Kaufmann. Loc. cit., p
n'auraient pas suflTi, le roi fit appel à la Prusse. C'était pour le gouvernement de Berlin une rare fortune de concilier aussi Iroitement sa politique intérieure et extérieure, de combattre la Révolution en Prusse et en Saxe, de représenter, seul, en AUemafi^ne, l'élément d'ordre et de force ; il ne manqua pas .1 cette lâche; 2000 Prussiens décidèrent du succès; Dresde fut couverte de ruines, mais la monarchie fut victorieuse et M. de Boust put, sans crainte d'obstacle, ramener le peuple saxon à « obéir au cri de la loi' ». Lui-même ferma parfois l'oreille â ce cri.
Au sud de l'Allemagne, une insurrection plus grave encore -0 développait. Les villes du Rhin avaient toujours tenu la lùte du mouvement radical, et, au début de la Révolution, les promièrt's en Allemagne, elles avaient été atteintes de la fièvre de mars. Dans le grand duché de Bade, le gouvernement avait tenu compte de ces tendances fougueuses ; il avait manifesté à maintes reprises son dévouement à la cause nationale, et, à la fin d'avril, il s'était déclaré prêt à accepter la Constitution de Francfort. On ne pouvait raisonnablement lui demander mieux ; mais les peuples sont parfois pressés et déraisonnables ; le parti populaire, impatient et nombreux, reprochait au grand-duc de n'avoir pas contraint les autres gouvernements à suivre son exemple; aux nouvelles tragiques de Dr«'S(le, l'irritation s'accrut et soudain éclata en révolte ; le 9 mai, commençaient à Rastadt les premiers troubles ; en quatre jours ils s'étendaient et devenaient une véritable révolution. Une partie de l'armée s'unit aux rebelles, le grand-duc s'enfuit de Carlsruhe ; un gouvernement provisoire s'installe h sa place, et convoque une assemblée constituante ; le 10 juin les députés se réunissent h Carlsruhe ; à la mode de