‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 14 sur 167 · Busch. Le comte de Bismarck et sa suite, p · texte numérisé non relu

Busch. Le comte de Bismarck et sa suite, p

2. l*n examen attentif permet de douter de l'authenticité de ce document graphique : il y a quelque contradiction d'écriture entre les lettres de la signature et les chiffres de l'année. Lu date, telle qu'elle est unanimement reproduite, 11 décembre 18:iJ(kalkner, loc. cit., p SI . paraît en tous cas inexacte : car Otto a du quitter définitivement (îoitiniru » en septembre i<& Kn ce sens HorstKohl. Bismarck Hegesten (I8yi«. p. 3. Son exeal universitaire a été dressé à titre provisoire le II septembre et définitif le 30 novembre 1833. Il a donné congé de son logis à la Saint-Michel (11) septembre;-. Le 7 décembre, le recteur et le îvnat l'autorisaient a subir à Berlin une peine antérieurement prononcée à liottingue. Il est donc bien invraisemblable qu'il ait subi cette même peine à (îOttinguc le 4 décembre.

Ses duels, quelques incartades, une plaisanterie brutale et de mauvais goût lui valurent quelques amendes et réprimandes ; il dut enfin payer plusieurs thalers pour avoir fumé dans la rue, faute grave.

Sa réputation s'était répandue au loin ; on le citait avec éloges dans les Universités voisines ; invité h une fête par ses camarades d'Iéna, il fut congrûment et de suite expulsé par le Sénat, tel était son renom de tapageur et de brctteur.

Celte vie charmante n'était que pour un temps. L'examen qui devait ouvrir rentrée dans l'administration ou la diplomatie en marquait forcément le terme. Au bout de trois semestres, Bismarck décida de rompre avec Gôltingue. Ses parents furent étrangers à cette résolution; comme il l'écrivait plus tard, « il ne les voyait que rarement ; par indulgence son père le laissait libre; sa mère le blâmait de loin, quand il négligeait ses éludes ou ses travaux, dans la pensée qu'elle devait laisser le reste à une plus haute direction. 11 était loin de tous conseils et leçons des autres ' ». Mais il sentait luimôme la nécessité de regagner le temps perdu, et la manière dont son existence était engagée à Gôltingue l'obligeait à abandonner cette ville s'il voulait changer son genre de vie. D'ailleurs, plusieurs de ses amis étaient déjà partis ; Motley était à Berlin ; Bismarck quitta Gotlingue au milieu de septembre 1833.

Il laissait à cette Université un médiocre souvenir. Son certificat de départ énumère ses heures de prison et il ne l'obtint qu'il vec difficulté. Il sollicita l'autorisation de subir à Berlin quelques jours de karcer qui lui restaient en compte. Et c'est avec un médiocre bulletin et un billet de recomman-

1. Bismarck, Letire a son futur boau-père, M. de Puttkamer, décembre 1846. Itriefe an seine Uraut und G al Lin y p. 2.

ip l.i geôle académique qu'il se présentai! au palais

1 aterden Linden.

A relu une jeunesse bruyante, on pourrait

e n Bismarck [>:issu son temps entre la salle d'armes

et \.t brosserie, s'occupant du Justînien el do ses lois autant

que du graml Mogol ' », Il y aurait là quelque exagération;

neneemenl de sa M'1 universitaire, tout au moins, il

cours, il lira profil de l'enseignement de

.! vécul dans une atmosphère qui eut -m' lui une cer-

luence; -'il étudia peu il'' droit, il s'occupa davan-

!■ ttres ; il relui tioelhe, Schiller, Uhland el Chamisso;

1 d'admiration pour Shakespeare ; ses amis d'Amé-

■i parlèrent de mœurs nouvelles; il compril des choses

qui lui étaient jusqu'alors incoi 's ol fermées; il voyagea,

icnl jusqu'en Suisse1 . il Fréquenta des gens de tous

''■■• oj ns : il pouvail comparer el choisir;

■'«■ l'avenir, qu'il avail effleuré dans le salon de s:i

celui du passé.

jour A (JoUingur modifia ses idées politiques. A smi

fréqui nté ses trois Américains, el - vécu avec

moments lieurcux, noUimmenl le i juillet 1832 pour

iii ■ ili' l.i di'-i-LiiMliuii d'indépendance des

■ : 1 1 1 1 i ■ pouvaient que confirmer son jeune

m'. Mais il élaît entré dans la corporation arislocr.v

tique de la Hanovera, el la, dans la compagnie de jeunes

■ Ses idées avaient pris un autre tour : sous couleur

■ni :i la famille des Iluhen-

zolh'm, il pril en horn ur toutes les tendances nouvelles des

mds; h'? jeunea gens de la Burschenscha/t

: i ; ji.ill,-: 18TJ :,n Dtm tom riu !<uhVtc LrAijtr

manquaient d'élégance et de crAnerie; il en conclut avec la logique de V'S dix-liuit ans que leurs idées enthousiastes riment lausMi's ri dangereuses. Deux événements Tancrèrent ilniis r< Mi* opinion. Ouelqucs jours après son arrivée à Giittingur, 1rs radicaux réunis en fête h Hambach, dans le Pala- Iniiil, |iriM'|jiiiii'kri*nl la souveraineté du peuple, la nécessité de réunir 1rs Mlals allemands en Hé[>ublique et les gouvernement* «h» l'I'Iumpe en (Ion fédération. L'année suivante, le il n\ ril ISIlîl, cul lieu rérhaulïourée de Francfort, l'attaque de la graud'garde par des étudiants dont deux venaient de (îol hn^ue. Il en eut une \ive répulsion. « 11 était trop bien M\lc à la pniN<*it'iuie pour n èhv pas désagréablement impressionne par l'atteinte qu'une troupe révolutionnaire et tumultueuse portail a l'ordre établi l, «

