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LE COMBLE DE LA PRÉCAUTION

La Justice, à Bismarck. — Votre client a été attaqué et vous demandez que le défendeur soit obligé de prendre l'engagement de respecter la paix pendant plusieurs années. Je ne puis vraiment sanctionner une prétention aussi exorbitante.

(PancA, 18 février 1871).

ANGLKTEUIU:

L'Anglais, par le fait de sa situation particulière, par le fait de son isolement territorial est, avant

Bismarck démissionne, toujours la même plaisanterie qui, comme d'ordinaire, s'en ira en fumée...

[Ally Sloper, ^2 mars 1890).

tout, personnel, local. Ce n'est pas un reproche

que je lui adresse, puisque cette disposition est la conséquence d'un état physique particulier; c'est un fait que je crois utile de constater, de rappeler du moins, alors qu'il s'agit d'apprécier, de recherclicr la part prise par lui à la représentation graphique d'une figure européenne.

C'est donc en vain que l'on parcourerait le Punch et ses confrères en caricatures dans l'espoir d y trouver une mine inépuisable de dessins sur les événements de 1870. Durant la guerre franco-allemande, le vieux PoHchinelle anglaisa tenu avant tout à rester neutre : trois ou quatre compositions dont une seule mettant en scène Bismarck, et c'est tout. Allégorie d'une très grande allure, mais qui n'a rien de caricatural. Campé en véritable reître, le chancelier amène la France ensanglantée aux pieds de la Justice. Il l'a réduite à l'impuissance, meurtrie, et c'est lui qui vient contre elle demander des garanties.. Ici la satire est tout entière dans la légende. Ceci fait, l'Angleterre rentre son crayon.

N'a-t-elle pas accompli son devoir?

N'a-t-elle pas protesté contre une plus grande mutilation du vaincu?

Et maintenant, — je ne parle pas de quelques

PDUCH, OR THB LONDON CHARIYARL

WOnKiNQ THE POINTS.

PREPARANT UNE RENCONTRE

Caricature faisant allusion aux efforts de Bismarck pour amener un conflit entre l'Angleterre et la Russie. Les roots Half speed qui se lisent sur l'inscription du bas, répondent à notre : € ralentir. »

{Punch, 4 mai 1873.)

ANGLETERHE 2X]

petits Bismarck, lettres ornées servant à des entrefilets sur les choses allemandes, — pour trouver dans cette caricature de grandes compositions mettant en scène le chancelier, il faudra des événements intéressant, redisons-le , soit la politique de l'Angleterre, soit la cause du protestantisme qui est un peu la cause de la Grande- Bretagne elle-même. Qu'on touche à quelque missionnaire, à un quelconque de ces agaçants colporteurs de Bibles qui finiraient par vous faire prendre en grippe tout ce qui est protestant, et aussitôt on en appelle au prince de Bismarck, et aussitôt on représente le tout-puissant ministre, botté et casqué comme il figure ici, élevant la voix et imposant ses conditions. Tel fut le cas, par exemple, en 1875, lors de l'affaire de « La Luz », ce journal protestant supprimé par le gouvernement espagnol.

Il ne. faut pas toucher non plus à la politique coloniale et commerciale de TAngleterre ; il ne faut pas essayer de lui enlever diplomatiquement ses alliances ; car ses dessinateurs sont là, Tœil attentif, la pointe du crayon prête à traduire graphiquement ce qui se concerte, ce qui se trame dans les chancelleries.

23(i BISMARCK EN CARICATURES

Alors apparaissent des Bismarck en aiguilleur, en colporteur, en représentant de commerce, non pas du vulgaire portrait-charge, mais de véritables tableaux, de véritables scènes animées. Belle caricature, toujours digne, toujours spirituelle, et, avec cela, d'une grande perfection, comme exécution. Les excentricités du dessin, les « clowneries » du crayon sont spécialement réservées aux choses de la vie. La politique c'est de la diplomatie, et Ton sait quel respect les Anglais ont pour tout ce qui touche à cet ars regnandi.

Si j'en excepte une page de petits croquis publiés en 1882 par Moonshine^ dans sa série « Célébrités du jour » et représentant Bismarck en diverses attitudes connues, je ne crois pas que la physionomie du grand chancelier ait jamais donné lieu, en Angleterre, à des études spéciales. A peine un portrait-charge (1).

Et cependant, questions commerciales et intérêts communs mis à part, je ne vois pas la sympathie très vive entre Bismarck et les Anglais : ceux-ci le lui ont bien montré lors du règne de Fré-

(1) Voir The Penod, journal à portraits-charfçe coloriés, qui paraissait à Londres avant 1870.

ANGLKTERRK 23Î)

déric III. Les gravures de cette période ont une nuance de satire qui n'échappe pas à Tœil de l'observateur.

Comme type, les Anglais .ont dessiné deux sortes de personnages : le reître botté, grand, plutôt maigre, et le fonctionnaire gros et gras, serré dans sa tunique d'uniforme représentant bien, aux côtés du John Bull habillé aux couleurs britanniques, une des faces de la force physique. C'est ce dernier qu'on a pu voir sur les allégories relatives aux récentes affaires du Portugal. Mais le Punch luimême n'a pas eu toujours son type de 1871 : le reître botté et casqué a fait place, vers 1878, au type de Bismarck moitié militaire, moitié fonctionnaire, qui s'entend si bien à préparer les rencontres entre puissances amies. D'autres fois c'est un chancelier démesurément grandi, colosse germain conçu par l'œil et par le crayon des Saxons. Des pieds à la tête, du casque au sabre, en passant par la cuirasse, tout indique bien le côté « ogresque » de la puissance germanique.

Voici le chancelier se retirant de la scène politique. Ici il faut admirer sans réserve les compositions anglaises, quelle que soit la forme donnée ;i l'expression de l'idée graphique. Nulle part, h»

sens de la retraite, de la démission, de Fabandon, n'a été traduit d'une façon aussi élevée, aussi ca-

Fermeture.

Ah ! vous donnez congé, prince ! Il y a une boutique, à côté, que j'aurais bien aimé pouvoir fermer.

. . (/«''y, 2 avril 1890).

Allusion de Gladstone à l'opposition.

ractéristique. Ce n'est pas un dessin d'actualité, c'est encore moins une œuvre de satire dans la-

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