‹ Bismarck et son tempsChapitre 23 sur 270 · Busch. Ja-jehuchblailei; t. I, p · texte numérisé non relu

Busch. Ja-jehuchblailei; t. I, p

i. Thile à ItîBmarrk, S juillcl 1870. Aus Bismarck Brief«:echiel. p. 136. 3, D'après Andrir de Roman, toc. cil., et conforme au souci constant di Bismarck.

*. Poschinpier. Tischjesprâcbe, l. Il, p. *T.

LA DÉPÊCHE D'EMS. LA DÉCLARATION DE GUERRE fond même de l'intrigue, le monarque devine à peu pr pensée de son ministre', et peut-être n'est-il pas méco d'être privé de ses autoritaires services ; car Bismarck télégrapliié pour lui proposer de venir à Ems', et le roi à accepter. L'irascible chancelier bout d'impatience envoieà chaque heure des télégrammes qui parviennent l en paquets : il supplie le roi de conserver une attitude et décidée'.

Le 1 1 , enfin, il reçoit du souverain un télégramme qui pelle. Udécide immédiatementson départ, et, taciturne, s'f le lendemain matin dans sa berline de voyage à cêté de dell. Usait qu'il part pour la guerre; en passant à Wuss enapercevant sur le seuil du presbytère son vieil ami, h teur Mulerl, il esquisse du bras un coup de tierce et qi pour indiquer que l'heure est venue de se fendre à fom wagon, il demeure silencieux et absorbé.

A six heures du soir, le 12 juillet, il arrive à Berl trouve au ministère un paquet de télégrammes ; il les o il apprend que les HohenzoUem retirent leur candidatu roi se réjouît, la paix est assurée. Le dépit de Bîsman extrême, tout est à recommencer. La situation est la i qu'en 1865et 1866, le roi veut la paix, le ministre recher guerre, et, maintenant comme alors, le monarque a écht la volonté de son serviteur. Un travail de longs mois, une ciation mystérieuse et subtile, les excitations de la pi l'initation du peuple allemand, tout a été vain ; le i Prusse a cédé, et, pour la première fois de sa ca politique, Bismarck le tout-puissant a éprouvé un éehei

1. Le roi Guillaume 6 la reine, 13 juillet 1870. i. Keudell. Biimarckelsa famitle, p. 104. 3, E. Marcka. Kaiter Wilhelm. p. 403.

t. Lenz. Geêchichle Bismarck», p. 3tg et suiv., qui rccUnc sur c points le récit de Bismarck même.

déception esl telle, qu'il ne la dissimule pas : il annonce qu'il va donner sa démission ' , il renonce à continuer son voyage et envoie Eulenburg à Ems à sa place ^; il déclare qu'il ne restera pas à Berlin, qu'il rctourneraà Varzîn après quelques jours de repos, et il se met à table avec Moltke et Roon, abattu, mécontent de la vie.

Le repas fut maussade, les vins étaient aigres et la chère avait un goût de cendre. Bismarck était amer, il déclarait que sa patrie " avait reçu un soufllel de la France » ; il en faudrait bien venir à la guerre, pour laver cette oITense, et la Prusse aurait alors l'air d'un « chercheur de noises u. Roon approuvait ; Moltke restait silencieux. Ce monologue ne calma point Bismarck ; il se retira énervé, vibrant; il ne dormit point de la nuit; il cherchait une combinaison d'oâ sortit une guerre « qu'il regardait comme une nécessité ».

Toute la journée du lendemain, 13 juillet, il guetta l'occasion, en s'entretenant avec les divers personnages qu'il rencontra. Trois conversations eurent une sigoitication particulière ; au prince royal, il déclara que la paix était assurée par la renonciation des HohenzoUeni ; lui-même se disposait à retourner à Varzin, mais il était surpris et inquiet de la tournure des choses à Paris'. Devant lord Loftus, son altitude fut très différente'; comme l'ambassadeur d'Angleterre le félicitait du maintien de la paix, il exprima ses doutes que la erise fût terminée. L'extrême modération du roi, sa courtoisie

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