‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 33 sur 179 · Bismarck à la Diète. 4 avril · texte numérisé non relu

Bismarck à la Diète. 4 avril

étrangères, baron Henri d'Arnim, répandait comme son collègue de l'Intérieur les paroles les plus conciliantes, mais, peu de jours après, les combats du Jutland et les exploits des corsaires danois justifiaient les craintes exprimées par le perspicace député de la province de Saxe.

Deux demandes de crédits extraordinaires donnaient h Bismarck l'occasion de prononcer le 10 avril 1848 un discours très curieux et intéressant, le meilleur peut-être qu'il eût prononcé jusqu'alors, mais trop serré, trop fouillé, trop plein de choses, comme s'il avait eu besoin de vider son cœur plein de rancœurs : plaintes sur la hAte de ces demandes, à la veille de la dissolution de la Diète et de la réunion d'une Assemblée nationale, protestations sur la pénurie des justifications , terreur des bouleversements financiers , appel à l'économie, crainte que l'administration des finances « envisage plutôt la situation à travers les lunettes de l'industrialisme qu'avec le clair regard de l'homme d'Etat qui embrasse avec la même impartialité tous les intérêts du pays ». Il y faut relever surtout deux phrases : l'une, qui paraît étrange dans sa bouche, affirme les privilèges budgétaires de la Diète, €t ne s'explique que par son hostiUté pour le ministère; l'autre, AU contraire, sera comme un résumé de son activité politique pendant six mois : « Messieurs, nous aussi en province nous sommes résolus à maintenir Tordre et la paix, et, partout où ils pourraient être troublés, h les y rétablir, les armes à la main, s'ille faut '. » Et il manifestait son opposition au cabinet en refusant le vote des crédits, sauf ceux pour l'armée.

Son intervention n'avait aucun effet. La Dièle votait rapidement les crédits; peu de jours auparavant elle avait adopté *in projet de loi électorale % fort libéral, avec l'élection à deux

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