l'rokesch. 28 avril 184'.), toc. cit., p. :Ui
Ii Biedermann. Geschichle,î* partit», 1810-1871, t. I, p. 427 et suiv. ana-
Délibérer, c'était bien l'affaire des royaumes qui voulaient gagner du temps. Los petits princes, qui avaient adhéré entièrement h la Constitution impériale, ne pouvaient la mettre encore en discussion, et le roi de Wurtemberg profitait de son adhésion à Francfort pour s'abstenir de la conférence de Berlin, et de la conférence pour retirer son adhésion.
Le 17 mai, les plénipotentiaires de l'Autriche, de la Prusse, du Hanovre, de la Saxe et de la Bavière se réunissaient gravement. Dès le début, M. Prokesch déclarait que le gouvernement de Vienne ne pouvait pas admettre la conclusion d'un pacte étroit entre la Prusse et les autres Etats de l'Allemagne, dont l'Autriche serait exclue * : comme le plan de la conférence aboutissait ù ce résultat, le plénipotentiaire de l'Autriche n'avait qu'i\ se retirer, ce qu'il fit immédiatement. Le plénipotentiaire bavarois, comte de Lerchenfeld, ne resta guère plus longtemps ; il écouta avec attention le général de Radowitz exposer les projets de la Prusse, mais fit observer qu'il n'avait pas reçu d'instructions de son gouvernement; au bout de peu de jours, il déclara que la Bavière ne pourrait admettre un Etat unitaire où elle n'aurait point part directe et personnelle au gouvernement et il prit le chemin de la retraite que lui avait déjà montré Prokesch. Avec la Prusse, il restait simplement la Saxe qui devait à Frédéric-Guillaume quelques égards pour son intervention à Dresde, et le Hanovre qui n'osait heurter de front la Cour de Berlin.
Incapable d'une action suivie, le roi de Prusse ne pouvait se consoler de la séparation de l'Autriche : il négociait sépa-
lyse longuement ces noies et relève très exactement leurs contradictions. D'après la note au pouvoir d'Empire, il s'agissait d'entente entre le Parlement de Francfort et les gouvernements : d'après la note aux souverains, il s'agissait d'entente entre les princes seulement.
4. Rlùpfel. lïesckichte der deutschen Eïnhe\Lsbc*trebu*gen èU s* iktr Erftillung, 1848-1871, t. I, p. 12G.
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<-Uc en grand mystère, sans se tloulcr que l'Au- .'II courant de ces délibérations et les maantH »ur In valeur réelle de leurs engagements. Sans inquiétude désormais, la Saxe el le Hanovre accédaient en la forme aua isse, et, Ie2li mai, signaient avec elle
. — l'alliance des Trois rois, - pour assurer « la ire el intérieure de l'Allemagne et l'inviolabiuuioti », Les alliés iuvilaicnl tous les Etals allemands a se joindre a eux el leur proposaient un pL.ii il,- OwnliUiiinti , lijulowilz, auteur de ce projet, avait Unit c ■ '(m était encore utilisable des décisions de Francfort, mais i! avnil alTaibli l'autorité du pouvoir central ndance îles Etals fédérés. L'Empire allemand r de tous les Etals de l'ancicnneCoufédénilion i la c ..institution germanique, m tus l'Autriche exclue. Il était gouverné par un président, un Colun Parlement . la présidence appartenait au ' usse ; le Collège des princes, émanation des monaraiportait si* voix, la Prusse cl lu Bavière en avaient ni répai Lies entre les moin- -. IjC Parlement, représentant de la nation, se dii isail lées, la Chambre des Etats, formée des délé- ■ nts allemands, la Chambre du Peuple, élue pour quatre ans. Le président avait un droit de veto absolu '. Lf projet fut communiqué ù tous I. ^ ICI al s allemands avec mpte réponse. On se garda de les informer . rri'li". qu'iivaii'nl imposi es la Sa -'i leur adhésion : d'après un protocole catégorique lans le invslùre, on réservait les droits de
■■.■:v lin Moniteur uni\-rr»el fran-
,,-|,(. nihiv l'in.
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l'Autriche et on convenait que si les Etats du Sud, notamment la Bavière, n'accédaient pas à la Constitution projetée, de nouvelles négociations seraient ouvertes1. Ainsi la force d'inertie de la Cour de Munich arrêterait tout.
