‹ Bismarck et son tempsChapitre 122 sur 270 · Roon. Den/twardigkeiten . t. lU, -p · texte numérisé non relu

Roon. Den/twardigkeiten . t. lU, -p

S. Le Eoi Quillaume il Bismxrdi., 1*' janvier 1S73.

S. Prince de Bismarck, l'etuéea et Souvenirs, l. 11. p. tlv et suiv.

çait de poursuites son bten-aimé, et il en écrivit à Roon en termes tels, qu'il risqua de se brouiller avec ce vieil ami '. Et, sous prétexte de relations diplomatiques, il intervînt dans les débats religieux.

Le ministre des Cultes, Falk, avait préparé un ensemble de lois de combat, qu'il présenta à la Chambre des députés prussiens au commencement de 1873 : elles devinrent les lois de mai '.

La première, deslinéeà permettre les autres et à répondre à une objection juridique de Windthorst ', modifie les articles 15 et 18 de la Constitution de 1850 -: les Églises évangélique et romaine sont soumises aux loisdel'Ë.tat et6 sa surveillance; on supprime ainsi l'autonomie dont l'f^lise catholique jouissaitdans la direction de ses affaires et le choix de ses ministres.

Le deuxième projet règle la préparation et la nomination des ecclésiastiques : c'est l'État qui les instruit, c'est lui seul qui les nomme. Tout candidat à un emploi de l'Église doit être Allemand, ancien élève d'un gymnase ou d'une université allemaniJe, nanti d'un diplôme officiel. Les séminaires existants «ont placés sous le contrôle étroit des pouvoirs publics, et il est interdit d'en ouvrir de nouveaux. Les noms de tous les candidats doivent être communiqués à l'État, qui peut s'opposer à leur nomination s'ils ne remplissent pas les conditions légales, ou si leur conduite permet de croire qu'ils n'observeront pas les lois du pays ou troubleront la paix publique : formule élastique, qui arme le gouvernement de

1. Roon à BiBmarch, ST février ]S73 et Bismarck k ttoon, mËme date. Roon. Dtnkwûrdigieilen, t. 111, p. 349.

i. Annuaire de la Législalion étrangère, 187i, p. 137 et suiv. Analyse de M. Gérardln dans le Bullttiit, 18S7, p. 68.

3. Cette modification constitutionnelle ne Tut propoeéequ'BprtB les autres lois, cl pour rtpondre aux critiques du centre.

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pouvoirs discrétionnaires. La sanction, c'est la suppression des allocations budgétaires, la Termeture des établissements, et la condamnation à des amendes qui peuvent monter à 1 000 thalers.

Le troisième projet, relatif au pouvoir disciplinaire de l'Eglise sur ses ministres, détermine les peines disciplinaires, soumet au contrôle de l'État les maisons où certaines de ces peines sont subies, organise le recours des condamnés devant la cour royale des affaires ecclésiastiques. Cette juridiction connait de toutes les questions soulevées par les nouvelles lois et elle est investie du droit de révoquer les ministres du Culte qui n'obéiraient pas aux lois de l'État.

La quatrième loi limite strictement le nombre et l'emploi des moyens de correction ecclésiastique.

La cinquième, enfin, la plus haute d'envolée et la plus puissante de progrès, assure la liberté de pensée en afTranchissanl de toute entrave le droit des citoyens de changer de religion.

Le 9 janvier, M. Falk déposa les quatre derniers projets à la Chambre des députés, et, peu de jours après, le nouveau Président du Conseil les justifia en ces termes : « Nous ne cherchons pas la guerre avec Rome, mais nous voulons nous protéger contre Rome, ce qui est nécessaire depuis le jour où par-dessus les Alpes la grande nouvelle (de l'infaillibilité] nous a assaillis, où le sirocco est tombé de Rome pour transformer en romains nos évêques catholiques allemands ' . » Roon, l'homme de 1862, le chef des conservateurs prussiens, était devenu le prophète de la pensée libre ! Bismarck seul avait pu réahser un pareil miracle. L'adversaire répondit à l'invite et engagea le fer : « La tendance de votre gouver-

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