‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 148 sur 167 · Voyez supra, p. H · texte numérisé non relu

Voyez supra, p. H

2. Abréviation do Fliïgel-adjudant ManteufTel il'aide de camp Manleuffel) el qui aboutit à signifier « le diable ailé ». Bismarck à sa femme, !•> septembre 1859. Briefe an seine Hrautund (iattin. p. 449.

M au eh. -- Hi«inarrk. I. — 31

par sa crânerie, son audace, la dure précision de ses idées, et le puissant chef de cabinet le servait auprès du régent et de certains ministres.

Roon et Manteuffel étaient parvenus à persuader le président du conseil, prince de Hohenzollern et le ministre d'Etal. Rodolphe d'Auerswald, de Futilité de confier à Bismarck le portefeuille des Affaires étrangères. Mais le régent n'était pas convaincu; il présida une sorte de conseil où Bismarck développa le programme qu'il engageait à suivre; d'après l'ambassadeur tout le mal venait de la condescendance envers l'Autriche « qui a dominé la Prusse depuis Olmûtz... ; le gouvernement de Berlin, ajoutait-il, est hypnotisé par son puissant voisin, comme une poule emprisonnée par un trait tracé à la craie » ; il importe, pour résoudre la question allemande, de convaincre la cour de Vienne que la Prusse ne craint pas « la rupture et la guerre »; il est indispensable de conserver l'entente avec la Russie, mais, en exploitant avec habileté l'influence de la] Prusse à Pétersbourg, il est possible de ne rompre avec aucun des deux Empires1. Bismarck n'osait aller jusqu'au fond de sa pensée et indiquer la possibilité d'un accord avec la France. Le ministre des Affaires étrangères, Schleinitz, qui ne désirait pas avoir un successeur, opposa à l'argumentation de Bismarck le testament de Frédéric- Guillaume III, et touchant la corde sensible du régent. indiqua les « dangers de l'Ouest », le péril d'une alliance avec la France. Le trait avait porté : le prince Guillaume répugnait à un rapprochement avec 1' « ennemi héréditaire »; admettre dans son conseil un partisan de cette entente était au-dessus de ses forces.

Pendant sept semaines, le régent hésita. Bismarck désî-

\. Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I, p. 301 et suiv.

a pAthuboorq wa

rejoindre aon poste don! il Mail absent depuis dix nais ; chargé d'affaires, Perpeneher, y av.-iil été nommé peur ij>léer a l'insuffisance des secrétaires; nteîfl l'ambassadeur aspirait a son installation, à la vie de famille. H demaudaîl tu prince Guillaume son-audience de dépari ; à ptuaietirB reprises, te régenl la lui accorda, pou» le retenir .m dentier moMMrl Il «Mail même qii.'sliuii d'accorder D Seiilciuilz un congé de deux rrmis et '!>■ confier provisoirement à liUinarek le mini —

amures étrangères, comme A tHn d

live fort désagréable a Bismarck', car il n'aurai! eu aucune

initiative ni action personnelle pendant un si eourl di L événements hâtèrent la décision du régenl ; GaràbeJdi avait

brosquetnenl comm '('■ l'i .v jn -il (tiuJi des Mille, abordé à

. assiégé Païenne; le régenl se dejnendail jusqvroù pousserait » l'audace révolutionnaire »; — devaul L'opposi-

ii li- la Beeonde Chambre, le minist ci' avail satin le projet

.le toi militaire el a'étail contenté d'un crédit supplransentaire, '.i millions de Lhalcrs pour quatorze mois; la Couronna n'avsil donc plus besoin de dompleur parlementaire; — snfin lUl l'insistance du Napoléon 111, le régenl s'était décidé a lui i une entrevue, mais dans des conditions '■■ I

■ i hostilité plus que d'amitié- Bismarck n'i ii utile ni écouté A Berlin. I i! partil pour Pétersbourg

