‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 13 sur 167 · i>> iKMiiils d'âpre^ Montargis et Seignobos, Molley · texte numérisé non relu

i>> iKMiiils d'âpre^ Montargis et Seignobos, Molley

LES D'ENFANCE El DM n DES 83

I les muP9 de sa chambre, — il se pend à la

du Korps, puis o la salle d'armes où il esl tenu de

i moine une heure par jour. Il va ensuite chez le

. ji mr la coiffure de sa crinière el le pansemeol de

fis; il v apprend les nouvelles du jour, paris, défis

il en cause au repas pris en commun ; avec

imène le chien du Korps, l'hiver dans les

:■ ville o en étudiant sur la Weenderstrasse les

a la belle saison dans la Forêt de

sapins où esl élevée mainteuanl la tour de Bismarck, aux

aux de tlardenberg ou de l'Iesse, au Maria

1 m . un beau bois de hêtres où lu bonne société bc

i ■ dig tludianl revient t

le souper, el dans la Boirée il a toujours quel- ■ii qui se prolonge fort avanl dans la nuit. ■ ii' intelligente comportai! trois sortes d'émotions : les paris, il les démêlés avec if juge universî-

i une stupide chose que ces duels entre étudiants »,

Molley, el avec raison. 11.- étaient défendus par te

adêmiquc, mais les écoliers n'en avaient cure el au

empoignaient Icui's rapières, Les nouveaux

leu.v duels dans leur premier semestre : Uismnrek

poin . La ■ «Hume a\ ail édicté un '■"'i'1 des répa-

i insulte v petit sot » exigcail un assaut de douze

■ envers la corporation en rêelamail davun-

■ i duels étaient raremenl dangereux : enveloppés

complet de cuir rembourré, les veux protégés par

grillage métallique, au [xiing une lame de

.i es cherchaient à se balafrer réei-

:. Le mordant pufcle fui élu-

proqucmcnt et le combat se terminait d'habitude par une belle estafilade. Mais il arrivait parfois un accident plus grave, ou un duel au pistolet, alors le juge universitaire enquêtait et punissait.

Au temps de Bismarck, ces duels étaient affaires de chaque jour; pour le moindre prétexte, on allait se battre dans une petite auberge, hors de ville, au Kaiser ; ou bien on provoquait tous les membres d'une corporation, et on avait trente à quarante duels en provision. Un bouillant « Lunebourgeois » dépassa la centaine. Bismarck était plus calme ; en trois semestres, il n'eut que vingt-huit duels. Il y eut d'ailleurs une chance singulière, il ne fut blessé qu'une fois par Biedenweg qui le saigna au menton ; et même le coup était discutable. Trente-quatre ans plus lard, au Parlement, le chancelier fédéral reprochait encore au député Biedenweg ce coup illégal, il l'appelait plus énergiquement Sauhieb1. La corporation d'Hanovre avait décidé que cela ne comptait pas et surnommé son vaillant Otto « Achille l'invulnérable ».

On ne pouvait se battre sans trêve ; pour se reposer, la jeunesse se livrait aux paris. II y en avait d'absurdes, comme celui d'un ami de Bismarck de sauter avec son cheval « pardessus la roue tournante d'un moulin... Il croyait son honneur engagé... Le beau cheval arriva au petit galop par le bief jusqu'à la roue écumeusc. Sans hésiter, il porta son cavalier sur la roue et dans le fond ; mais ni l'un ni l'autre ne s'en releva ». 11 y avait des paris intelligents, comme celui de Bismarck sur les destinées de l'Allemagne. « Je pariai, a-l-il raconté plus lard, avec un Américain, Colfin, qu'en vingt ans l'Allemagne serait unie... Dès lors, j'avais la pensée et

i. Hlum, Fiirsl Bismarck uwl seine Zeit, t. I (1804;, p. 3i>. 2. Kcudell. Bismarck et sa famille (1002;, p. £.

l'espoir de l'unité, bien qu'à ce moment je fusse en état d'hostilité avec ceux qui la voulaient1 ».

Enfin les Korpsstudenten étaient occupés par leurs démêlés avec le juge universitaire; tenus en suspicion par le gouvernement, ils devaient solliciter pour leurs associations une nouvelle autorisation ; ils n'en faisaient rien et tenaient l'emprisonnement pour un titre de gloire. A la suite de quelques exploits, Bismarck était devenu senior de la Hanovera. A ce titre il avait pris part à une interminable querelle entre corporations ; cette affaire avait été l'occasion de duels nombreux ; le juge universitaire s'en était saisi et avait distribué des peines à foison. Bismarck fut frappé de quatre jours de prison, strenges karcer, et de la menace d'expulsion, concUium afreundi, s'il prenait encore part a une association non autorisée; il consigna lui-même la formule du jugement et y apposa sa ferme signature ; mais de la menace, il ne fit que rire.

Pour avoir dirigé un duel au pistolet, Bismarck fut encore condamné à dix jours de prison. La peine était subie dans la prison universitaire et au musée municipal de Gôllingue on montre avec orgueil une vieille porte de cachot avec l'inscription : V. Bismarck. Han (Hanovera) XI. D. 1833. Otto l'aurait tracée lui-même pour charme»* les loisirs de sa réclusion *.

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