Bcust. Mémoire*, t. I, p
Marrai. — rboMTcà. I. — li
l'antique Rome, ils chargent du pouvoir un triumvirat; on organisant la révolution, ils se figuraient préparer la plus grande Allemagne ; piteuse illusion, ils hâtaient le retour au régime des traités de Vienne.
Le vent de révolte avait franchi le Rhin et soufflé dans le Palalinal ; le 13 mai, le pays entier était gagné à la révolution et déclarait tout net qu'il se séparait de la Bavière. Le mal menaçait de se propager encore ; dans le Wurtemberg, l'émotion était vive; M. de Bismarck prévoyait que la Bavière suivrait l'exemple, il ne cachait pas son espoir que des troubles se produiraient à Munich pour permettre une répression énergique et à l'épouvante de l'ambassadeur bavarois, M. de Lerchenfeld, il ajoutait : « Plaise à Dieu que la partie de voire armée dont on n'est pas sûr fasse ouvertement défection ; la lutte serait réellement grande, mais aussi elle sera décisive, l'ulcère va être guéri du coup. Si au contraire vous faites un arrangement avec les troupes hésitantes, l'ulcère va rester interne. » Le diplomate était boule vei-sé de celte thérapeutique nouvelle ; Bismarck terminait j)ar ces mots rassurants : « Soyez sûrs que nous mènerons à bonne fin l'aiïaire, c'est la nôtre comme la vôtre ; plus on ira carrément, mieux cela vaudra*. »
L'enfant terrible exprimait l'exacte pensée de la Cour; comme elle l'avait fait à Dresde, la Prusse ne manqua pas d'intervenir sur le Rhin pour l'ordre et pour les monarchies. Dès le 12 mai, le prince de Prusse présidait un conseil de guerre à Mayence et décidait une prompte intervention. Une armée de 52.000 hommes se réunit sous ses ordres, non sans quelque lenteur, la concentration prit un mois. Les insurgés étaient moins nombreux et mal commandés par des chefs