Gerlacb. DenkwUrdigkeiten, 2 novembre 1850, 1. 1, p
DI:RFURT a OLMUTZ 25'J
110 j)ouvait dissoudre spontanément l'Union allemande, mais l'unirait ses membres en leur déclarant qu'elle la considérait omme arrivée à sa fin; la Prusse demandait certaines garantes sur la nature et la durée du séjour des troupes bavaroises Il liesse. Au fond, c'était reconnaître les deux principales \igences de l'Autriche : dissolution de l'Union, consentement 1 l'exécution fédérale.
Le roi invita ses ministres à se retirer dans une salle voisine pour en délibérer; ils revinrent après quelques instants; Brandenbur»^ déclara que la majorité du ministère s'était prononcée pour l'envoi à Vienne de la dépêche dont il avait lonné lecture. La parole décisive appartenait au roi : il était, (léclara-t-il, personnellement en plein accord avec la minorité, mais il se voyait « obligé de laisser les mains libres î\ la majorité qu'il était absolument décidé à conserver ' ».
Les dés étaient jetés.
La séance fut levée.
Lo général de Radowitz donna sa démission ; MM. de Ladenberg et von der Heydt le suivirent. M. de Manteuffel se rendit en personne à l'ambassade d'Autriche pour informer Prokesch de la décision royale et demander « instamment que Schwar- /.onbcrg adoucît pour le roi le changement de politi(juo » en lui permettant de sauver les apparences*. Le soir, lirandcnbu rg fit venir un rédacteur des Affaires étrangères, Abeken, pour lui dicter la dépêche à BernstorlT dont les termes avaient él«i convenus dans le conseil.
Dans la nuit, la fièvre le prit. Le 3 novembre, il put encore signer la dépèche de soumission. Ce fut son dernier acte. Trois jours durant, on essaya de sauver sa vigoureuse intel-
1 Sybel. Die Begrûnduny, l H, p. 31.
t. Prukcâcb à Scbwarzenberg, 2 novembre 1850. Prokesch. loc. cil.,
ligence. Mais la mort était là; elle le prit le 6 novembre, comme pour noircir encore la tragédie.
Brandenburg mourut non, comme on la dit, « des insolences du tzar », mais « de Texcitalion intellectuelle de deux ans, de Tépuisant voyage à Varsovie, et de Tcffroyable tension pendant la crise * ». Il avait de la loyauté et de l'honneur ; il cherchait le bien de sa patrie; mais il n'était pas homme d'Etat; il ne vit pas qu'un conflit avec l'Autriche était inévitable et que la Prusse devait s'y préparer.
Manleuiïcl était chargé, en fait, de la direction des Affaires étrangères, qu'il n'avait pas personnellement suivies jusqu'alors. Il terminait et envoyait à Bernstorff la dépêche pacifique, sans savoir si les modestes réserves qu'elle contenait seraient admises par l'allier Schwarzenberg.
Dans le pays,- l'opinion publique commençait à s'énerver. La marche des troupes prussiennes et bavaroises, les décisions du conseil des minisires, le départ de Radowitz, la maladie de Brandenburg, les bruits contradictoires et les nouvelles successives, tout amenait la fièvre à Berhn. Dans l'Allemagne entière, le parti unitaire vibrait d'impatience. « Je désirerais même la guerre, écrivait Arndt peu après, si sa base et son but étaient la fierté et la liberté de l'Allemagne, et s'il était réellement combattu en ce sens. Mais je ne vois pas l'homme et les hommes qui la voudront et pouiront conduire ^. »
En Hesse, le général Groben avait avancé les troupes prussiennes et occupé les routes d'étapes; l'ambassadeur d'Autriche avait protesté énergiquement contre cette invasion d'un territoire protégé par la Diète ; en même temps, les