La visite de Vapoleon eut lieu a Bade Au miUm de juin ; ■

avoienl répandu le bruil qi

peretur cspéraîl ■■ obtenir quelque agrandissement du roté du

Mliiu el ■! gennanique •>. Pour* riposter par

le prince Guillaume avait convié bous les priants

allemands à l'accompagnera Bade, en escorte <i'liunneur et

i t86U. Briffe u» n

de protection; ils y vinrent tous, curieux et inquiets; Napoléon entretint le régent de ses dispositions pacifiques, puis il reçut les princes; mais ils étaient hérissés de terreur, et nul ne se livra « au grand désappointement de Napoléon... C'est un coup manqué1 ». Le lendemain de son départ, 18 juin, était la date anniversaire de Waterloo; le prince régent réunit solennellement tous les souverains venus à Bade cl leur parlant avec ostentation « des dangers qui pourraient menacer l'Allemagne un jour » leur promit de « défendre l'état territorial de la patrie commune ». Et le mois suivant, comme pour se laver des souillures de Bade, il avait à Teplitz une entrevue avec l'empereur d'Autriche. Ainsi la visite de Napoléon, loin de rapprocher la Prusse et la Franc?» ava^ ramené le gouvernement de Berlin à une entente avec Ja cour de Vienne.

Bismarck, parti de Berlin mécontent, un peu aigri, raillait avec mordant le « nouveau parterre des rois » de Bade. « Ces messieurs, écrivait-il ù un ami, ont perdu l'instinct de leur dignité. Une entrevue d'affaires et de politesse de notre princr avec Napoléon était quelque chose de tout naturel. Par leur adjonction importune, c'est devenu une réunion corporative des princes allemands, dont Napoléon saura bien se servir pour contrarier l'un par l'autre et nous compromettre1 \ >» II n'était pas moins mécontent de l'entrevue de Teplitz où les souverains d'Autriche et la Prusse scellaient à nouveau une amitié qu'il regardait comme néfaste pour son pays. « Nous paraissons n'avoir rien promis de définitif à Teplitz, écrivaitil, mais subordonné nos sacrifices à cette condition que l'Autriche prouvera d'abord pratiquement ses bonnes intentions; cela fait, elle pourra compter sur notre reconnaissance. Cela

1. Malmesbury. Mémoires d'un ancien >ni?iistre> juin 1860, p. 308.

2. Bismarck a WYntzcl. Ifijuin 1 800. Bi*marckbriefet p. 289.

A PÈTKRBI

iwinn-r.iit satisfaction. Mais Je reçois des nouvelles indi-

eqoî résonnenltoul autrement : nom n aurions pas conclu

irantk écrit, mais nous nous serions obtins

ment ii appuyer l'Autriche en toutes circonstances, si

attaquée pur la France en Uiilie... Un correspon-

dnul bien informé, mais un peu bonapartiste, m'écrit de

Berlin : » \ons avons été rasés de la plus belle iDAtûèn 1

avec loulc la grftce viennoise, el vendus pour rien.

■ 13 itn plat de lentilles'. ■>

cl prêchait dans le désort, on ne l'écoulait plus Dans e, sn politique d sa personne étaient vivement crilimatetrein, la Gazette de Magdebourg, la dazcttr de la Prusse orientale menaient campagne contre ses iuleoniennes el prétendaient qu'il m nurail des ouvertures pour une cession de La province du Rhin movenn.ii ment b l'intérieur ». 1! croyait que

. [uea venaient du dui de Cobourg, chef du parti allemand; peut-être avaicnl-cUes leur ori fine a Berlin même et dans les sphères ministérielles. Il était dans une période d'eflV de sa carrière politique, et pendant une année, le seul : on lui demanda fut d'accompagner le régent a V.u- ■

L'été de 1800 avait été mouvementé en politique : Garibiddi avait continué se victorieuse expédition des Mille, con- Lroît et fait son entrée solennelle dans ne ville de Naples; on pouvait craindre que la révolution s'étendit par contagion aux Étals du Pope, a la Vén - Lie, a la Hongrie, à la Pologne. Napoléon III, mal entourage clérical elsea affirmations réactionnaires, inquiétait

i Oismnrck A Beiow, ît aoO

■ ■. sur 1m entre» ues di I ■'< r», p. 210 ri (tulv.

