‹ Bismarck et son tempsChapitre 2 sur 270 · LES PENSÉES DE BISMARCK · texte numérisé non relu

LES PENSÉES DE BISMARCK

boui^ le drapeau allemand '». E)evenu diplomate, il conserva secrets ses desseins et ses pensées. Il les modiSa provisoirement, car il n'était pas l'homme des immuables principes .et pratiquait la politique des intérêts actuels ; en 1839, il ne fut point panni les patriotes qoi cherchaient àc mettre l'Europe entière en flammes pour Urer d'affaire l'Autriche aux frais de la Prusse * » ; au début de son gouvernement, il chercha à faire de Napoléon un allié, et ne parvint à en faire qu'une dupe. Mais, lorsqu'il vit que l'empereur des Français ne combattrait point pour faciliter l'unité allemande, il comprit qu'une nouvelle guerre se préparait sur le Rhin, et désormais cette pensée ne le quitta pcmit.

En 1866, à la veille de tomber sur l'Autriche, il songe un moment à transformer la guerre fratricide en une croisade nationale contre la France '. Lorsqu'au lendemain de Sadowa, il apprend l'intervention de rVapoIéon, il s'écrie violemment: « Louis le paiera cher ' » , et, dans ses conversations avec Benedetti, en aoàt, il cherche à se procurer des armes pour agir sur les neutres, au jour du grand combat *. Il en parle rarement ; parfois, devant quelque intime, un mot lui échappe, qui révêle ses secrètes pensées. « La guerre est inévitable avec la France, et elle s'approche' », dit-il à M, de Seebach, ministre de Cobourg. « La guerre avec la France est fatale

1. Lettre de Bismarck b la rédaction de la Gatelle de Magdebourg, SOavril t8t8. Supra, t. I, p. 133.

S. Bismarck à aa femme, t juin 18^9, Bi-ieft «" ««>"« Beaui und Gatlin. p. *35. Cf. Annie HUteUtftdt. Der Krieg von 1839. Bismarck und die Sffmttiche Meinung in Deuttchtand (1904).

3. FriedjunK- Der Katnpf atn dit Vorherrachafl in Deulschland, t. Il, p. 522.

t. Keudelt. Bi*marek et ta famille. i>. Î69.

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