L.\ DEPECHE DEMS. LA UÉCLABATION DE GUIÎRRK
moralemeal, — la médiation de l'Angleterre: le gouvernement prus^D refusait avec énei^ie et même avec hauteur '. Malgré cel échec, à la dernière heure le cabinet de Saint-James t^égraphia à son ambassadeur en Prusse d'oQrîr à la cour prussienne les « bons offices » de l'Angleterre, conibrmémenf au traité de Paris de 1856. Lord Loflus se rendît le 17 juillet auprès de Bismarck pour lui présenter une note officielle en ce sens. Le chancelier répondit qu'il était tout « disposé à des nt^^iatioos pacifiques sur une base honorable pour l'Allemagne, mais que l'initiative de ces négociations devait provenir de la France, qui avait pris l'initiative de la guerre. » Trois jours plus tard, Bismarck rappelait à la Wilhelmstrasse lord Loflus pour l'informer qu'il avait soumis au roi Guillaume la note du gouvernement anglais : il ne pouvait que renouveler sa déclaration anli^rieure, et cette réponse, bile ■ avec un grand cedme, sans irritation », ne comportait plus de réplique *.
Ainsi tombèrent les sages paroles que personne ne voulait écoula.
L'élat de guerre exislait virtuellement : le 18 juillet, dans unecireulaïre à ses agents, Bismarck l'admettait comme réel. Dinsistail sur ce point, que le gouvernement prussien n'avait pas eu de négociations avec le cabinet français, et, supprimaol par hypothèse les entretiens d'Ems ', il considérait la nipture comme une agression brutale de la France, en pleine paix, sans délibérés préalables. Cette conduite est telle, ajoutait-il en terminant, que « la France ne trouvera aucun allié dans une guerre déclarée si méchamment et sans droit'».
) Lord Granville à lord Lyons, U juillet 1K70.
i Lord Loflus. Diplomatie réminiscence». S* série, E. il, p. £81 et suiv. 3. Qb'H expliqua à sa manière au Reichslag le iQ juillet, iofra p. 78. t. Le chancelier fédéral, comte de Bismarck, aux représentante «i
Le lendemain, la guerre fut proclamée. A midi, un service évan^lique réunil roi, ministres et députés dans la cathédrale où le pasteur HofTmann développa ce texte sacré : « Avec Dieu, nous vouloos accomplir des exploits, » Puis tous se transportèrent dans la Salle Blanche du cb&teau pour entendre la lecture du discours du trône '. Bismarck, qui l'avait écrit, connaissait le thème de ces déclarations, ayant déjà rédigé l'appel du roi à son peuple en 1866 : habile exposé des faits, dénonciation des intrigues de l'adversaire, invocation de l'honneur allemand, éloge de la paix, appel au Dieu juste et fort, le chancelier de fer avait aligné avec éloquence tous ces mots, car il les jugeait nécessaires pour monter le patriotisme national, maïs sans illusion, car il croyait à la force des canons et non à la puissance des paroles.
Avant de se rendre à la salle du Beichstag, Leipziger-Strasse, Bismarck passa au ministère. Un homme l'y attendait, un papier à ta main : M. Le Sourd, chargé d'affaires de la France apportait la déclaration fatale ; après un court exposé du conflit, tiré moins de la correspondance officielle que du faux télégramme d'Ems *, il était dit que le gouvernement français se considérait désormais » comme en état de guerre avec la Prusse ». Bismarck prit l'écrit, s'inclina légèrement et d'un pas ferme se rendit à la Chambre. Dans ses yeux brillait une joie fière '. 11 demanda la parole, et, de sa voix faible mais bien timbrée, prononça: « J'informe la haute Assemblée,
Allemagne et à l'étranger, tS juillet 1B70. Ilatin, Farit BUmarct, t. Il, p. 43 et Buiv.
1. Blum. Auf dem Wege zaï- deutacken Einheit, l. Il, p. 1*4 et sujv.
2. Notamment sur le refus qu'aurait exprimé le roi d'accorder audience â M. Benedetti.
3. Blum. FUrtI Biamarcli und seine Zeil. t. IV, p. Î63. Unruh. Brinnerungen, p. iS4.
LA Dl^PÉCHE D'EHS. LA DÉCLARATION DE GUERB
qu'aujourd'hui le chargé d'affaires français m'a remis ratioD de guerre. »
Les destinées des peuples sonl régies par des lois et mystérieuses, auxquelles les hommes résistent Rares et brèves sont les heures où la volonté d'uo e agir sur l'avenir d'une nation ; l'instant enfui n< point. Le 13 juillet 1870, d'une main ferme et brut marck empoigna l'occasion de la fortune.