‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 104 sur 179 · Gerlach. Denkwûrdigkeiten, 9 juillet 1851, t. I, p · texte numérisé non relu

Gerlach. Denkwûrdigkeiten, 9 juillet 1851, t. I, p

3. Bismarck à sa femme, 26 juin 1851, loc. cit., p. 293. » Gerlach, 16 juillet 1851, Loc. cit., p. 656. ."). Correspondance diplomatique de Bismarck, t. I, p. i.

n'eut pas d'inslruclions particulières par écrit; mais Bismarck t'tail à cette époque à Berlin ; il eut le 22 juillet un long entrelien avec le roi et ManteufTel ; il reçut son plan de conduite; mais il n'était pas homme à recevoir une direction, il la prenait de lui-même ; il ne tarda pas à le prouver.

Son installation définitive n'eut lieu que six semaines plus tard ; il fallait « traiter le départ de M. de Rochow avec tous leség^ards » dus à ce haut personnage ' . Celui-ci, d'ailleurs, y mit peu de forme, et, apprenant la nomination de son successeur, partit à l'improviste, sans lui avoir fait la remise des papiers ofïiciels ; Bismarck, avisé indirectement de cette fuite, arriva à temps à la gare pour remercier, non sans ironie, son ancien chef de la bienveillance qu'il lui avait témoignée. Le 27 août, enfin, le nouveau ministre plénipotentiaire était installé dans ses fonctions. A trente-six ans, il se trouvait «dans la situation peut-être la plus importante de la diplomatie prussienne ». (^)uatre ans auparavant, il était un petit nobliau de province, sans réputation ni surface : en cinquante-trois mois il avait pass<*' de ses débuts au Landtag uni, au rùle de chef de parti parlementaire, et à la première des ambassades.

11 y avait été nommé parce qu'il avait manifesté des sentiments autrichiens. « J'avais été élevé, déclara-l-il plus tard, dans l'admiration, je pourrais dire dans le culte de la politique autrichienne. » Mais, ù Francfort, lorsqu'il fut en pleine action contre l'Autriche, il fut amené à constater l'abaissement de son pays, IWUomagne sacrifiée h des intérêts étrangers, une polilifjuc cauteleuse et perfide. « Aussi, conlinuail-il, dès celle époque, je conçus l'idt^ de soustraire l'Allemagne à la pression autrichienne, du moins celle partie de l'Allemagne unie par son esprit, sa religion, ses mœurs cl ses inlérèls aux

1 Poschinger, t. IV. p. 31. Bismarck. Pensée* et Souvenirt. {. I. p. 103.

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destinées de la Prusse, T Allemagne du Nord ' . » Sa vue est prompte et sa décision rapide; dès son installation définitive, il s'établit « sur le pied de guerre avec rAutriche" ». Il laltaquera d'abord sur des vétilles, puis pour des intérêts vitaux, et cela finira sur des champs de bataille.

Dans la première séance où il siège, le 27 août 1851, il lève l'étendard de la révolte, sur un j)rétexle des plus futiles. L'ambassadeur anglais, lord Gow Icy, avait été chargé par lo gouvernement de Turin de demander à la Diète si elle acccj»terail la nomination de M. de Pralorme comme plénipotentiaire de Sardaignc ; lord Gowley s'était adressé au président de la Diète, M. dcThun ; celui-ci avait refusé une réponse officielle par ce motif que T Angleterre n'avait point à s'immiscer dans une question qui ne regardait que l'Allemagne. M. de Bismarck en fit un incident ; il se déclarait d'accord sur le fond môme de la question avec M. de Thun ; mais il lui contestait lo droit de la solutionner sans en référer à la Diète \ C'était là une dispute de forme et bien minime, mais elle posait le nouveau caractère de la politique prussienne : résister à l'Autriche toutes les fois que celle-ci prétendrait diriger seule les choses allemandes.

Les occasions ne devaient point lui manquer. Au besoin, il les aurait créées. Peut-être recommence-t-il l'expérience (hi cigare, en tirant le sien malgré les traditions, ce qui amène les autres plénipotentiaires à pareille audace et transforme la salle des séances en tabagie'. A peine installé, il proteste contre le mode de publication des protocoles de la Diète « où

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