‹ Bismarck et son temps (volume 2)Chapitre 19 sur 167 · Mente lettre du 22 septembre · texte numérisé non relu

Mente lettre du 22 septembre

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i.-.-. cours qui lui seront utiles; il étudie fous

■ - avec un étudiant en médecine qui prépare quelques kilomètres tir I. vÎIIk, à Etdena, l'Ins-

ronomiquc lui uflW* les tvsstiiitves les plus étendues ; le 1 est lui-même a la K-te d'un vaste domaine;

« il 11 transformé les '.-'rvr- froides cl 'écageuses en lots

les meilleurs du pays ». Bismarck \ isite ces ■ uni lenui pr sqm templaire ». les briqueteries,

l •■<■ (|Mi peu! servir i'i un futur agi

ml pleines,

bre interrompt celte vie de joyeux travail. Le

ii r 1839, M" .li' Bismarck meurt a Berlin, où on

. i :-r pour une opérotiou. 1 tepuis de longues

années, Otto n'avait pas vécu chez ses parents; elle-même

n'avait pas eu pour lui tous le» soins e( toutes les calinerïes

■ ■ rodiguo il son petit. Mais elle était sh mère,

■ii de ce qui disparaît pour lui. « Ce

■ pour son enfant, écrivait-il huit ont api es, on

rd, quand elle est morte ; l'amour

maternel, même le plus modéré, même mélangé d'égoïsme

■■.!■■■ ni géant fi côté de l'amour filial1. »

fjptlr lu sépara lion de la lu direction de Sel hausen, nù il

■ 1 1 1 Ii. - Malv. ine, alors 6gi c de - ■

deux fils seront a la lète des doinnines de Poméranie, Oltotermililaire ; à Pâques, il s installe à Knieplmf,

ad il s'y élaltlit, il il trente :ms Inrsqu'il II q ise donc le temps où la personnalité

lomme, où son caruclt re, . m int<

forment définitivement. Ce long séjour a sur Otto de Bismarck une influence profonde et ineffaçable.

Pour comprendre entièrement ce rude caractère, il faut avoir visité cette partie de la Poméranie et ressenti son rude climat ; la plaine s'allonge au loin, triste et monotone, le vent de la Baltique que rien n'arrête, la balaie en secousses. L'hiver est terrible, le baromètre descend souvent à vingt degrés; la neige s'étend à l'infini, s'amasse sur les routes, tue toute vie. Au printemps, le dégel et les pluies couvrent le pays d'inondations. Le sol est peu fertile, les villes sont petites et clairsemées; Naugard, la plus proche de Kniephof, n'est qu'une bourgade, avec des maisons basses, des rues mal pavées, des boutiques médiocres et des auberges sans faste. Les châteaux sont isolés; le jeune ménage de Blanckcnburg, à Kiïssow, n'avait que deux ou trois voisins à vingt kilomètres à la ronde, et qui n'étaient pas mariés1. Les gentilshommes campagnards n'ont pour distractions que la chasse, quelque fôte à grande beuverie, une fugue à Sletlin ou Berlin.

C'était une lourde tâche, pour ces deux garçons de vingthuit et vingt-quatre ans, de prendre la direction personnelle de cette vaste exploitation. Ils n'avaient aucune expérience, à peine quelque science dans le métier qui demande le plus de pratique, peu de crédit, un capital très écorné. Ils trouvaient des terres mal entretenues, une exploitation mal conduite. Au commencement même, leurs efforts se contrariaient, et ils durent se séparer; Bernard, landrath de Naugard, prend le château de Kùlz, qui est le plus près de la ville; Otto conserve Kniephof et Jarchelin ; et ceci est très dans son caractère, l'impossibilité de travailler avec un égal, même son frère.

