Di'falcalinn faite du temps passé à Londres ci Trouville
i. Bismarck ft sa femme. SOJuillet 1862. Britfeanteine Braul und Gattin, p. 487.
nant où il se plaisait*. Il visite Blois, avec « son charmant vieux château, un morceau détaché d'Heidelberg ». Chenonceaux, Chambord « dont la désolation répond au sort deson propriétaire, le duc de Bordeaux : dans les vastes galeries et les magnifiques salles, où tant de rois ont tenu leur cour avec leurs maîtresses et leur vénerie, les jouets du duc sont le seul mobilier ». 11 s'arrête à Amboise « vieux château dans une situation magnifique », et traverse les riches provinces, jardin de la France, avec leurs prairies, leurs vignobles et leurs Toréts, leurs châteaux et leurs lentes rivières, et cette atmosphère douce, ce luxe souriant delà campagne qui n'existe point ailleurs. Il séjourne à Bordeaux « pour voir où poussent nos vins »; fort buveur, il est en extase; comme pour un pèlerinage, il fait le tour du Médoc et il s'écrie avec enthousiasme : « J'ai bu au pressoir et dans leur langue Lafilte, Mouton, Pichon, Laroze, Latour, Margaux, Saint-Juhcn, Brane Mouton d'Armëillac et d'autres. Nous avions 30 degrés à l'ombre, 55 au soleil, mais avec de bons vins dans le corps, on ne le sent pas. » Mais il faut s'arracher à ces délices. Il traverse les Landes, « forêts de pins, bruyères et marais, comme en Poméranie ou en Russie », s'arrête à Bayonnf, et passe en Espagne pour rejoindre un ami â Saint- Sébastien ; il est pris par le charme de ce paysage merveilleux, un des plus beaux qui soient au monde. « Le chemin de Bayonnc à Saint-Sébastien, écrit-il à sa femme, est superbe, à gauche les Pyrénées, dans le genre de la Dent du Midi ou du Moléson, en panorama alpestre et changeant, à droite le bord de la mer, comme à Gênes. Le passage en Espagne est surprenant; à Béhobie, dernière localité française, on pourrait encore se croire à la Loire ; à Fontarabie, une rue étroite de
l. Sur ce voyage, outre la correspondance de Bismarck, voyez Poschinger, Bismarck-Portefeuille (1898), p. 143 et suiv. ; Bismarck in Biarritz.
douze pieds, chaque fenêtre avec balcon et rideau, chaque balcon avec des yeux noirs et des mantilles, beauté et saleté, sur le marché tambours et fibres, et une centaine de femmes, jeunes et vieilles, qui dansent entre elles le fandango, tandis que les hommes, fumant et drapés, regardent. La contrée est jusqu'ici extraordinairement belle, vertes vallées et parois boisées, au-dessus lignes fantastiques de rochers découpés ; les anses de la mer, avec de très petits goulets, comme les lacs de Salzbourg, découpent profondément la terre'. »
Après quelques jours passés à Saint-Sébastien, il retourne à Biarritz pour y séjourner plus longuement et prendre les bains de mer. Il y mena une existence tranquille, parcourant avec le ministre de Russie à Bruxelles et la princesse Orloff les falaises rocheuses, la côte des Basques, le nid des Go<}lands, pris par la beauté du pays et la grâce de la princesse, bercé, par le bruit des vagueset le piano de «Kathc», visitant ces charmantes vallées où les Pyrénées viennent mourir en douces ondulations, à Cambo, au Pas de Roland, « défilé rocheux, avec des tourbillons bouillonnants et des figuiers. » Il écrit à sa femme, presque chaque jour, des lettres enthousiastes sur le pittoresque du pays, la splendeur des couchers de soleil, € les Pyrénées d'un rouge ardent, l'Espagne en feu sur la mer, avec des pointes fantastiques d'un noir bleu profond ». Il était loin de toute politique, ne recevait que la Gazette de la Croix^ et s'enivrait de la mer, sans souci, heureux de vivre. La vie de grand air, les bains, le repos de l'esprit, le remirent complètement. « Je ne puis dire à quel point ma santé s'est raffermie, écrivait -il à M""dcBismarek.., je suis bnmi, jamais fatigué, aucune trace de douleur après chevauchée ou bai-