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Bismarck au Rciclislag, 16 mars

i. Ces débats dans Blom. Faril Bismarck iiii<t seine Zeil, t. VI, p. 167

avec le parti nationaMibéral. Bismarck prit ensuite ta parole potir exposer la politique de la Prusse dans ses provinces orientales depuis IStîî, pour critiquer avec dureté les tendances séparatistes des députés polonais, pour justifier la nécessité de mesures nouvelles.

« L'année 1815, dit-il en son début, a créé pour l'Klat prussien une frontière on deçà de laquelle il ne peut dans aucune circonstance reculer ; il a besoin de cette frontière pour relier ses provinces entre elles, pour relier Breslau à Koenigsberg ; il en a besoin pour ses communications, pour son existence industrielle et commerciale, aussi bien que pour sa défense et sa sûreté, n Depuis 1815, le gouvernement lutte pour fondre dans la patrie prussienne ces nouvelles provinces; le combat a été vif parfois, et Bismarck rappelle les batailles qu'il a engagées à la Chambre même à ce sujet en 1863. Les progrès ont été médiocres, trop de Prussiens sont devenus Polonais, « partis pour Posen avec un nom allemand, revenus avec une orthographe polonaise, Krauthofer devenus Krautowski ; Schumann transformés en Szuman n. De nouvelles mesures s'imposent. « Quand nous démolissons des maisons et des cimetières pour construire un chemin de fer ou une forteresse, quand nous exproprions tout un quartier, comme à Hambourg, pour construire un port, — pourquoi l'Etat ne pourrait-il exproprier pour acheter sa sûreté dans l'avenir', » Après trois jours de diseussions, l'ordre du jour proposé par M. Achcnbach fut voté par 244 voix.

Fort de cet appui, Bismarck proposa à la Chambre prussienne le projet de loi sur la colonisation {Ansiedlung) des provinces orientales : le gouvernement était autorisé à acquérir dans les territoires polonais des propriétés et à y établir

). Bismartk ù la i:liambrc dts dfpults prussiens, 28 janvier 1886.

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des a colonies » allemandes pour fondre ou évincer l'élément autochtone ; le texte fut voté sans difGculté, et devint la loi du 26 avril 1886. Le gouvernement prussien se mit immédiatement à l'œuvre et acheta de vastes domaines, des villages entiers qu'il peupla de colons allemands. On a annoncé que ces laboureurs germaniques « submergeraient par leur seule prohiicité la race indigène ». 11 faut se méfier des prophéties : vingt ans ont passé sur la loi de 1886, Allemands et Polonais ont eu ' des enfants en nombre égal, et te « polonismc » ne parait point reculer '.

A l'ouest de TEmpire, l'Alsace-Lorraine constituait une troisième « colonie ». Dans les années qui suivirent Tannexion, un (lot germanique envahit le « Reichsland », mais les Allemands ne trouvèrent point en Alsace-Lorraine le bonheur rêvé, et au llux succéda le rellux* ; en décembre 1875, il n'y avait dans les provinces annexées que 37.000 Allemands. En même temps, le départ des familles alsaciennes pour la France et la a désertion » des jeunes gens qui s'engageaient dans les régiments français dépeuplaient le pays ; en dix ans, l'Alsace-Lorraine perdit cent mille Ames. Un malaise profond régna dans le commerce, l'agriculture, l'industrie de la province. Pour y remédier, un parti nouveau se constitua, ni français, ni prussien, mais autonomiste, demandant l'organisation du Reichsland en État individuel de l'Allemagne, avec ses institutions propres et la même indépendance que la Bavière ou le Wurtemberg. Le gouvernement impérial ne manqua point de favoriser ce mouvement avec intelligence et habileté. Un édit impérial du 29 octobre 1874, une ordon*

1. Le parli polonais avait IS représentants auBeichslag de 1903; il en a !0 depuis les élections de janvier-février 1907.

