a publié de nombreux mémoires, en a inspiré plusieurs et a rédigé maints rapports scientifiques