‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 19 sur 179 · I . Biedi'miann, loc. cit., p. 19U · texte numérisé non relu

I . Biedi'miann, loc. cit., p. 19U

i. Déclaralion royale du 2S avril, lue à la séance des curies réunies ttf3.

:) Général de Gerlach. Uenkwûrdigkeiten, iS avril 1847, t. I. p. HT. MATTrii. — BiuiMrck. I- — 6

faction à conslalcr ce mauvais début, qu'il avait prédit, et la déception du roi, dont il profiterait. Bismarck partageait ces colères et ces espérances en allant s'asseoir, dans la Salle blanche, le 11 mai 1847, près de son vieil ami Thadden- Trieglaff, le bon mùmier de Poméranie.

Il n'avait pas encore, semble-t-il ' , siégé dans une assemblée importante, il arrivait en plein cours des délibérations; homme des champs, habitué à chevaucher dans la campagne plus qu'à discourir, il subit avec impatience les longues séances de la Chambre et son premier sentiment fut de lassitude. « La séance d'aujourd'hui était ennuyeuse, écrit-il, bavardages sans fin, répétitions, temps perdu. C'est étonnant quelle effronterie à parler les orateurs montrent en comparaison de leurs capacités et avec quel impudent amour-propre ils se hasardent à importuner une aussi grande assemblée de leurs creux discours ^ » Mais il était homme d'action, habitué à faire complètement ce qu'il entreprenait; il suivit donc attentivement les débats, et fut pris dans l'engrenage politique. 11 était choqué des opinions émises; dans son âme candide de bon junker dévoué à la dynastie, obéissant par tradition aux ordres du roi, il n'admettait pas la critique dirigée contre les actes du souverain ; il trouvait que les délibérations prenaient une tournure « affligeante ». — « Les meilleures intentions, déclarait-il, des actes conformes aux lois sont méconnus et dénaturés par un déplorable esprit de parti, et le gouvernement se trouve malgré tous ses droits en minorité. La chose m'empoigne beaucoup plus que je ne pensais^. » Des inquiétudes person-

4. On a vainement recherché la trace de son passage au Landtag provincial de Saxe. D'une lettre à sa fiancée, 8 mai 1847, on peut conclure qu'il ny avait pas encore siégé.

2. Bismarck à M"» de Puttkamer, 15 mai 1847. Briefe an seine Braut und Gattin. p. 89.

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