par ses allures mystérieuses et sa duplicité; il flattait tous les partis, rappelait son ambassadeur de Turin alors qu'il recevait Cavour, et proposait un Congrès pour régler les affaires italiennes. Les trois souverains de droit divin se réunirent donc en octobre à Varsovie pour délibérer sur la situation de l'Europe et plus spécialement sur le projet de Congrès. Alexandre se montrait enclin à l'accepter ; Guillaume et François-Joseph se dérobèrent. L'empereur d'Autriche était arrivé avec un projet de coalition contre la France ; ses deux interlocuteurs l'engagèrent vivement « à se renfermer dans une réserve prudente » ; pour le calmer, ils lui déclarèrent tout net que s'il prenait l'offensive, c ils l'abandonneraient à ses propres forces i ». Bref, rien n'advint de ces solennelles assises, qu'une amélioration dans les relations des Cours de Vienne et Pétersbourg. Bismarck ne fut pas mécontent de ce résultat négatif: dans un long entretien avec le prince de Hohenzollern, il avait insisté pour une politique d'entente avec la Russie, de réserve envers l'Autriche * ; les conférences de Varsovie n'avaient rien compromis, elles avaient même signalé les divergences des politiques nationales sans les fondre ; cela lui suffisait. A la fin d'octobre, il se hâta de retourner à Pétersbourg, où on le laissa plus que jamais à l'écart; en mars 1861 , il se plaignait de n'avoir pas reçu de correspondance par courrier depuis de longs mois ; pour qui sait l'indiscrétion de la poste russe à l'époque, cela signifiait qu'il n'avait aucune communication sérieuse avec son ministère.

Il passa une année dans ce calme à Pétersbourg, de juin 1860 à juin 1861, sauf la courte interruption du voyage &

i. Montcbello à Gramont, 3 novembre 1860. Belcastel à G ru m ont, 6 novembre. Thouvenel. Le Secret de l'Empereur, t. I, p. 281 el suiv.

2. Cpr. Filrst Karl Anton von Hohenzollern dans la Revue Sont umd Siid, novembre 1884.

\ PiiTEBSl Wl

. il jouil avec volupté de la vie de famille, dont il

ivail été sevré pendant ai longtemps; car ce lutteur, au

. élail un homme d'intérieur, aimanl

■ intime et de ménage, le piano de sa femme les

cris joyeux des enfants, les longues conversations avec un

.■■ la joie d'un bon cigare el d'une chope mousseuse.

Il avait loué sur le bord île la Neva une maison spacieuse

et élégante; son cabincl de travail avail - vue sur le fleuve,

un pont, dans le lointain l'orée d'un buis >•. Il y passait la

grande partie de son existence ft travailler ou a Fumer en

regardo.nl l'avenir; il écrivail à quelque ami sur le sujet du

sœur, des lettres ou les événements

politiques, la société russe, les nulle riens qui sont la baule

l.i rainilk' riaient mêlants en une salade aguichante

lis iail sa verve caustique, Un visiteur arrivait d'Al-

lemagne, Kcudcll, pour se griser de musique avec M de Bismarck, Keyserlûig pour causer dos souvenirs universitaires ; il promenait l'un ou l'outre aux Iles en voiture découverte, i avec de petits chevaux qui filaient ventre à terre sur lepavéef

|C m.!. -ailaiii, dan- des sapinières , des DOIS de DO

à*nilnes et d'érables qui encadrent de vastes pelouses1 ». A midi, il recevait b dîner ses intimes, ■■ à ta fortune du pot, car un ambassadeur qui ne touche que trente mille Uuv ban est oblige de se restreindre1 •. Le soir venaient les membres de la colonie allemande, de riches négociants, un colonel au service de la Russie, un compositeur jadis i Adolphe de Henseldt; avec les membres de la légation, on liuvaii en cauaanl du pays cl chacun se retirait à onze : caria santé du Chef exigeait encore quelque ménagement. il ne se confinai! pas dan-. <•• m.- vie de ramUle el montrait

