‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 126 sur 167 · Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p · texte numérisé non relu

Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p

LA GUERRU M i R1HEE ■ milliers d'objets de toutes sortes, écrit -il dont je ne sais

■■ ni impossible de s inf* rr-sser à chacun dans ce bric-à-brac. On prendrait plusieurs semailles de MB temps, rien que pour s'orienter ». Ahuri du tumulte des l Ixpositïon, il cherche le calme dans les envi-

[s de la capitale, Versailles. Sainl-Cloud. fonUÛue-

.11 l'adorateur des bois et du plein air respire avec bonheur : o Une partie des environs esl très jolie, éerit-U, mme les rires du Lie de Zurich, moins l'eau. sauf la Seine qui est plus petite que le Mein; c'est marneil. avec beaucoup de nids blancs de maisons, pillée . [ea. ■> i m bien i1 bo délasse â rester le soir dans le jardin de l'ion- ( AU clair île lune, un bon cipare, tout près de la c la vue sur celle-ci, les arbres el tes lumières du les Tuileries sur l'autre rivage1 ». On y devise BUT la sienne, sa cherté, son luxe, a L'argenl est lout à 1 un Montmorency ou un maréchal n'est qu'un chien Rothschild, Fould ou Pereyre ».

11 s'y trouve bien cependant, car il y prolonge son séjour, r, il sacrifie un voyage dans le Centre, un séjour aux bains de mer; el quand il part, il rêve d'j revenir, :■■ tourner souvent, une fois de trop.

Il n'a pas été ébloui par les foies, il a regardé nutour de . Il h remarqué qm :

tuf o Paris, Ly I Boulogne, où l'on a conservé les

régiment irlout ailleurs, il n'y a que di

ni en Crimée; à Strasbourg, à Metz, lu «r des * non combattants », ouvriers de maflu-

l. L'.hliI, ::ic. rue de Lille, p un

■ ' irsay-

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factures militaires, gardes d'artillerie1. Bismarck ne parlera plus de la nécessité de protéger la frontière des provinces rhénanes contre une invasion française. Malgré le clinquant des bals et le bercement des orchestres, il a relevé la lassitude de la guerre, l'inquiétude et les deuils des familles militaires, l'aigreur contre la politique astucieuse et cauteleuse de T Autriche, un désir universel de paix. Il a percé les « mensonges » des déclarations officielles, des congratulations solennelles, des notes au Moniteur, des discours et des proclamations. On se « désintéresse » môme des nouvelles d'Orient, on veut la paix, du pain et des jeux.

La guerre était aux heures décisives et aux combats les plus acharnés. Le 16 août, la sanglante bataille de Tralkir donnait un résultat petit si on le compare au sacrifice des vies humaines qu'elle exigea; les véritables vainqueurs furent les Sardes, ils perdirent 28 hommes: à Turin, les patriotes avisés s'en réjouirent : « C'est avec ce sang, disaient-ils, que se fait l'Italie. » Le 5 septembre, la malheureuse Sébastopol fut hachée en morceaux parle bombardement des pièces anglaises et françaises. Le 8 septembre, la prise de MalakolT, lutte acharnée, sanglante, livrait aux alliés la ville dont ses défenseurs faisaient pendant la nuit un immense amas de décombres. Le 10 septembre, les Anglais et les Français entraient dans Sébastopol désert2.

L'Europe croyait la guerre terminée : les puissances qui y étaient restées étrangères cherchaient à tirer parti de leur prudence. L'Autriche soufflait plus fort que jamais dans sa <c trompette guerrière en papier », et, pour excuser sa lenteur à mobiliser, accusait à Paris la Prusse de la paralyser; Bis-

1. Bismarck a Mantcuffel, 44 septembre 1855. Poschinger. Preussen im Ilundestag, t. IV, p. 237.

2. Erreur de date dans Sybel, Die Beyrtindung, t. II, p. 236.

marck proclamait qu'une « sérieuse prise de bec » seule débarrasserait le gouvernement prussien de ces dénonciations * . A Berlin, le roi était « sujet a des emportements », et, mécontent d'être tenu à l'écart de la politique européenne, rudoyait ceux qui lui avaient conseillé de s'abstenir*. Le général de Gerlach sentait proche une éclipse de son influence. « Thirsis, disait-il à l'un de ses amis, il faut songer à préparer sa retraite3. » Manleuffel faisait l'ouvrier de la dernière heure pour participer à la gloire sans avoir été a la peine. 11 offrait ses bons offices à Paris, à Londres, a Pétersbourg. 11 proposait à Vienne une intervention de compte à demi, qui aurait pu se transformer en médiation. Mais il était éconduit aimablement par le comte Walewski, rudement par lord Clarendon, dédaigneusement par le comte de Buol. Les petites Cours tournaient leurs regards vers Paris : sous prétexte de comtempler les derniers jours de l'Exposition, leurs ministres y venaient demander audience à l'empereur et sentir d'où venait le vent. Et les journaux allemands gémissaient sur la maladresse de la Diète, l'impuissance de la Confédération, la déchéance de l'Allemagne.

Bismarck était en disgrâce, le roi le classait parmi les partisans de l'alliance russe, auxquels il ne pardonnait pas sa situation effacée. Et en môme temps le voyage de Paris avait placé le hobereau parmi les bonapartistes, adorateurs du soleil levant. 11 avait beau protester de sa « santé politique. J'ai beaucoup, ajoutait-il, de la nature du canard, l'eau glisse sur ses plumes; il y a loin pour moi de la peau extérieure au cœur. Je n'ai pas été gagné au bonapartisme, au contraire, il m'est tombé comme un poids de la poitrine, quand

1. Bismarck à Gerlach, 7 octobre 1853, Bricfe an Gerlach, p. 2;i2.

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