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et blanche, non point la tricolore1 ; c'est sous ce drapeau noir et blanc qu'elles meurent avec joie pour leur patrie. Le tricolore s'est fait connaître depuis le 18 mars (1848) comme le drapeau de combat de nos adversaires. Chez nos troupes, les airs de l'hymne prussien sont bien connus, ce sont les airs favoris, tandis que je n'ai pas encore entendu un seul soldat prussien chanter : « Quelle est la patrie de l'Allemand ? » — Le peuple, dont cette armée est sortie, dont cette armée est la plus vraie représentation, le peuple n'éprouve nullement le besoin de voir son royaume prussien se dissoudre dans cette fermentation corrompue de la licence allemande du Sud. Sa fidélité ne s'attache pas à une présidence fédérale qui n'est qu'une feuille de papier, ni à un conseil de souverains où la Prusse n'a que le sixième des voix ; elle s'attache à notre vivante et libre royauté, au roi de Prusse, à l'héritier de ses pères. Ce que veut le peuple, nous le voulons tous..., nous voulons que l'Aigle prussien étende son vol protecteur et domine depuis Memel jusqu'au Donnersberg2; mais nous voulons le voir libre, non pas enchaîné par une nouvelle Diète de Katisbonne, non pas avec les ailes rognées par la serpe égalisai rico do lYaneforl, serpe qui n'est devenue un instrument de paix qu'à la réunion de Gotha, tandis que quelques semaines auparavant, ;\ Francfort, elle était brandie, comme une arme menaçante, contre le prussianisme et contre les ordonnances de notre Roi.
« Nous sommes Prussiens et nous voulons rester Prussiens. Je sais que j'exprime par ces mots la profession de foi de l'armée prussienne, la profession de foi de la majorité de mes compatriotes, et j'espère qu'avec l'aide de Dieu nous serons
1. Le drapeau noir-roui?r-or adopto on 18*8 comme celui de l'Allemagne
2 MonUivrno do l« xsilU'c du Rhin, près de Bonn. M
encore Prussiens quand depuis longtemps déjà ce morceau de papier1 sera tombé dans l'oubli comme une feuille sèche de l'automne. »
Ce discours, accueilli par les vifs applaudissements de l'extrême droite et les murmures de la gauche, eut plus de retentissement que d'influence. Les journaux du parti, la Gazette de la Croix, notamment, le reproduisirent à grands cris d'éloges et Bismarck reçut plus de félicitations hors du Parlement que des députés. Suivant sa pittoresque expression, à la Chambre, il était comme un hibou parmi des cigognes2.
Le lendemain, 7 septembre, Bismarck eut encore une passe d'armes assez vive avec M. Beckerath, mais il était grippé, mal en train, et sa réplique ne porta guère. La Chambre adopta le traité des Trois Rois presque à l'unanimité et vota la motion Camphausen à la majorité de 321 voix contre 73.
Bismarck était battu, mais les doutes qu'il avait exprimés sur la solidité de l'Union, les objections qu'il avait soulevées contre le projet de constitution allaient être immédiatement justifiées. Dès la fin d'août, il avait prévu que « la Saxe et le Hanovre désiraient se débarrasser de la question ». Au commencement d'octobre, il annonçait que les deux royaumes « se séparaient d'une façon [de plus en plus définitive de l'Union; le gouvernement prussien hésitait entre le désir d'abandonnersans espoir de retourla voie suivie sous l'influence de M. Radowitz, et la nécessité de créer un nouveau pouvoir central pour les intérêts de l'Allemagne entière 3. » En annonçant, le 4 octobre, la dislocation de l'alliance des Trois Rois, Bismarck n'était en avance que d'un jour.
\. La Constitution votée à Francfort.
2. Bismarck. Briefe an seine Draut und Gai tin, 12 septembre 1841). p. 151.
S. Lettre à Meus du 4 octobre 1849. Polilische Briefe, I, p. 5.
Pendant que l'été s'était écoulé pour les diplomates prussiens en discours et en négociations, les hommes d'Etat de l'Autriche l'avaient passé en actions.
A l'aide des troupes russes, la Hongrie était maîtrisée : le général Gcorgey, enfermé dans Yilagos, capitulait le 1 2 août ' : la citadelle de Komoni, encore défendue par le vaillant Klapka, était prise le 27 septembre. En Italie, les dernières résistances étaient écrasées; Venise se rendait le 24 août. Comme l'écrivait Prokesch «peuple et pays étaient sauvés de la guerre désastreuse », et la chute de Komorn marquait pour lui la reprise de l'influence autrichienne en Allemagne *. La Cour de Vienne, débarrassée de ses tracas intérieurs, retrouvait libre action a l'extérieur; elle n'avait plus à demander aux royaumes allemands d'attendre cl de patienter; elle pouvait agir directement contre la Prusse. Avec sa décision rapide, Schwarzenbcrg s'attaquait immédiatement a cette tâche; en septembre, il avait des entreliens personnels avec les rois de Bavière et de Wurtemberg ; François-Joseph se rencontrait a Teplilz avec Frédéric-Guillaume IV; Bismarck constatait avec plaisir que son souverain était accompagné à cette entrevue par Léopotd de Gerlach et qu'un plénipotentiaire russe y nssi>(ait : tous deux lui conseillaient un rapprochement avec l'Autriche.
De ces négociations sortait un nouvel arrangement provisoire entre Vienne et Berlin. Frédéric-Guillaume ne pouvait se consoler d'une rupture définitive avec l'Autriche, et sous l'influence du parti réacl ion nnîrc il faisait lui-même des propositions d'entente. Lv 'M> septembre, les deux puissances
convenaient à
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• dont le but
était le « maintien