1. Ilismarck, Lettre à son pore, dimanche de Pentecôte 1845, Bismarck- Jahrbuch, t. I (1804), p. 8.

ulm les difficultés, loin de le relnder. r;iiguii!(.mnent, il se

uvrlii' tache, corps et âme ; toute la journée; il

■ îiampa, percouranl a cheval les Labours et tes bois,

-. -'■ - J ■ ■ 1 1 3 ■ ■ il pour ses ;n luils, ses veilles,

. il les cl ses recolles. Sa correspondance en est loule

nourrie. « ( l'est avec la plus grande peine, écrit-il a ■

que je résiste ;m désir de remplir ma leltre de lamentations

l'administration de mes terres, les gelées de nuit,

. malade, le colza de mauvaise Lippinviicc, 1rs agneaux

■ brebis affamées, la disette de paille, de pommes

. d engrais cl d'argent... 11 sera difficile de s'en Urer

née avec celle mauvaise moisson, les prix si bas el

iiiver'. La grêle m'a détruit une partie const-

■!■■ blé... Les ei>[isi'i|iii'i]ees île l'iinmdalion ont été

beaucoup d'acacias, plus de la moitié des frênes sonl

Malgré tout, son activité a rais le lu mauvaise fortune,

'■1111-''-, r ïlre, les lerres mieux aménagées

ni régulièrement. ( liaque année, Bismarck peul

■<u capital d'exploitation. Les gens de culture se

bien dirigés; le jeune maître esl brusque parfois,

muis il les iiime, il les comprend, il partage leurs peines el

il se mel en conta* i dir 'cl avec eux, mieux que ne

i i ministre... ; heureux quand il a

pu mettre d'accord quarante el un paysans, qui lotis se détes-

auraii ni chacun payé volontiers Ironie Ibalers pour

.i en payer dix'. » Il est prêt à se dévouer

■ ,„,.'! avril IHta, Biitmai-rkhriefe. p. -i. I .nrtic

p. ÏS.

ttraitt u,id Valtin,

pour ceux qu'il commande : en 1842, alors qu'il faisait une période de service militaire, son ordonnance tombe dans un lac et est en danger de se noyer ; Bismarck se précipite tète la première dans l'eau, et empoigne l'homme; celui-ci se débat dans son angoisse, tous deux coulent à fond ; heureusement le soldat s'évanouit, Bismarck peut nager librement, traîne son serviteur jusqu'au bord et le sauve. Les témoins l'acclament, la gazette locale le glorifie, le roi lui envoie une médaille de sauvetage1. A Francfort, beaucoup plus tard, un diplomate lui demande quel est cet ordre qu'il porte sans autre. Bismarck lui rétorque : « J'ai l'habitude de temps en temps de sauver un homme. » Et ce fut dit sur un ton à n'y point répliquer.

Il aime presque autant ses bêtes : de sa jeunesse à son vieil Age, de Gotlingue à Kriedrichsruhe, il a eu la passion des animaux forts, dogues puissants, chevaux robustes et vites. 11 en entretient longuement sa fiancée : « Avec chagrin je me suis séparé aujourd'hui de ma bonne jument Miss Breeze ; elle est tombée plusieurs fois sur la digue avec moi sans raison, ce qui est un signe que comme cheval de selle elle a fait son temps pour moi. Dans combien de pays, et par-dessus combien ch1 fossés m'a-t-clle porté ; elle trouvera maintenant le repos cl pourra s'adonner jusqu'à la fin de ses jours aux joies de la maternité J. »

Sa grande» joie, c'est de chevaucher à franc étricr, bride abattue, à travers prés et guérets, buissons et forêts. Parfois il fait des chutes retentissantes, à briser des crânes moins robustes ; « il demeure évanoui trois quarts d'heure, seul en un pay> inconnu, se relève couvert de sang et se traîne à une

I I " ii L'i'i-, rn/rrrct/uiif/rn mil Itismarck, II. 192.

J I : s - ■ 1 1 .- 1 1 -< k h mi fi.innV, 27 fevrior 1847. Briefe an seine Urami und

i'mlhn, ji. .ili

ferme voisine»; ou bien «son ehevalse renverse sur lui; quand il revient à lut, il n'a qu'une partie de sa connaissance, une moitié de sa raison était bonne, l'autre ne l'était pas1 ». Un autre s'y serait tué ; il en revenait toujours. Une légende se forme autour de lui ; les jeunes femmes n'en parlent qu'en chucliotant comme d'un être extraordinaire, quelque peu possédé du démon ; elles l'ont surnommé « der toile Junker », le hobereau fou; et ce mot de Junker lui convient, qui désigne le nobliau attaché à sa terre, brusque et de verbe haut, adorateur des vieilles idées, ennemi acharné de la Révolution française*.

Il chasse éperdùment. Pour se joindre a une battue, il passe une partie de la nuit à cheval. 11 est célèbre aussi par les farces qu'il fait à ses camarades ; pour les réveiller, du jardin il tire deux coups de pistolet dans leur chambre, « les vitres tombent en éclats, les balles s'enfoncent dans le plafond au-dessus de la tète du dormeur, et le plâtre tombe sur son lit '». On ne résiste pas a de tels arguments. Ses plaisanteries sont parfois sinistres, comme le jour où il offre un pistolet à un ami qui s'embourbe, pour lui assurer une mort plus prompte, au lieu de lui tendre un bftlon.

Ce besoin de bouger, ce diable au corps l'entraîne dans toutes les directions, a II fait un jour 03 kilomètres a cheval, pour aller danser le soir à la station balnéaire de Polzin, et y faire la connaissance d'une jeune dame fort entourée. Il lui fait la eour, paraît lui plaire et pense aux accordailles. Le jour suivant, il renonce a cette idée... ; d'une humour massacrante, il part à la nuit pour rentrer1. » Dans les châteaux

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