POLITIQUE D'AFFAIRES
tacticien du Parlement, W'ÏDdthorst ; les nationaux-libéraux, disparus en 1881 et reparus en 1887 ; les progressistes dirigés par M. Richter, la bête noire du grand homme; les socialistes, à leur tête Bebel, suppôt de Satan; les sauvages même, farouches d'indépendance ; tous avaient eu des fortunes diverses aux élections ; aucun n'avait eu la majorité aux Chambres. Bismarck le préférait ainsi ; il n'avait point à compter avec une de ces majorités dont un homme d'Etat disait : « Je la conduis en la suivant. » II formait lui-même sa majorité par groupements, et la modifiait au gré de ses desseins.
Homme d'autorité, il avait un mépris profond des parlementaires et du parlementarisme; il ne manquait aucune occasion d'exprimer son horreur sans déguisement, avec brutalité. 11 ne tarissait pas en railleries sur les parlementaires de profession, « qui appartiennent fi ceux dont l'Écriture a dit : ils ne sèment point, ne tissent point et ne filent point, — et pourtant sont vêtus'. « Si la Chambre des représentants à Washington rendait hommage à l'un de ces « inutiles », Lasker, mort en Amérique, et envoyait à Berlin copie de sa résolution, il retournait dédaigneusement cette pièce comme un témoignage rendu à « l'action dissolvante » d'un adversaire qui « lui avait rendu la vie amère * ». 11 demandait, en vain naturellement, au ïteichslag de siéger tous les deux ans '. Et il rappelait aux députés que la force en Allemagne, — « ce qui tient à fer et à elou », — ce n'est point le Parlement, mais la monarchie'.
Les parlementaires lui rendaient coups pour coups : ils épluchaient les comptes de la chancellerie impériale, — « poli-