n/™. P- 339 et auiv
resUiest sur la réserve et Lasker prenait va mi^n plaisir, on janvif»' 1873, à dénoncer & la Chambre les tripotages commis lors d'une concession de chemin de fer, et les agissements assez concussionnaires de Wagener, le « famulus 11 de Bismarck. Cela n'était point pour satisfaire le chanoelier, qui se plaignait que tous l'abandeiHiassnit'.
Ainsi, délesté des uns, craint des autres, inquiétant les derniers, Bismarck ne trouvait aucun appui. 11 était dans un « splendide isolement ».
li le savait, car il était hoimne de vue droil« «t de flair pénétrant. 11 résolut d'abandonner une partie de ses pouvoirs, pour ne p(»nt s'user dans une lutte perpétuelle. Le 14 déeembrei872,il annonçaità Roon cette décision dans une lettre amère et découragée. Après s'être plaint de sa santé, — qui n'était en effet que médiocre, — il ajoutait : « Je suis en ■disgrâce auprès de tous les membres de la famille n^ale, et ia oonRance du roi est en recul. Tout intrigant trouve son oreille... Le roi, comme un cavalier en selle, sait à peine quel bon cheval il a exténué en moi... Dans les affaires intérieures, j'ai perdu le sol qui mesoutenail, par la désertion traîtresse du parti conservateur dans la question catholique. A mon Age, et convaincu de ne plus vivre longtemps, la perte de vieu.\ amisa quelque chose de décourageant qui va jusqa'à laparal^'sie^. » 11 était donc résolu h se cantonner dans les Affaires étrangères, — « car je ne puis, écrivait-il, transmettre h un autre uneexpérience de vingt ans dans la polilique européenne », — et àconfieràun collègue la présidenee du cabinet prussien. Un seul homme était indiqué pources fonctions, Hoon, le plus ancjcu des ministres, le confideot du roi, l'ami
1. Bismarck a Boon, Î7 février 1873. H. Rolil. Biimarclc-Briefe, p. *77. ï. Bismarck à Boon, 13 décembre )8TÏ, Loc.cU., p.i74. Cr. Le roi Guillaume A Bismarck, ii décembre lS7i. Kaiaer und Kanxler Brieft, p. £33.
LE litlLTimKAMPP S19
intime du chanoeber ; le Vieux ^néral avait b ooutiattce de la droite ; en s'adjoigoant Blanckeoburg comme ranastrc du Commerce, à la place de Selchow sacrifié ji son taur, Roon pouvait rallier les vieux conservateurs. 11 hésita, l'iosifitanee de Biismarck le décida', et, malgré le refus de Blenckenburg, il fut nommé Président du Conseil : le môme jour, 1*^ janvier 4873, il recevait le b&ton de maréchal.
En acceptant la démission du Président de sou Conseil, après dix aonées de fonctions glorieuses, le roi Guillaume le couvrit de fleurs. « C'est à contre-cœur quej'ai accédéô votre vœu... Pas à pas, vos conseils et vos actes m'ont mis en état de développer la force de la Prusse et d'amener l'AU^oagae & son uaîlÉ. Votre nom est raarifiié d'une manière inefiaçable dans l'histoire de la Prusse et de l'Allemagne, et ta plus haute reconnaissance vous est justement acquise de tmites perts^. » En réalité, le déchirement était plus dans les mots que dans le cceur du m ; s'il avait toute confiance dans la polititfue -élra^èrc de Bismarck, il se méfiait de son action iatérieure. Pieux et traditionnaliste, il était hostile ou KuUurkampf, qui sapait les principes de la rdigion et modifiait une politH^iie déjà ancienne ; il espérait qu'avec Hoon on reviendrait à la paix religieuse; il se trompait.
Bismarck n'était point homme ô accepter un amoîndrissement de ses pouvoirs ; l'autorité était dans son caractère, on ne pouvait l'en arracher. Il rechigna en voyant aux soirées deRoon des membres de la droite, ses adversaires personnels, le o«Hite Harry d'Amim, qui ambitionnait ses fonctions de chancelier impérial, et des officiers réactionnaires, ses anciens rivaux'. L'afTaire Wagcner le mécontenta fort, car on mena-