2. L'AUact- Lorraine, par im publiciste suisse. Beout des Deux Mondes dulSmarsISTS.

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nance du 23 mars 1875 organisèrent une délation des conseils généraux (Laodesauschuss), appelée à délibérer à titre consultatif sur certains projets de loi ioléressant l'Alsace- Lorraine. Le parti autonomiste se développa rapidement : ajix élections de 1877, il réussit à envoyer cinq députés au

Dès leur airivée à Berlin, les cinq « autonomistes » soUîcitèrent une audience du chancelier qui s'empressa de les recevoir '. Ils lui exposèrent leurs revendications et Bismarck leur annonça qu'un projet de loi était en étude, qui accorderait au conseil général d'AIsace-Lorraine la I^islatîOR pour les deux provinces sous le contrôle du Bundesrath, mais sans l'avis du Reichslag. Cette promesse (ut rapidement réalisée, mais en partie seulement. La loi du 2 mai 1877 consacra l'institution du Landesauschuss et lui accorda le pouvoir lépslatif, tout on laissant subsister le droit parallèle du Reichstag allemand de légiférer sur l'Alsace-Lorraine'. Ce n'était qu'une autonomie très mitigée.

Cependant la crise industrielle s'a^ravait en Alsace, et menaçait sérieusement l'existence même des puissantes usines du pays. Un représentant des fabricants mulbousois, M. Tachard, se rendit en novembre 1877 à Varzîn pour entretenir le chancelier des dangers de cette situation et plaider la cause de son malheureux pays\ Les débats de la loi sur la suf>pléance du chancelier impi^rial fournit au chef des aut<Hiomistes, M. Schneegans, l'occasion de réclamer l'installatioD d'un supi^éant du chancelier àStrasboui^; tout en déclarast « les sympathies du Reichstag et des gouvernements acquises

i, l'ose 11 ingiT. Ilisiiiarck und die Parlemenlarier, 1. Il, p. 244 et suiv. 3. Daresle. Les CotatituHom moi/tmts, l. Il, p. 319. Reybaud. légirialion en Altace-Loi-raint, p. 8.

3. D'après les pO|>iersiiitdiis du M. Tarhard et un autographe inédit do

Bismarck, en [iossi>Rsii)ii de riiiiliMir.

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à celte aspiration des Alsaciens-Lorrains », Bismarck objecta « qu'une question de cette portée ne pouvait être accessoirement résolue » ; exposant les dilTîcultés de cetU question, il en promit une étude attentive et exprima l'espoir a que la population de ce pays s'affranchisse de plus en plus de la pression du- passé et qu'elle se sente un jour satisfaite d'appartenir à l'Empire allemand ' » . Une idée flottait en l'sir, de confier au prince héritier le gouvernement de TAlsace-Lorraine qui deviendrait « Kronprinzenland ^ a. L'empereur était hostile, Bismarck et le prince Frédéric-Guillaume favorables à ce plan. Les attentats de mai et juin 1878 en détournèrent l'attention.

Une année s'écoula sans apporter de solution à la question alsacienne, l'année du Congrès de Berlin et de la liUte contre les socialistes; on s'était contenté de nommer un suppléant du chancelier pour les affaires d'Alsace-Lorraine, en la pers(»uie de M. Herzog. En mars 1879, M. Sclineegans déposa une nouvelle motion réclamant pour l'Alsace-Lorraine « un gouvernement autonome ayant sa résidence dans le pays ». Dans sa réponse, Bismarck laissa percer un certain découra^inent ; il n'avait plus, dit-il, « l'espérance enthousiaste conçue sous l'heureuse inrpression qu'il éprouvait à voir ces pays de l'Empire recouvrés par l'Allemagne » ; les maoilestations hostiles des Alsaciens-Lorrains l'en avaient éloigné; l'homme de fer était franc avec lui-même : il s'était trompé sur les sentiments véritables des « frères » d'outre- Rhin. Il exposa quel pourrait être & son sens le nouveau régime de l'Alsace, tout dominé par la question militaire, « la sûreté de l'Empire même ». Et il ajoula qu'il avait seule-

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