Hamburfitr Nachrichlen, SS juillet 1S
4. Rauchaupt à Hammerstein, 7 octobre 1891, après un entretien avec Uismerck.
5. LimBU. Far$t Bitmarck nack seiner Enltassung, p. SS et Buiv.
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Nachrickten et les interviews. L'empereur, le chancelier, Icd ministres en étaient irrités à l'extrême; poursuivre !e journal eût été ridicule, imposer le silence A un « simple particulier » était impossible ; on le mettait, le mauvais bavard, en quarantaine, ne l'invitant ni au solennel anniversaire de Moltke, en octobre 1890, ni aux obsèques du maréchal, en avril 1891, et il était interdit aux fonctisnnaires d'assister aux « kommerse » t«nus en l'honneur du révolté'.
Le peuple manquait d'obéissaoce, il revenait à son grand homme, devenu d'autant plus cher qu'il s'était transformé en enfant terrible : lors des voyages du prince à Kissingen, chaque été, la foule manifestait envers l'illustre grognon un enthousiasme aussi spontané que chaleureux. Ces manifestations prirent plus d'ampleur pendant l'été de 1892.
Le comte Herbert de Bismarck, à qui l'oisiveté rendait pesant le célibat, s'était iîancé avec la comtesse Marguerite Hoyos, de Fîume, et le mariage était fixé & Vienne, à la fin de juin. Le idecemois, les Hamburger Nachrickten annoncèrent que l'ex-chancelier partirait de Friedrichsruh le 17 ou le 18, pour traverser Berlin, coucher à Dresde, et gagner Vienne. Le peuple allemand écouta l'avis. Dès la gare d'Anhalt, dans la capitale prussienne, la foule acclama le fondateur de l'Empire, et, dans toutes les stations, les populations s'amassèrent pour le saluer de leurs cris d'allégresse ; à Dresde, une multitude se pressait dans les rues, le conseil municipal elles députés accueillirent le voyageur par desdiscours émouvants, 1 .600 chanteurs lui donnèrent une sérénade, 13.000 torches enflammées défdèrentsoussesfenélres.C'étaitunemanifestation, dont le gouvernement prussien, qui l'avait prévue, eut le mauvais goût de s'irriter; !e9 juin, le chancelier de Caprivi
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avait ordonné à son ambassadeur en Autriche, prince Reuss, de ne point paraitre aux Tètes nuptiales et d'aviser ofSciellement le ministre autrichien, comte Ka1noky,de cette abstention voulue; c'était peser directement sur l'empereur François- Joseph pour qu'il ignorât la présence de Bismarck dans sa capitale. Désolé, car il était lié à l'ex-chancelier par une aiïectueuse reconnaissance ', le prinoe Reiiss n'avait qu'à obéir et nul de l'ambassade ne félicita le grand Allemand et son fils; les fêles n'en furent pas moins éclatantes et le peuple viennois manifosla envers l'auteur de la nouvelle alliance sa sympathie avec presque autant d'enthousiasme que la population allemande. Mais Bismarck ne manqua point de rendre à Capnvi coup pour coup; le 22 juin, il recevait un rédacteur de la Netie Freie Press, se répandait en confidences sur les fautes du nouveau chancelier, notamment sur la rupture du traité avec la Russie. « Mon successeur, disait-il, manque d'autorité personnelle... Entre le gouvernement et moi, les ponts sont rompus. )> L'émoi fut vif à Berlin, on parla de prendre des mesures contre cet indiscret, comme il en avait pris lui-même jadis contre le « pauvre Arnim » . Déjà ses adversaires le voyaient dans une basse-fosse à Spandau ; fort sagement, Guillaume II n'en voulut rien faire : le peuple tenait à Bismarck, il n'eût point toléré qu'on en fit unsmart^T*». Cependant, le prince était rentré en Allemagne : à Munich, à Augsbourg, à KJssingen, il était salué de nouvelles ovations Caprivi s'énerva, et publia dans le Reichsanteiger du 9 juillet 1892 les deux rescrits de méfiance qu'il avait adressés à ses représentants, le 23 mai 1890, et à son ambassadeur en
1. Le prince Henri VCI de Reuss avait été nommé ambassadeur ft Vienne en liJTS et avail étë le meilleur collaborateur de Bismarck dans la signature du traité de 1879.
2. Prince de llolicnlolic. Denkwûrdigkeiten, t. U, p. 488, 4BI, 495.
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Auliïche, le 9 juin 1 892 : un cri de colère, lui répondit en Allemagne, ce fut ]e furor teutonicus, a~t-on écrit', dédiainé contre ce médiocre qui critiquait le dieu germain ; et les manifestations se multiplièrent. Le prince effectua son retour en Prussse par une « voie triomphale », et, le 29 juillet, à léna, dans la chaleur communicattve du triomphe, il décocha de nouveaux traits au souverain et à son ministre : « On croit, dit-il, obéira Dieu quand on obéit au conseiller intime... Ce que nousdevonschercher, c'est un affermissement des convictions politiques dans la pensée publique et dans le Parlement. » Bismarck parlementaire ! Bismarck faisant appel contre l'autorité royale à l'opinion publique! horrible!
II passa l'automne à Varzin, l'hiver elle printemps à Friedrichsrufa, moins isolé, car les hommes politiques reprenaient le chemin de sa résidence. Et Bismarck ne tarissait pas en sarcasmes sur les caprioismes et les Bœtticherei. Dans l'été de 1893, il retourna à Kissingen, pour sa cure annuelle qui failht lui être fatale; le 31 août, il fut atteint d'une pneumonie qui le tint une semaine entre la vie et la mort. Guillaume Il saisit cette occasion d'esquisser un geste de réconciliation : depuis longtemps on l'engageait à le faire, l'altitude de Bismarck le lui rendait difRcile, la maladie du prince le lui facilita; le 19 septembre, il lui télégraphia la « très vive joie » que lui causait son rétablissement et lui offrit un de ses châteaux pour y achever sa guérison. Cette pohtcsse méritait un remerciement, que Bismarck fit chaleureux. Et l'Allemagne applaudit à la réconciliation de son empereur et de son héros.
Cet incident mit fin à la brouille officielle de Guillaume et de Bismarck ; il n'y eut jamais de confiance entre eux,