M. de Radowitz, plein d'enthousiasme et de franchise, croyait aux protestations de sincérité faites par les délégués de Saxe et de Hanovre ; M. de Beust, ministre des affaires à Dresde, ne lui affirmait-il pas que « son gouvernement continuerait activement et loyalement de concert avec la Prusse, l'œuvre commencée \ » L'activité de M. de Beust était incontestable, sa loyauté consistait à tenir l'Autriche et la Bavière au courant de ses négociations avec la Prusse. II avait confessé avec franchise à l'ambassadeur anglais, M. Forbes, a qu'il s'était laissé ouverte une porte de derrière et s'était empressé d'aviser Munich que si la Bavière n'adhérait pas, la Saxe ne se tiendrait pas pour liée3 ». Le roi de Hanovre déclarait simplement qu'il « attendait que l'Autriche reprit son influence », et son ministre des Affaires étrangères, comte Bennigsen, avouait que « le Hanovre n'était pas entré de bonne foi dans l'alliance, mais avec l'espoir que rien n'en sortirait, et pour persuader au peuple que l'on désirait sincèrement l'unité allemande ». Les deux royaumes traîneraient les négociations en longueur et l'heure venue, se retireraient. Cette heure devait bientôt sonner.
Ces intrigues étaient naturellement secrètes, et ni la Prusse ni les petits Etats ne pouvaient mettre en doute la sincérité des deux royaumes. On pouvait donc espérer une prochaine
1. I.i» t\ir.irt'>îv mv:vï il» «v< rJ.c.isos» a 0t> discuté, mais en vain. Biedornurt:!. iî<\*v'*i. »•'•'<■ * ■.• »■.. . p i.«j. n. 2.
:'». M ii.» Iî:i">r:i. ;»v..ïv.».ï-.l.^;r iïi» Pr.is>»» a l.»ni]ros, connut toutes in;:>iiMt,> \Y\. K-.iîiv.v. !.. s .*:.;<■. Rr.f. .. ;. III. ]>. 13 et SOlv.
Union1 de tous les Etais allemands si les princes de second rang donnaient une rapide adhésion au projet de Radowilz; mais ces princes avaient accepté la Constitution de Francfort; les populations l'avaient accueillie d'enthousiasme; comment les rallier maintenant à un lien plus ténu, les résoudre à une Allemagne plus faible et plus vague ? Le Parlement national n'existait plus, mais plusieurs députés résidaient encore à Francfort et cherchèrent à remuer l'opinion publique en faveur du projet prussien. Les chefs des centres, Gagern, Dahlmann, Matin , invitèrent leurs anciens collègues à se réunir à Gotha pour en délibérer.
Cette « Assemblée de Gotha », les 23 et 26 juin 1819, avait quelque ressemblance avec le Vorparlamcnt d'avril 1848 ; mais l'enthousiasme était remplacé par la méfiance ; après une année de luttes et de défaites, un fonds d'irritation s'était formé, et l'on parlait trop souvent d'oubli et de pardon pour sincèrement pardonner et oublier. Pourtant le courage et l'abnégation de ces patriotes alla jusqu'à l'abandon de leur œuvre de Francfort; la parole ardente et la conviction profonde de Gagern, de Bcckerath, de Jacob Grimm, enlevèrent encore une fois tous ces hommes en un mouvement de commune action; ils acceptèrent l'Allemagne amoindrie que leur offrait la Cour de Berlin et engagèrent les princes et les peuples à se rallier au projet de Radowitz.
Leur décision a été critiquée et persiflée; le terme de Gothaer (homme de Gotha,) devint un mot de dérision, souvent une injure ; lesdémocrates l'employaient comme synonyme* de traître, les réactionnaires comme analogue de grotesque, et Bismarck constatait plus tard que « ces tûtes de choux de
1. Cest le terme qui lût dès lors employé pour désigner l'alliance des Éuts allemand» en travail d'Empire.
Francfortois étaient inguérissables1 ». Le mot est juste ; ib» ne pouvaient guérir d'un sincère amour de la patrie, d'un dévouement passionné à la liberté et de cette maladie de 1848, faite de haut idéal, de noble enthousiasme et de profonde fraternité. Celte maladie, il ne la faut jamais guérir.
Sous la poussée de ce congrès privé, les petits princes acceptent la situation nouvelle et adhèrent à l'Union; dans le courant de Télé, vingt-huit gouvernements se joignent aux trois royaumes ; ainsi l'Union comprend tous les Etats allemands, sauf l'Autriche, la Bavière, le Wurtemberg, la Hesse- Hombourg, le Lichstensleinet le Luxembourg. Pendant que ces adhésions arrivaient, la Prusse avait réalisé quelques-uns des projets de Radowilz : un comité de constitution, prévu par le traité des Trois Rois, s'était réuni le 18 juin; le tribunal fédéral avait été convoqué à Erfurt le 2 juillet2 ; on s'occupait de réunir les électeurs pour le Parlement impérial.
