‹ Bismarck et son tempsChapitre 24 sur 270 · Prince de Bismarck. Peniéet et Souvenirs, t. II, p · texte numérisé non relu

Prince de Bismarck. Peniéet et Souvenirs, t. II, p

î. Eulenburg, qui avait accepté d'inaugurer une exposition b Cassel. Tut rhargé par Uiamorck d'engager le roi â rompre avec BenedeWi. (Jnruli. Eiiiinerimgeii, p. 293,

3. Aus Kaiser Friedricfis Tagebuch, 1870-71. Dans la Deutsche Rundsc/iau. oclobre 18S8, p. i.

i. Lord Loftus à lord Granvjllc, 13 juillet 1870. Diploamilc reminiieences. a> série, t- II, p. 271. Celle dépêche a été longuement étudié? par Rallilef, Zur Frage nac/i Bismarcks Verhalten. p. 144 etsuiv.

LA OÉPKCIIE nliMS, LA DÉCLABATIOS DK GUERRt; 3S

envers M. Benedetli n'avaient point été approuvées par le pays, ainsi que le démontraient de nombreux télégrammes arrivés au ministère. Le peuple était indigné de l'attitude française, des menaces des journaux parisiens. On n'ignorait pas les préparatifs faits au delà du Rhin pour une guerre qui devait être la revanchedeSadowa. Lui-même, chancelier fédéral, « ne pouvait avoir communication officielle avec l'amba»sadcur de France, après le langage tenu à la Prusse, en face de l'Europe, par le ministre français. H était impossible que la Prusse demeurât tranquille après l'affront fait au roi et & la nation par ce langage menaçant ». 11 fallait donc que le gouvernement français se déclarât satisfait, en rendant justice & la modération du roi, et qu'il s'engageât à ne plus soumettre ses relations avec la Prusse « ù des inlîuences désordonnées ». Dans l'état de l'opinion française, ajoutait Bismarck, la guerre semble inévitable.

Pendant que l'ambassadeur anglais mettait au net ces déclarations pessimistes, Bismarck recevait Gortscbakoff. Le chancelier russe était de passage iV Berlin, avant sa cure de Wildbad ' : son ambassadeur, M. de Brunnow, l'avait tenu au courant des nouvelles difficultés ; il s'empressa auprès de son vieil ami, le chancelier fédéral : ce fut l'entretien décisif de la la journée. Les détails n'en sont pas connus, mais le secret a pu en être percé dans son ensemble. Bismarck renouvela devant GortschakolT ses plaintes sur a la trop grande condescendance du roi envers les exigencefi françaises après le langage menaçant du duc de Gramont' » ; mais ce ne fut pas

I. En arrivant de Varzin par ta gare de SIeltin, et en suivanl la TlUeuU, Bismarck croisa le prince russe ; les deux hommes lirent arrâler leurs voilures, se serrèrent les mains, et se donnervnl rendez-vous pour k lendemain, l'rince Krafl de Hohenlohe InKelflngen. Au» meinem Leben, t. IV (19071, P- B-

S. Ces paroles furent reproduites immÉdiatement après par (jorlscliakotf A loTÛ Loftus. Diplomatie i^iniicence», toc. eit.. ]i. 37S.

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tout, l'on ne peut douter que Bismarck alla plus loin et chercha à s'assurer la neutralité bienveillante de son voisin oriental pendant la guerre occidentale. Par la convention sur les afTaires de Polc^e, la Russie avait contracté une dette politique qu'elle avait payée en 1866; en lui demandant un nouveau service, Bismarck était obligé d'accorder une contrepartie, car, suivant la joUe expression de lord Loftus, Gortschakoff n'était pas homme à se contenter, d'un quidpro quo; les deux hommes traitèrent donc sur la base du do tit des ; la Russie obtint la mer Noire comme prix de sa neutralité dans la guerre, et, probablement, de sa menace d'interventi<Mi si l'Autriche bougeait.

Ainsi, ce 13 juillet 1870, Bismarck s'assurait la liberté à l'Est et au Sud ; il pouvait se lancer à l'Ouest. Le même jour, presque à la même heure, le dieu de !a gueire et la présomption du duc de Gramont lui ofTraient l'occasion de « se Tendre en quinte et quarte ». Il ne la manqua point.

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