Duc Ernest de Cobourg. Aus meinem Lvben.t. II, p
3. Rothan. La Prusse et son roi pendant la guerre de Crimée, p. 210-220.
j'ai eu de nouveau la frontière derrière moi; j'aurais pu embrasser le premier poteau noir et blanc1 et j'avais une profonde sympathie de compatriote pour deux fabricants du Palatinat qui étaient dans mon wagon3 ». On ne prenait pas ces protestations au sérieux. Aller à Paris, voir l'usurpateur, rendre visite à l'héritier de Napoléon, et sans mission officielle, pour son seul plaisir, quelle faute!
On le lui fit sentir. A une fêle célébrée pour la construction de la cathédrale de Cologne, la Cour lui battit froid. Mme de Bismarck, qui apparaissait rarement aux cérémonies officielles, fut volontairement tenue à l'écard par la reine el serait restée seule^écrasée sous l'opprobe universelle, sans la galanterie du prince de Prusse qui lui offrit son bras.
La colère du roi fut de courte durée. Bismarck y mit fin par une spirituelle boutade; Frédéric-Guillaume lui demandait son opinion sur Napoléon III; l'autre de répondre franchement : « C'est un homme intelligent et aimable, moins habile qu'on le dit : on met tout événement sur son compte, et s'il pleut à contretemps dans l'Asie Orientale, on en attribue la cause à quelque machination perfide de l'empereur...; on le considère, chez nous, comme une sorte de « génie du mal », méditant toujours quelque mauvais coup pour troubler le monde... ; on surfait son intelligence aux dépens de son cœur, et c'est le propre de son caractère de reconnaître tout service rendu par une gratitude poussée à un degré peu ordinaire. » Le roi rit avec une ironie de désapprobation. Bismarck ajouta qu'il devinait sa pensée et sur l'autorisation du monarque, continua : « Le général de Canitz faisant aux jeunes officiers de l'École supérieure de guerre des conférences sur les campagnes de Napoléon, un auditeur lui