‹ Bismarck en caricaturesChapitre 41 sur 53 · PRINCE DE BISMARCK-SCHŒNHAUSEN · texte numérisé non relu

PRINCE DE BISMARCK-SCHŒNHAUSEN

Adieu, enfants, portez-vous bien.

Sur le hras du mannequin, on lit : d Frledrichsruhe ». L'inscription * 3 volosk I» sur la gibecière, veut dire : les trois cheveux » et la banderole enroulée autour du bâton, porte : Vépouvantail de l'Europe.

{Strekoza, 17/30 mars 1890)

Il est un pays» la Hollande, qui, jadis, fut le grand maître de la satire illustrée. Eh bien t en ce pays qui lançait contre Louis XIY tous les burins indépendants du dix-septième siècle, deux seuls journaux se permettent parfois quelques lithographies d'un pénible travail. Par exemple, c'est bien local, plus local que la Russie. Le Bismarck que traduisent les pierres diiNederlandsche Spectator est une sorte d'adaptation hollandaise au moyen du crayon. Et adieu les trois cheveux; cette fois, c'est bien réellement le poli de Tivoire. Un bourgeois de Haarlem vivant modestement chez lui.

Quelquefois, en ces compositions, apparaissent les figures historiques du pays : on peut voir ainsi à propos des affaires coloniales allemandes, Erasme, Rubens,de Ruyter, prendre place aux côtés de Bismarck, et, chose singulière, le crayon revêt une certaine allure lorsqu'il s'agit de dessiner ces personnages.

En tout cas, ceci est à noter, les Hollandais n'ont pas la compréhension du vrai Bismarck : ils ne voient qu'un Bismarck hollandais.

Il est un pays, la Belgique, qui, il y a trente ans, avait un merveilleux journal, EuZenspiegeZ, dans lequel un artiste non moins extraordinaire, Rops,

exécutait de précieuses lithographies satiriques. Aujourd'hui, ce pays n'a plus qu'une ombre de caricature politique, et il n'ose pas crayonner Bismarck. Certaines gens, — des mauvaises langues, sans doute, — disent que si des caricatures paraissaient sur l'homme d'État allemand, elles seraient immédiatement saisies. Je veux bien ne rien en croire et ne voir en cette pauvreté « bismarckienne » des crayonneurs belges qu'un signe de la parfaite indifférence témoignée par l'esprit public à l'égard du Chancelier ; mais, c'est égal, rien, c'est beaucoup.

Pour une fois, sais-tu, on eût pu se montrer plus loquace, graphiquement parlant.

Il est un pays, l'Espagne, qui a eu, de 1867 à 1872, des maîtres caricaturistes. Malheureusement nombre de ces artistes, par suite des événements qui ont troublé si souvent la péninsule ibérique, ont dû émigrer, et sont venus principalement en France. Certains y vivent toujours; d'autres y sont morts. Et l'Espagne, toute à ses journaux d'études de mœurs et de courses de taureaux, se désintéresse de la grande satire sociale (1). Avant 1870, ses

(1) Il n'existe plus guère à Madrid qu'un seul journal à caricatuires politiques : El Motin.

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