LA DEPKCHE D'EUS. LA DECLARATION DE GUERRE
Guillaume s'avança sur le perron de la gare et annonça à haute voix : « La mobilisation de l'armée est décidée. » La foule acclama frénétiquement ses paroles. Le roi et son fîU partirent dans une même voiture et le peuple entonna Die Wacht am R/ieià.
Le soir même, un conseil de guerre ae réunit au château sous la présidence du roi et en présence de Bismarck ; le roi signa la mobilisation générale * ; immédiatement, les télégrammes volèrent dans toutes les directions.
A cet acte décisif, îl fallait associer les représentants de la Confédération. Le Reich?tag fut convoqué pour le 19 juillet; dès le 16, Bismarck présida le Bundesrath. Il y exposa en détails, mais à sa manière', aux délégués des princes les événements de juillet, et conclut en rejetant sur le gouvernement français toute la responsabilité de la rupture, h II n'y a plus d'autre choix, dit-il en terminant ; ou la guerre, ou des garanties du gouvernement français contre le retour de pareilles menaces à la paix et à la tranquillité européennes. » Au nom du cabinet saxon, et « d'accord avec les autres gouvernements fédéraux », M, de l'Yiesen exprima son approbation aux actes de la Présidence fédérale. « La France veut le combat, dit-il en terminant, puisse la guerre être menée le plus vite et le plus vigoureusement possible. »
Les royaumes du Sud suivaient l'impulsion ; la Bavière et Baden mobilisèrent le 16 juillet, le Wurtemberg le 17. A ce moment, une des puissances neutres tenta une dernière intervention.
Les nations étrangères avaient suivi avec tristesse la déroute de leurs efforts pacifiques. Chacune avait agi pour
I. Holtke. La gueire de 1BT0. traducliOD Jseglé, p. 9. i. La communication de Bismarck in exteiuo dans Poschinger, Fanl Bitmarck und der Bunde*ralk, t. I, p. 32S et Buiv.
la paix, sans se compromeltre. ËpouvanU d'avoir déchaÎDé la tempête, le gouvememeat espagnol tentait d'apaiser l'ouragaa par le seul moyen qui fût en sa possession, la retraite de la candidature Holienzollera ' ; mais le oonAit n'était plus sur cette question. Le l^ar restait sur une prudente réserve, et se bornait à affirmer que « la trame ourdie par le maréchal Prim n'aboutirait pas^ » ; son chancelier ne dissimulait pas ses sympathies prussiennes ; tous deux regardaient plus la mer Noire que le Rhin. Le cabinet italien donnait des conseils de prudence et faisait quelques préparatifs, à toute.s fins, car les hommes d'Élat n'étaient pas d'accord, le roi voulait la guerre avec la Prusse, certains de sesministres la neutralité, et d'autres la prise de Rome'. M. de Beust avait « envisagé l'éventualité de la guerre », maïs il désirait laisser à b France l'honneur des premiers combats ; son enthousiasme se refroidissait à mesure qu'accroissait la jactance du duc de Gramont, et aux appels du cabinet français, qui rappelait les pourpariers de la veille, il répondait que rien n'était définitif et ajoutait de bons conseils '. Le Danemark, bien embarrassé, suivait le langage de la saine raison et proclamait sa neutralité *.
Restait l'Angleterre : de tous les gouvernements, le cabinet de Saint-James fut le plus actif et le plus dévoué à l'œuvre de paix ; tout en regrettant les exagérations du duc de Gramont et de la presse française, les lords Granville et Loftus se dépensaient en efforts pour assurer, — poui' imposer