Il quitta liotliuguo, >an> grand bagage juridique, avec un ivilam ^oùt pour 1 économie politique et des idées très nettes mu h ^ ôcxou-* %lc> \\ i:ple>. le pouvoir du gouvernement, les oi\»:",-. ii,'^ 4-l.i^ n e.-.: : :i »-.t:%. îi*>% doiït il se ervvait par sa nais- «•.;:'. .» ^ .'■» %».» ■■:» ■■.•«* iie\ a:, i-î >;' ivr;t::or in lui lors de Son . i •• .. .■ ". k ■ \. ■ ^ .. ,..- îi. ■:■!.•:. ::.:■.: a:* i\ nsei^nement qu'il

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contenaient tout un programme de gouvernement et qui furent suivies dans l'enthousiasme général. Les maîtres de la pensée, Fichte, Schleiermacher, Guillaume de Humboldt, s'activent et s'ingénient sous l'œil soupçonneux de Napoléon ; les cours s'ouvrent en 1810, et deux ans plus tard, la jeune Université est un centre de patriotisme et de propagande nationale.

Depuis lors, l'Université n'avait cessé de s'accroître et elle avait fait de Berlin la métropole intellectuelle de l'Allemagne protestante. L'enseignement juridique était dominé par la puissante personnalité de Savigny; profond évocatcur des théories anciennes qu'il cherchait à adapter aux besoins nouveaux, Savigny était à coup sûr le premier romaniste du xix* siècle; l'école historique du droit le tient pour un de ses fondateurs et l'influence qu'il a exercée sur la science juridique s'est étendue à toutes les Universités; ses deux grands ouvrages sur Y Histoire du droit romain au moyen dge, et le Système du droit romain actuel ont fixé avec précision et ampleur les évolutions du vieux droit. Depuis 1810, il enseignait à Berlin avec un éclat inconnu depuis le temps de la Renaissance. Il formait à son école les professeurs de tous pays; Motley vint d'Amérique en partie pour l'entendre.

L'enseignement de Savigny ne plut pas ù Bismarck; au deuxième cours, il s'en dégoûta ; peut-être n'était-il pas préparé par des études suffisantes à ces leçons très nourries et de haute érudition. 11 fut plus assidu aux salles des autres professeurs et leurs notes constatent qu'il était un « zélé » auditeur. Outre ses études de droit pur, il s'était inscrit à quelques cours d'économie politique, en parliculier à ceux

d'Hoffmann sur la statistique de TEtat prussien et la science financière; Hoffmann, tout- ensemble diplomate, financier, administrateur, enseignait l'économie politique à Berlin depuis la fondation de l'Université, et ses données pratiques, sa

science tirée des faits, continuèrent pour Bismarck renseignement de Heeren.

Il travaillait plus qu'à Gôttingue, néanmoins il recevait moins de ses professeurs que du milieu où il fréquentait. Il s'était installé avec Motley et un autre camarade de Gôttingue, le comte Kayserliagk, au centre de la ville, « dans un logement très confortable », au numéro 161 de la Friedrichstrasse, près de l'Université. Les matinées se passaient en tète-à-tôte avec un jeune docteur en droit qui le gavait consciencieusement de droit, sous toutes ses formes. Il s'agissait de regagner le temps perdu dans les kneipen de Gôttingue; il n'avait obtenu son immatriculation à Berlin que le 10 mai 1834, il lui fallait en une année se mettre en état de subir l'examen qui clôt la carrière d'étudiant : sa forte mémoire et un bon répétiteur y parvinrent.

Il ne se tua pas h la peine; il consacrait une large partie de son temps à des distractions plus calmes que celles de la Hanovera. Motley avait un abonnement dans une bibliothèque voisine, les deux amis lisaient des livres allemands et anglais, Kayserlingk les berçait de musique, de Beethoven surtout qu'ils aimaient à la passion. Le soir, les trois amis allaient parfois au théâtre, le plus souvent pour entendre les drames de Shakespeare et les auteurs français. Bismarck passait fréquemment ses soirées dans le monde.

S'il ne vivait pas avec ses parents, il était avec eux dans les meilleurs termes, et leurs relations étaient les siennes. Mais il ne fréquenta pas les salons libéraux et de pensée indépendante où sa mère se plaisait. 11 préféra les fils des fonctionnaires aristocratiques, comme Canitz, Savigny, Henri d'Arnim, qu'il connaissait depuis son temps d'école et qui se destinaient comme lui à la diplomatie1. L'esprit qui régnait

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