CE QUI SE PASSE A BERLIN
Bismarck, à Tange de la paix : t Bon pour la cavalerie ! » [Kikeriki, 21 décembre 1882.)
AUTRICHE
de ce dernier il est peu question. Tout l'esprit comique — qu'il s' agisse du Kikerikiy des Humoristische BlsBtteVj du Floh — se reporte sur
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J'avais dit : c Si le monopole du tabac passe, je veux être pendu. • Pour m'éviter ce malheur, ces braves députés ont rejeté le projet de loi. Les imbéciles! C'est comme cela que je voulais être pendu.
{Humoriitiscke Blxtter,i8H2.)
le tabac. On sent que là était le rêve dont la réalisation tenait le plus au cœur du Chancelier. C'est qu'il eût fait si bien sur les belles réclames des cigares dont Hambourg et Brème inondent certains pays ! qu'il eût avec tant de plaisir enfumé son bon ami Eugen (Eugène Richter) I Enfumer le par-
lementarisme comme on enfume la salle d'une vulgaire tabagie, quelle bonne farce I et comme cela rappelle bien les hauts faits du Grand-Électeur ! En regardant ces vignettes, on se prend à songer aux célèbres séances du « Collège du Tabac », et Ton appelle de tous ses vœux la fumée des combats, fût-on rhomme le plus pacifique de la terre.
« Petits! petits! venez, j'ai du bon tabac dans... ma gibecière », crie Bismarck sur tous les tons; et Michel (le paysan allemand) insensible à ses avances, lui répond : « Non, non, non. Avec toi plus de havanes, plus de régalias, plus de puros, rien que des Bismarckos et des Culturos » (à propos du Kulturkampf).
Centralisation militaire, tant qu'on voudra, mais au moins la liberté du cigare.
Vienne, ville de plaisirs, Vienne, qui a, dans ses environs, un Baden où l'on ne vient pas précisément pour passer le restant de ses jours dans la retraite, devait également s'occuper d'un des hôtes habituels de ce lieu paradisiaque, — hôte tenant de près au Chanceher, — le jeune comte Herbert de Bismarck, dont les frasques amoureuses firent jadis quelque bruit.
Fut-il plus amoureux que galant, je l'ignore,
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mais FigarOj lui, n'a pas hésité à le placer à la tête d'un commerce de choses « non galantes » et à opposer ainsi au classique Galanterie-Handlung des Allemands la Ungalanterie-Hand-
11 commence petitement le jeune homme, mais d'une façon gentille.
{Figaro, 1887.)
lung de la satire. On n'a pas pour rien l'esprit viennois.
C'est, du reste, aux journaux de la cité du Danube qu'il faut s'adresser si l'on veut voir le père et le fils prendre place ensemble dans l'image- Rarement les caricaturistes allemands se sont occu-
pés de Herbert. Us ont laissé aux Viennois Thomme privé, et l'homme politique, lui, n'est guère apparu que lors de l'affaire des îles Samoa. Cependant, en ces derniers temps, et sous Frédéric III, lorsque les bruits de retraite commencèrent à circuler, les crayons berlinois se plurent, avec une certaine insistance, à montrer les deux personnages jouant du même instrument. Il semble qu'ils aient ainsi cherché à traduire les incertitudes de l'avenir et à habituer la foule à cette sorte d'hérédité bismarckienne.
Et, maintenant, comme à Berlin, nombre de journaux viennois se demandent ce que va faire M. de Bismarck. Les Humoristiche Blœtter qui le représentent entrant au Reichstag en député socialiste, posent le point d'interrogation suivant : « Placé sur Jupiter, prendra- t-il la direction des affaires d'en-haut^ sera-t-il chancelier des colonies allemandes, se livrera-t-il aux douceurs de la politique agraire? » Non, il se contentera d'écrire des mémoires sur l'ingratitude humaine. Le Floh nous le montre songeur devant l'image de Charles- Quint à Saint-Just.
Mais toujours l'idée d'un Bismarck omnipotent, omniscience, être supérieur, voulant bien com,-
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primer les autres, mais n'entendant pas être comprimé à son tour, — ainsi le montre le Floh en de joyeuses petites vignettes, — se dégage de ces grandes compositions humoristiques. Un dessin : Dans les bureaux de la chancellerie allemande^ est particulièrement significatif. Bismarck — un violon sous le bras — et Caprivi sont devant un orgue auquel Tex-Chancelier adapte un rouleau portant : Symphonie pacifique. Comme légende on lit :
« Bismarck. — Mon bon Caprivi, pour le concert européen vous avez, après moi, un jeu facile : tournez simplement la manivelle.
» Caprivi. — Mais ce n'est point là un art :
laissez-moi donc votre instrument.
)> Bismarck. — Le premier violon I Mon petit ami, moi seul puis en jouer. »
Ainsi, qu'elle le raille ou qu'elle le porte aux nues, la caricature viennoise ne cesse, en ses multiples images, d'exprimer l'idée de grandeur et de supériorité.
Il y a un Dieu : Bismarck, et Caprivi n'est point son prophète; Caprivi qui, lui aussi, aura son jour de retraite, puisque pour traduire le moins mal possible un jeu de mots du Floh, cette fonction
Ka (kaiserlich, impériale) privilegirt (privilég-iée) est à Ka — privi léguée.
Oh I Tesprit viennois !
du Wiener Witz !