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l'accident ou la mort : désormais, le travailleur trouve dans la loi même une garantie contre les jours de peine et de misère.
Les socialistes allemands ne s'étaient point associés à cette législation tirée de leur programme '. Bismarck les en avait exclus, il voulait du socîaUsme d'Efat et non de volonté populaire. Au moment même où il obtenait du Reichstag le vote de la loi sur les accidents du travail, il lui demandait la prolongation de la loi contre les socialistes et quatre fois il prenait la parole pour revendiquer le droit exclusif de l'Etat d'assurer le bonheur des citoyens, a Donnez à l'ouvrier le droit au travail, tant qu'il est valide, disail-il, assurez-lui des soins quand il est malade, assurez-lui l'assistance quand il est vieux. Ces messieurs (les démocrates) enlleronl vainement leurs pipeaux, sitAt que l'ouvrier verra que le gouvernement et les corps législatifs prennent sérieusement soin de son bien-être*.
Pendant ces dix années de débats et de luttes, Bismarck ne s'était Jamais appuyé sur une majonté ferme et fidèle. Il avait successivement gouverné avec la gauche et la droite, revenant de l'une à l'autre suivant les besoins du jour. Les deux Assemblées, Reichstag etLandtag,n'avaient, d'ailleurs, jamais contenu de majorité homogène : les vieux conservateurs, repi-ésentanls attardés de l'exclusivisme prussien ; les nouveaux conservateurs, députés de l'impérialisme agrarien ; les « partisans de l'Empire », libéraux repentants et d'àme soumise ; les députés du centre, conduits par le plus habile
1. It est â noier i)ue M. Andier. fort sympathique eux dëmocrates allemands, s'Étonne de leur n aigreur a envers les réformcB. Le Prince dt Bismarck, p. 264.