IL — Telle était la situation lorsque les Chambres prussiennes se réunirent le 7 août. Le discours du trône', lu par le comte Brandenburg en l'absence du roi, affirmait la bonne volonté de la Couronne : « L'unité de l'Allemagne, représentée par un pouvoir exécutif unique, qui défende dignement et fortement au dehors son nom et ses intérêts; la liberté de la nation allemande, garantie par une représentation nationale avec pouvoir législatif, tels sont et resteront les buts de nos efforts... Les résultats déjà obtenus nous autorisent à espérer qu'avec le secours des amis éclairés et sincères de la patrie,
1. Bismarck à sa femme. Brie fe an seine Braut und Gattin, il septembre 1841», p. lîûi.
2. kluppfcl. lu svhichte der (leutsihen tint ta tubes trebungen, t. I. p. ISS.
3. Discours traduit in extenso dans la correspondance étrangère do
Moniteur universel français du 11 août, p. 2631.
i;\ ruiM bi-;act!ii\ lai
■ mblés ici lu qualité de i e peuple prussien, nos efforts ne seronl pas vains. »
:i(ique et conciliant, il ne s'inspirail
iompbc des élections. Les députée se mirent i l'unis-
iîdciil le comte Schwerin, conser-
ralcor bien vu n lu < lotir, el en écarlnnl Simson, l'ancien pré-
fort, dont le nom rappela il trop vivement
h 1,1 couronne impériale.
séances rurcnl calmes, Bismarck 1rs trou-
II étail arrivé de l'oméranie pour l'ouverture
vivait ru garçon avec un parent, cl se
du vide de son existence eu écrivanl 0 .M'"" de
Bismarck do tendres lettres où l'homme de fer se Iranafor-
mnit en ! me et soigneux; il faisait les com-
lemandail lu bonne mère de famille, envoyait
les souliers de la petite Marie, les foulards et les biscuits, et
nprécatious contre le parti de l-'rancforl joignait des
recommanda lions pour les rliumcs de l'enfant '.
m | ,■-,■, n taienl pas de ses devoirs
d'bumme départi, il ocrivail souvent dans la Gazette delà
ntail le soir le café Sciiw tira où se réunissaient
le» " ultras i ; on n', admeltail que les u purs ■■ ni même
le petit chirn du patron étaîl si conservateur i|u'il accueillait
■■..i des aboiements enragés. Bisman
ussia un soir dons un restaurant
. Ih-iI. il entendit quelqu'un parler légèrement de la
famille royale ; ii se leva vers le bavard et lui cria : » Dehors !
H vous n'êtes pas sorti quand j'aurai vidé ce verre, je vous
■ Tranquillement il but, cl brisa -sa n de l'imprudent. Dans le tumulte, on entendit
le hobereau demander : « Garçon, combien pour le verre cassé? » La police n'osa intervenir1.
Les débals de la Chambre ne tardèrent pas à lui donner une occupation plus intelligente.
Le 24 août, le ministre des Affaires étrangères avait communiqué à la première Chambre les documents relalifs à la question impériale. Le 25, le général de Radowitz, commissaire du gouvernement, avait exposé et défendu devant la seconde Chambre la politique de la Prusse. Son discours* est certes de sentiment élevé et de noble conception, mais il est d'un vague qui déroute et fuit l'analyse. 11 affirme que « le gouvernement prussien ne veut pas revenir à l'ancien ordre des choses, il trouve cela injuste et insensé ». Mais il met les députés en garde contre toulc exagération : « L'Ailemagne ne peut être un Etat unitaire, ni en république ni en monarchie... 11 faut pourtant qu'elle soit un tout envers l'extérieur..., qu'elle possède un pouvoir législatif qui garantisse les intérêts de l'unité, et un pouvoir exécutif, fort et uni, capable d'agir de sa propre autorité. » Tout en critiquant l'attitude de l'Autriche, M. de Radowitz la ménageait pour permettre une réconciliation, et défendait la Prusse du reproche « de tendre égoïstement n repousser l'Autriche de l'Allemagne. » Quelques belles phrases sur les sacrifices de la Prusse, les devoirs patriotiques des gouvernements et des Chambres assuraient à l'orateur un succès facile et soulevaient un enthousiasme sentimental.
Bismarck observait avec finesse dans la Gazette de la Croix : « L'Assemblée remarquait à peine que son jugement n'était pas rectifié, mais que sa sensibilité était portée à