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SE CHARGEANT PAR. LA CULASSE

FRANCE

gers se font quelquefois l'écho ; à chaque événe-

D'après une caricature d'Alfred Le Petit, représentant côte à c6te Bismarck et Floquet.

{La Charg'^, 7 octobre 1888.)

ment, enfin, sur lequel on sent que sa main a dû peser.

En Somme, de 1872 à 1885, la France s'occupe fort peu de TAUemagne : Bismarck ne commence à revenir dans l'image que vers 1886, mais il tiendra une place considérable dans les caricatures ou, pour mieux dire, dans les pamphlets boulangistes. Dès lors aussi, les dessinateurs à la solde des partis hostiles, sans cesse le font intervenir directement dans les affaires intérieures, dans nos dissentiments politiques. L'un le représente faisant la courte échelle à Marianne, l'autre le place au prer mier rang comme allié de Jules Ferry ou de SpuUer, et l'on a pu voir plus d'une caricature — telle « les deux Gaspards », dans La Bombe, — coiffant le ministre des affaires étrangères de ce casque à pointe que les Bavarois, autrefois, rejetaient avec mépris. Mais survienne dans la politique étrangère un incident comme le mariage Battenberg (1), comme la publication des Mémoires de Frédéric III, comme l'affaire Katkoff, comme l'affaire Wohlgemuth — conflit prusso-suisse — et tous les crayons profiteront naturellement de

(1) A propos du mariage projeté de rex-prince de Bulgarie avec la fille de l'empereur Frédéric III (1888), les caricaturistes de presque tous les pays se sont amusés à représenter la défaite de Bismarck par Gupidon.

PILORI-PHRENOLOGIE.

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FRANCE 177

l'occasion pour tresser à Bismarck autre chose que des couronnes de lauriers.

Pas une caricature sur la politique italienne, sur Crispi, sans qu'on ne voie quelque part un bras, un casque, une ombre connue, indices révélateurs de cette influence allemande qui nous paraît toute puissante en la circonstance (1). Ici, c'est Crispi prenant une leçon de mandoline chez M. de Bismarck, qui lui dit : « Attention, ou je tape sur les doigts ! » — là, c'est à propos de l'entrevue de Friedrichsruhe, la joie du Chancelier, étonné d'avoir pu, à son âge, faire la conquête de la belle Italie, qui lui répond : « Remerciez-en Crispi, un bien habile entremetteur. » Ailleurs, il chausse la grande botte italienne, et à Crispi qui lui demande si cela va, répond : « Comme un gant. » Autre part, Ton aperçoit un pantin — Crispi — dont la ficelle est tirée par l'inévitable personnage.

Sous le second Empire, le jFCZadderadatech voyait partout Napoléon III : à tort ou à raison, nous sommes quelque peu atteints de la même maladie à l'égard de Bismarck.

S'il faut en croire M. Narjoux, un observateur

(1) Et je dois dire que la chose paraît de même à nombre de journaux à caricatures d'Italie.

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consciencieux, qui a beaucoup voyagé, beaucoup étudié l'étranger (I), ces caricatures froisseraient vivementles susceptibilités italiennes. « L'Italien,» écrit-il dans son intéressant volume sur Crispi (2), « ne comprend pas notre genre d'esprit ; il ne saisit pas le vrai sens de nos plaisanteries ; il leur donne une importance qu'elles n'ont pas et en est blessé. »

Je constate le fait, sans chercher, du reste, à en tirer aucune conclusion, mais en faisant observer que tous les étrangers ou ne comprennent pas nos exagérations, nos plaisanteries parisiennes, ou les prennent à la lettre, ce qui est presque toujours la règle générale avec les Belges et les Suisses français (3).

Du reste, les Berlinois, les Viennois, les Italiens, avec leurs nombreux dialectes, ont, eux aussi, un genre de plaisanteries qui leur est propre et, quel-

(1) M. Félix Narjoux, architecte de la Ville de Paris a publié à côté d'ouvrages techniques, de très intéressants volumes illustrés sur Tltalie, TAngleterre, rAllemagne.

(2) Francesco Crispi , par Félix Narjoux (avec un portrait). Paris, Savine, 1890.

(3) La chose m'est arrivée à moi-même, en plus d'une circonstance, notamment à propos de mes articles du Figaro, sur le tir fédéral suisse en 1887, interprétés par une petite feuille genevoise avec la plus insigne mauvaise foi.

l'entrevue de FRIEDRICHSRUHE

Bismarck. — A la bonne heure, cara mia, je ne me croyais plus capable de faire une pareille conquête à mon âge. hi Italie. — Heraerciez-en Crispi,un bien habile entremetteur! Caricature de Blass {Tribouîet, 1888).

FRANCE

quefois* leurs <(ues ne sont guère plus bîenveillan- f\ tes (1 ),

(tjYoirno-

iammcnL les

journaux satiriques qui

représentent

toujours la France en

Nana.

attaques ojraphi-

(La fameuse entrevue ! (ou celle qui se fera)

Oh! ça m sera pas long, il ne pèsera pas lourd la hanneton, malgré 8oa fort toupet !

Caricature de Uzès {Triboul't, 1888).

que, sous le second Empire, les caricaturistes berlinois défendaient la liberté du monde entier contre rautoritarisme napoléonien. Quand un pays ne peut pas dire ce qu'il pense, ce sont ses voisins qui parlent en son nom, sans, du reste, se douter du rôle qu'ils remplissent. C'est pourquoi, quand les Allemands feront l'histoire de leur nouvel empire, il ne leur faudra pas négliger comme documents les caricatures de Gilbert-Martin, dans le Don Quichotte, les pages de Blass dans le Tviboulet et dans le Pilori. Ils y verront Bismarck en torero, domptant le taureau Reichstag, ou en charmeuse de reptiles endormant le serpent non moins « Reichstag » sur l'air du Grand Mogol :

Allons, petit serpent,

A ma voix montre-toi docile.

Te rendre obéissant

Est chose bien facile.

Quelquefois aussi, la pensée est plus générale, comme dans cette gravure du Triboulet, où l'Europe dit à Bismarck : « Regarde là-bas, en Amérique, la liberté, la prospérité : ici, grâce à toi, la misère et l'esclavage. »

Combien n'est-il pas regrettable, au point de vue artistique, que Willette, dont les caricatures

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