i. Keudi II Ut, p "- el suit

j. Btoman k a H ■.■■. p 300,

quelque assiduité à la Cour où il était persona grata. On y connaissait sa sympathie pour une alliance de la Prusse et do la Russie, et les efforts qu'il avait faits à Berlin pour convaincre le régent et les ministres de son utilité ; il mettait d'ailleurs quelque coquetterie à séduire ceux qu'il fréquentait ; il avait appris le russe, dont il ne savait traître mot à son arrivée1, et bientôt, grâce à son merveilleux don des langues, il le posséda suffisamment pour s'entretenir avec le tzar dans l'idiome national du souverain. La politesse était habile, elle lui permettait de parler avec les ministres de l'Empire, en présence des étrangers interdits et vexés ; il avait ainsi barre sur les autres diplomates. Alexandre 111 avait été sensible à cette attention ; au retour de Bismarck, « il l'avait pressé dans ses bras et avait manifesté une joie évidemment sincère de le voir à nouveau2 ». Le tzar avait avec le diplomate des entretiens familiers où il s'abandonnait en confidences sur les difficultés de sa vie personnelle. L'impératrice douairière prodiguait à Bismarck les attentions délicates qu'elle lui avait témoignées dès son arrivée, et sa mort, en novembre 18fiOT causa à son protégé une affliction réelle. 11 fut pris en mémo affection par la grande-duchesse Hélène, une femme « délicieuse, rayonnante d'amabilité, d'une distinction si haute et si aristocratique et pourtant si loin de la froide atmosphère des Cours3 ». Au jour anniversaire de la naissance de Bismarck, elle reçut l'ambassadeur et sa femme en dîner intime, les charma par sa conversation « si franche, si intéressante, si animée », et les congédia sans leur dire adieu, « sous prétexte que cela lui ferait trop de peine v ».

1. Ui.^marek à sa femme. 20 mars 185U. Hriefean seine Braut uml Gatlin, p. 407.

± Bismarck à M»* d'Arnim, 13 juillet 1860. Luc. cit., p. 291. :t. M"- de Bismarck a keudell, 2 février 1861. 4. M«« de Bismarck à Keudell, 16 avril 1802.

A PKTKIISBOURG 489

Dans l'entourage de la famille impériale, Bismarck rencontrait quelques grands seigneurs de haute allure, d'éducation classique, appartenant à la « crème » de la civilisation européenne1 : c'étaient le ministre des Affaires étrangères, GortschakolT, « dont la vanité exagérée constituait une certaine infériorité » ; le vieux prince Orloff, « d'un caractère sûr et d'une courtoisie distinguée »; le baron de Meyendorf, jadis ambassadeur à Berlin et à Vienne, « l'homme le plus sympathique par son éducation, la politesse exquise de ses manières ». Il avait épousé la sœur du comte de Buol, l'ancien chef du cabinet viennois ; une autre sœur était mariée à M. de Vrints , propriétaire de la Gazette de Francfort ; les deux femmes étaient charmantes, fines et de conversation brillante, et Bismarck, qui détestait le ministre autrichien, ne manquait pas de dire que « dans la famille des comtes de Buôl l'intelligence tombait en quenouille ». 11 se plaisait moins dans la compagnie des jeunes seigneurs ; à son goût, « ils affichaient de mauvaises manières »; peut-être leur aversion pour la culture allemande, leur goût pour la civilisation française ou anglaise étaient-ils les causes réelles de cette antipathie.

