‹ Bismarck et son temps (volume 3)Chapitre 74 sur 179 · I. Bismarck. Uriefe an neine Uraut und Gattin. p · texte numérisé non relu

I. Bismarck. Uriefe an neine Uraut und Gattin. p

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de 181Î), en réunissant deux fédérations alliées, la fédération autrichienne et la fédération des Elats allemands ; ce plan a échoué pour plusieurs raisons : le refus du gouvernement de Vienne, l'opposition des « Cours qui depuis la chute de l'empire d'Allemagne ont acquis le titre de royaume », la crainte « de plusieurs Prussiens de voir dans la marche allemande des inconvénients pour leur patrie restreinte ». Et Radowitz s'élève avec force contre cette crainte, exploitée par Bismarck et ses amis : « Malheur à l'Allemagne, malheur à tout notre avenir s'il en était ainsi ! mais cela n'est pas. La Prusse ne perdra rien de son histoire glorieuse, ni de sa position européenne, si l'Allemagne se fortifie dans sa communauté. » On ne peut d'ailleurs arrêter la force des événements : « Le mouvement national peut rétrograder, mais, si vous me permettez cette comparaison mathématique, le mouvement rétrograde n'est qu'apparent, il appartient à une courbe fermée, il faut qu'elle redevienne droite et qu'éloignée du soleil elle rentre dans la voie qui doit l'en rapprocher aussi sûrement qu'il y a dans la vie des nations une loi i)lu& haute. » En vain s'opposera-t-on à ce mouvement national. Pour l'entraver, les royaumes présentent de nouvelles propositions. « Elles seront examinées sérieusement et sincèrement, mais elles ne sauraient arrêter notre marche... La tâche que nous avons à remplir ne s'est pas amoindrie ; elle est devenue plus urgente. Elle vous prépare plus de peine et moins d'éclat, elle exige plus d'abnégation et donne plus de satisfaction, elle a trait plutôt à l'avenir qu'au présent ; l'histoire môme couronne non ce qui est facile et commode, mais ce qui a été acquis au prix de grands efforts et de longues privations. »

Ce discours-programme fut l'événement du jour; il était plein d'enthousiasme, de foi dans les destinées de l'Allemagne;

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mais c'était un superbe monument de rhétorique plus qu'un plan précis de travail et d'avenir. Il marquait de suite le défaut de direction qui fut le vice du Parlement d'Erfurt, comme de toutes les assemblées parlementaires du temps en Allemagne. Radowitz, qui était chargé de cette direction, était plus orateur qu'homme d'Etat ; il ne savait exactement où il allait ; quelqu'un lui demandait par quelle voie il entendait créer l'unité allemande, il répliqua, à Erfurt môme, qu' « il ne pouvait l'indiquer, qu'il devait marcher au gré des événements* ». A son défaut, les deux ministres de Prusse, Brandenburg et Manteuffel, qui siégeaient au Parlement national, auraient pu diriger les délibérations. Mais ils ne voulaient pas manifester leur secret dissentiment sur la question allemande et gardaient de Conrart le silence prudent. Frédéric-Guillaume IV s'en étonnait, reprochait à Manteuffel « son silence, faute regrettable à côté de l'énorme bonne volonté de la plupart des députés prussiens et non prussiens de se laisser conduire par mes ministres* ». Brandenburg continuait à se tenir coi; Manteuffel parlait, le 12 avril, mais sans grand entrain et trop tard.

La direction du travail parlementaire aurait pu être prise par tel homme politique, connu par ses discours et ses actes au Parlement de Francfort. Henri de Gagern semblait désigné pour ce rôle, mais il était découragé et ne croyait plus au succès des revendications nationales. Manteuffel essaya de préparer une entente entre lui et Bismarck, et les laissa en lètc-à-téte. Gagern prit une attitude de « Jupiter tonnant », et répéta, sans clarté ni prtcision, le programme de son parti. « Il parlait, ajoute Bismarck, sans me fixer, en roulant les yeux vers le plafond. Je lui répondis que nous autres, Prus-

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