Vilbort. L'œuvre de M. de liismarek (1869). p
2. Oncken. Dos Zeitalter des Kaisers Wilhelm (1888), I. I, p. 368.
3. Bismarck à Manteuffel, 27 août 1851, l'oschinger, t. IV, p. 25.
4. Le récit n'en a été conservé que |)ar un propos de table de Bismarck, reproduit par Busch, l.e comte de liismarek el sa suite, p. 133.
le comte de Thun est maître de choisir les documents dans un sens favorable à l'Autriche et d'en diriger la publication à son giv' ». Malgré son opposition, la Diète charge de ce soin une commission dont la Prusse est exclue. Bismarck proleste et tempête ; il mène « une guerre de presse » ù ce propos contre la présidence fédérale ; il déclare à ses collègues « qu'il devra porter son attention sur les publications qui vont être faites ». Lo comte de Thun regimbe; « il demande sur un ton très vif que l'Assemblée fédérale se prononce sur la question de savoir si la Diète est sortie de ses attributions ; en même temps, il déclare qu'il ne pourrait, non plus que les autres membres de la commission, continuer d'en faire partie si la décision leur était défavorable ». Bismarck ne reste pas en arrière ; il se plaint de « laltitudc cavalière de T Assemblée à l'égard de la Prusse » . Le débat devient si aigre que Bismarck décide avec prudence « de faire trêve afin de ne pas habituer l'adversaire it ses attaques ». L'adrersaire, c'est TAu- * riche, et Tamba-ssadeur prussien a vite oublié qu'il avait été envoyé à Francfort pour lier partie avec elle. Maintenant il crili(jue les délégués « qui n'osent pas tenir tête au comte de Thun ».
Sa susceptibilité s'est éveillée ; elle se manifeste au moment <lu règlement des frais de l'exécution fédérale en Hesse ; à la Chambre prussienne, il avait presque légitimé cette exécution ; mais à Francfort, dans un milieu hostile à la Prusse, il comprend mieux la portée de l'inlervenlion fédérale et l'humilialiorj qui en est rt'sultée pour sa pairie ; averti que la Bavière va porter h la Diète la note des déjienses faites |K)ur l'invasion de la liesse, il s'oppose k toute délibération à cet égard. « Personnellement, ajoulc-t-il, la perspective d'im iso-
I Correspondance ttipluinatiffue. t. I, p. x a II, -7. 33.
lement momenlané de la Prusse n'a rien qui m'effraye. » Au lieu d'une discussion solennelle, prétexte à nouvelle humiliation pour la Prusse, le comte de Thun doit se contenter d'une transmission rapide, sous le manteau.
MC^mo courroux lorsqu'on propose à la Diète de détacher de la Confédération les provinces prussiennes du littoral de la mer Baltique, ou quand il s'agit d'organiser à Francfort les troupes fédérales destinées à protéger l'Assemblée. Bismarck s'irrite de la « singulière conduite » des petits princes, dès que leurs vues diffèrent des siennes; il ne comprend pas que la cause de leur défection remonte à la Prusse même, à ses hésitations dans la question unitaire, aux déceptions qu'elle a suscitées en Allemagne. Il en fait remonter la faute à l'Autriche. Au mois de décembre, il déclare à son ministre que « l'Autriche est décidée à exploiter la majorité qu'elle trouve dans l'Assemblée fédérale, sans tenir aucun compte des garanties formelles que la minorité peut invoquer », et en février il ajoute : « Depuis le mois de septembre de l'année dernière, l'Autriche a quitté le terrain sur lequel nous nous étions rencontrés jusqu'alors ; depuis cette époque, elle n'a cessé d'exploiter contre nous la divergence d'idées qui existait entre nous et les autres confédérés, divergence qui provenait uniquement de ce que nous continuions de suivre la voie que nous avions choisie d'un commun accord'. » Depuis le mois de septembre, il ne s'aperçoit pas qu'il donne simplement la date de son entrée à la Diète comme point de départ aux hostilités ; en septembre, c'est non l'Autriche qui a changé, mais le ph'nipotentiaire de Berlin et l'esprit de la politique prussienne.
« C'est une idée fixe », gémit M. de Beust^. Et le comte de Thun en est si vexé qu'il tombe malade. Dans un long