Dans ce monde brillant, Bismarck se créait d'utiles relations : Gortschakoff lui communiquait les rapports des diplomates russes ; des amis personnels lui soumettaient les notes autographes de l'empereur ; l'un d'eux en le quittant ajouta : « Vous allez naturellement faire un rapport à Berlin ; n'employez pas tel chiffre, nous le possédons depuis des années *. » Par ces relations, Bismarck connaissait parfaitement les dessous de la politique russe ; ses renseignements étaient si personnels et rares que le cabinet prussien s'en méfia, — l'ambassadeur était tenu pour suspect au ministère de la Wil-

4. Bismarck, Pensées et Souvenirs, l. I. p. 279 et suiv. 2. Bismarck. Pensées et Souvenirs, t. I. p. )2tM.

r'TOTI

helmstrasse, — et que Schleinitz envoya pour les contrôler le comte Munster, jadis attaché militaire à Pétersbourg; après vérification, le censeur ne put que reconnaître la sûreté des • indications transmises à Berlin.

Bismarck se plaisait à la vie russe, avec l'accueil facile encore que hautain, l'hospitalité fastueuse, les repas abondants, les amples buveries; il aimait, jusque dans sa vieillesse, à retracer ses voyages aux châteaux impériaux, Péterhof ou Tsarskoë-Sélo, la table toujours prête « avec plusieurs services, trois ou quatre sorte de vins de première marque ». L'homme de haute taille, d'appétit vigoureux, supportant bien la boisson, était à son aise ici. Le caractère national lui convenait, avec sa rude franchise, son respect de la hiérarchie sociale et de la force ; il ne craignait pas de chevaucher dans les foules en civil et sans domestique, au risque d'être rudoyé, « au propre et au figuré, en paroles et en actions; la cravache à la main, maître de son cheval, il montrait en cas de conflit avec un carrosse qu'il avait les mêmes droits que celui qui occupait l'intérieur de la voiture ».

Il aimait la campagne russe, la splendeur de l'hiver avec les neiges à l'infini, le printemps rapide et chaud, la campagne verdoyante, l'automne qui « rougit et jaunit le feuillage des bouleaux et des érables. Au fond, les toits verts de la petite ville, à gauche une église avec cinq clochers dorés en forme d'oignons, et le tout bordé à l'horizon par une immense plaine de taillis, de prairies, de forêts, avec ses nuances brunes, grises et bleues1 ». Il s'était plu à Moscou, « la ville aux coupoles innombrables ; il avait admiré la vue du Kremlin avec cet horizon émaillé de toits verts, de jardins, d'églises, de tours aux formes et aux couleurs les plus étranges, vertes,

1. Bismarck à >!■• d'Arnim, 4 octobre 1860. Bisinarckbriefe, p. 297.

K PâTERSBOBHG 191

ou d'un blru clair ». Il jouissait des plaines giboyeuses, aurioul de la grosse bêle en hiver, élans, ours et loupa; il arpentait les neigea, couvert de peau de mouton, aspirant avec délice l'air glacé, « l'air dea forets vierges "û l'Iiomme tj";i point passé, vrai paradis pour le chasseur. — Vous allez trop peu à la .-liasse, reprochai l-U â KeudéU; la vie du

chasseur esl \ jmîihcm! naturelle à l'homme. Quand bîe fane

on ne peut rester qu'un jour dans les bois, on en rapporte

toujours nu réconfort sensible. » Et le soir, dans !<■ cabinet dé l'hâte) au bord de la Xévn, furannt el buvant, il allongeait de chasse, le ■ troî ■ ours, les on» loups, tandis que dans la chambre deux pelils oursons, orphelins par son fait, morditlaienl gentimenl lea mollets des visiteurs. Il i-iaii ili'iici.'itsctni'fii juin de Berlin.

III. — En Prusse, la crise intérieure s'aigrissait* aggravée par la mort de Frédéric-Guillaume IV. Le malheureux monarque avait vécu pendant trois ans d'une existence végétative, avec quelques intervalles lucides, - telle une mine détruite où brillent encore des liions d'argent1 ». Dana la ntiii du !•' au 2 janvier 1861, il s'éteignît doucement entouré de la reine, de son Frère, de ses vieux compagnons1. Maintenant Guillaume était roi, el déjà déçu du pouvoir; ses «pâle libéralisme n'avaienl pas réussi; entre le i auquel il était attaché paj m corar,

me parlementaire qu'il avait loj alemenl tenté, il

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