‹ Bismarck et son tempsChapitre 33 sur 270 · CHAPITBE IV DE BERLIN A SEDAN · texte numérisé non relu

CHAPITBE IV DE BERLIN A SEDAN

§ I. PHBPiBATiPS DE COMBAT. — Les mutifa de la guerre. — Les occupations de Bismarck, La presse et Maurice Busrh. — Le Keichstag; l'adresse el le vole des crédits ; le message de clôture. — L'enthousiasme en Prusse; les provinces annexées. Les princes confédérés, ^ Les Étals du Sud; Biitle; Hesse. La Bavière: le ministère el les Cttambres, le roi Lnuis 11; l'ordre de mobilisation. L'opinion populaire et le vole des crédits.

— Le Wurtemberg. — Les neutres. Les voisins des hostilités : Luxembourg. Suisse et Belgique, — L'Angleterre. Le Danemark, Neutralité bienveillante de la Itussie. La sagesse de l'Espagne. La prudence de l'Autriche, Beust et Andrassy. La réserve de l'Italie, la question de Rome, Bismarck, Pie [X et Garibaldi, — La publication des exigences françaises en 1866, — La formation des armées.

g II, Uëbuts dk la campagne, — Dépari de Berlin : les collaborateurs du chancelier. Séjour à Mayenee : sourd conflit de Bismarck et des généraux. —Correspondance d'Otto. — Premières victoires allemandes. L'entrée en France, Les combats de Mclz. La marche sur Châlons. Les gites et les soirées; les articles de journaux el l'organisation de l'Alsace-Lorraine ; correspondanceofficiellc. La mitrclic sur Sedan.

I III. Sedan. — Marche des français vers l'Est, des Allemands vers le Nord. — Bataille do Beaumont (30 août) Négociations eu Belgique, — La journée du 3i. — Sedan, Le coleau de la Marrée,La balaillc. Envoi deparlemenlairesallemands. Arrivée de Iteille : la lettre du vaincu et la réponse du vainqueur. Départ du roi. — Installation de Bismarck à Donchéry, Négocialions avec le général de Wimpffen. — Napoléon. L'enlrelien de Donchéry. — Conseil des généraux français. Négo<^iation de Bel- Icvue et signature de la capitulation. L'entrevue des souverains, — La chevauchée des vainqueurs el le repas du triomphe.

— Effondrement de l'Empire.

La guerre était déclarée. En une brusque passe d'arr grand combat de deux peuples s'était engagé, sur un in passager en apparence, une candidature abandonnéi posée. Ce n'était point pour si peu que tant d'homme taient famille et travail, se ruaient aux champs de bâta jonchaient de leurs cadavres les plaines de France. I du duel engagé entre les deux nations, c'était la supr en Europe. Bismarck l'entendait ainsi, car, avec le i son ambition avait grandi : en 1862, il avait pris le p pour conserver intacte la couronne prussienne ; il avt vaille ensuite pour accroître la puissance de son maitre égaler son roi aux grands monarques, ses voisins ; en il avait guerroyé pour augmenter le territoire prusf traiter en égal avec l'Autriche; en I8(ifi, il avait déchî guerre fralernellc pour transformer l'étendue de sa patri» sienne, grouper autour de son roi les princes de seconc et chasser l'Autriche de l'Allemagne ; la lutte nouvelle n( lement déciderait de l'unité allemande, mais fixerait en temps le pretaîer rang en Europe. Et le ministre de voulait que son roi, atcueilU à grand'peine quinze ans ravant au Congrès de Paris, tint désormais la première dans les conseils du monde.

Pendant les jours de préparation, alors que, des Py à la Vistule, de la Méditerranée à la mer du Nord, st saient les soldats prêts à combattre, Bismarck trai jour et nuit, li s'agissait avant la bataille de surcxc sentiment national, de resserrer les alliances, d'em; toute intervention étrangère. A ce triple travail, il s'a sans trêve.

Pour agir sur le peuple, le meilleur levier était la presse, la grande puissance officieuse. Bismarck connaissait de longtemps sa force et il en avait fait un instrument souple et discipliné entre ses mains. Depuis quelques mois, un nouveau personnage était entré au ministère de la VVilhelmstrasse, érudit, curieux, bavard, jaloux des gens en place : M. Maurice Busch, docteur en philologie, grand voyageur devant l'Étemel, littérateur à ses heures et journaliste par profession , avait été chargé en février des relations avec la presse ' ; la situation était spéciale, point tout à fait officielle, car il n'y avait pas de droit A la retraite, ce brevet du parfait fonctionnaire, mais non plus oHicieuse, car Busch fut admis à l'uniforme pendant la campagne de France ; la fonction n'était point facile, Bismarck parlait, le subalterne prenait des notes, et rentré dans le silence en tirait diverses moutures pour les nombreux journaux subventionnés, officieux, amis ou par* fois ennemis, Busch s'y complut, écrivit de sa meilleure encre et ouvrit larges ses oreilles; il avait mauvais caractère, mais cœur fidèle ; il était collectionneur par goût et aimait les petits papiers ; il devint l'historiographe de son maître en campagne^ un Dangeau qui ne laissait rien perdre, et conservait les scories avec les pierres de choix. Dans ces derniers jours de juillet 1810, chaque aoir le ministre mandait son folliculaire et lui inspirait les articles les plus variés, sur les menées du parti guelfe, les ambitions françaises, les embarras des neutres, les propositions de Benedetlj en i866, la platitude de l'Espagne, les haines de Beust, la générosité de la Prusse : répandus dans la Gazette de la Croix, la

Page 1