Bismarck A Jules Favrc, 7 mai
que la France est faible el ne peut lui résister. Mais il ne veut traiter qu'à son avantage, et, pour inquiéter, énerver l'adversaire, il multiplie les plus sombres prophéties. En demaudanl au Reicbstag les crédits nécessaires, pour couvrir les dépenses de guerre, il adresse à la France de solennels avertissements: « Jamais nous n'afTaiblirons les conditions de la paix », puis de sourdes menaces : « Il nous faut rester assez forts pour n'avoir à craindre aucune concentration de forces militaires'. » Il invite le général de Fabrice à h solliciter du gouvernement de Versailles une déclaration catégorique, sur son intention d'exécuter les obligations contractées envers l'Allemagne par les préliminaires de paix'». Ses journaux fulminent d'indignation contre les a violations du traité » dont la France se rend coupable; l'ofTicieuse Gazelle de rAliemagiie du Nord préyoïl une occupation de la France, prolongée tant que le gouvernement de la République ne cédera pas '. Et le général de Fabrice renouvelle ses réclamations*.
M. Jules Favre est « à bout de forces »; le 2 mai*, il se rend à Soisy auprès du général de Fabrice ; on y parle d'une entrevue personnelle des deux ministres, à mi-cberain entre Paris et Berlin. Le délégué allemand consulte par télégraphe son chef. Le chancelier accepte, mais avec quelle hauteur : « Les ouvertures faites jusqu'ici par les négociateurs frani;aisà Bruxelles semblent tendre moins à la conclusion de la paix définitive qu'à la modification des préliminaires à notre