Bismarck an Reichsiag. l«dëccmbre 1884 et 13 mara
colonial», confessail-Hl plus tnrd'. La volonté tendue- à son œuvre, la renaissance de l'Empire allemand, il ne se souciait pas de batailler sous les tropiques. En 1871, malgré les conseil» de quelques précursetii^, il refusa de prendre à la France quelques-unes de ses possessions d'outre-mer. Et, en 1880, il ne voulait « rien savoir des colonies. — Nous n'avons pas une Oolte suffîsante pour les protéger, disaitil et notre bureaucratie n'est pas assez souple pour diriger l'adminislrotion de tels pays' ».
Mais l'esprit aventureux des manns lianséatiques, le développement du commerce et de l'industrie, la pléthore de lapopulation déterminèrent nalurcUoment la création de comptoirs lointains. La plupart des colonies allemandes se firent ainsi d'initiative privée : des marchands de Hnmbouiyou de Brème installèrent au Togo ou au Cameroun, dans les Iles du; Pacifique, au sud-ouest ou à l'est de l'Afrique, leurs plantations de cacao ou de café, de caoutchouc ou d'épices ' ; des compagnies- se créèrent pour développer ces installations^ i-udimentaires, et s'organisèrent elles-mêmes comme les sociétés à charte du xviii' siècle. Le bruit' de leurs, victoires pacifiques ou sanglantes, l'oi^ucil patriotique (latte' par le déploiement du drapeau national aux rives de pays inconnus, leurs succès ou même leurs défaites suscitèrent dans le pays un mouvement d'enthousiasme et de sofidarité ; vers 1880, un parti colonial naquit ; deux Sociétés de colonisation, rivales d'abord, fusionnèrent ensuite pour former la puissante ileutsche Kohnialgesellschaft. Et le gouvernement dut suivre ce mouvement.