Worms, loc cil., p
ZuUvercin, par l'impulsion immense qu'il avait donnée à l'acli\ité économique, était devenu entre les mains de la Prusse un levier formidable, et, par conséquent, une menace pour la suprématie de rAulriche; il ambitionna d'arracher le levier à la Prusse et de l'empoij^ner à son tour pour écraser sa rivale. Dans un mémoire du 30 mai J8oU, le cabinet autrichien demandait que les questions commerciales et douanières devinssent affaires fédérales : c'était introduire l'Au- Iriche dans le Zollverein. Le gouvernement prussien sentit le p«'ril; il manœuvra de façon à préparer, non l'union avec l'AutricIte, mais un traité de commerce entre le 2^11verein et l'Empire des Habsbourg ; tout l'été s'écoula pendant ces négociations; en octobre, les Etats de l'union douanière avaient <liargé la Prusse, la Bavière et la Saxe de traiter avec TAuliiche au nom du Zollverein; l'incident d'Olmiitz remit tout en question.
Les négociations reprirent à Wiesbaden, où s'étaient réunis les délégués de l'union douanière, en même temps qu'à Dresde où les ministres délibéraient sur la refonte de l'Allemagne. Dans l'une et l'autre ville, les conférences traînèrent en longueur ; aucune ne pouvait aboutir et la Prusse le comprit. Tout en délibérant au grand jour avec ses alliés du Zollverein, elle négoi'iait sous main avec les états du Steuerverein ; soudain on apprit avec étonnemenl que la Prusse avait signé le 7 septembre IHÎH avec le Hanovre un traité d'union douanière à partir du l" janvier I85i; pour l'obtenir, le gouvernement de Berlin avait accord*' des concessions « inusitées, énormes « ; il n'avait reculé devant aucun sacrifice, car la Prusse n'était désormais plus isolée en Allemagne, et ce n'sultat était pour cUe comme une revanche des échecs que la politique autrichienne lui avait précédemment infligés*.
!. Richelol. Loc. cil., p. 337-338.
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Le parti unitaire fut dans la joie, rAutriche dansTinquiétudo, les moyens États dans la colère. Les ministres de Saxe et do Bavière, MM. de Beust et de Pfordten, ne tarissaient pas en récriminations contre les menées ténébreuses de la Prusse, ses procédés blessants à l'égard de ses alliés du ZoUverein, son intention mal déguisée de rompre l'union douanière'.
A cette époque, Bismarck prenait la direction des affaires prussiennes à Francfort, et dès ses premières dépêches se montrait partisan convaincu du renouvellement du ZoUverein, adversaire de l'entrée de l'Autriche dans cette union. Il se rallie joyeusement au traité du 7 septembre, parce qu'il est dirigé contre la politique autrichienne. Doutant de la sincérité du Hanovre, il déclare au représentant de cet Etal à la Diète, « que si son cabinet ne cesse pas de se livrer à des intrigues secrètes et de provoquer, au vu et au su de tout le monde, des agitations contre le ZoUverein, lui-môme se verra obligé de solliciter son gouvernement d'agir dans d'autres affaires avec plus de réserve qu'il ne l'a fait jusqu'ici ». Et il secoue le Hanovrien comme il avait déjà morigéné M. de Thun. « La Prusse, continue-t-il, regarde comme une chose très sérieuse l'existence du ZoUverein dans toute son intégrité, ainsi que le traité du 7 septembre... Je ne cesserai de surveiller les menées du cabinet hanovrien ; je divulguerai sans ménagement, par la voie de la presse, le véritable état de choses ^ » Il avait déjà sa façon spéciale de signer des traites d'union, à coups de bâton.
11 comprend sans peine que l'Autriche est au fond des intrigues contre la Prusse, et comme il sait se montrer persuasif, il obtient les confidences du ministre de Nassau, le baron de