Ch. BenoJst. Le prince de Bismarck, p
fouillé, exposa les « petites misères du militaire, » le soldat mal nourri, le sous-olficier gôiié, le jeune officier qui s'endette cl songe à une carrière plus lucrative. En terminant, il s'éleva contre ceux qui voulaient réduire la solde des officiers, a .Nous avons un corps d'officiers tel jusqu'ici que tous les peuples militaires nous l'envient, un corps d'officiers qui, à la tète d'une armée aguerrie et vieillie au service, est invincible pour tout ennemi existant, et forme l'unique base, pour la Prusse, d'une politique résolue et glorieuse. Le refrain de mon discours est le mot connu de Montecuculi, — ou de qui l'on voudra : Pour faire la guerre il faut : 1° de l'argent, — 2° de l'argent, et — 3° beaucoup plus d'argent que n'en donne ce budget*. »
Ce discours eut un sort malheureux ; les libéraux s'étonnèrent d'entendre un député, gentilhomme campagnard, simple lieutenant de réserve, réclamer un accroissement de dépenses que le ministre de la Guerre ne demandait pas. Le parti de l'armée protesta, même à la tribune, contre les paroles où Bismarck avait dévoilé « la brillante misère des officiers prussiens ». Celte malchance le suivit plus tard; il aimait l'armée h la passion, fit tout pour elle et par elle. Mais en temps de paix et de guerre, les officiers le tinrent à l'écart comme un vulgaire civil et depuis sa mort s'évertuent à démontrer qu'il eut bien petite part dans la fondation de l'Empire allemand*.
Peu de jours après le discours militaire, le 26 février, la session fui close. La queslion nlh'nijuulc passait [)ar une nouvelle phase.